Avec ses prothèses, Antoine Maitre offre une deuxième chance aux animaux
dimanche 19 juin 2022

Antoine Maitre
Antoine Maitre © COLL.MARIE SURVILLE

Offrir à son âne, son cheval ou son poney des conditions de vie optimales malgré une malformation d’un membre ou une amputation ressemble pour certains à une douce utopie. En région parisienne, un orthoprothésiste a décidé de consacrer sa carrière aux animaux de toutes sortes. Rencontre avec Antoine Maitre, fondateur d’Orthopia, le premier cabinet entièrement dédié à l’appareillage orthopédique pour animaux.

Dans son atelier situé dans le département de l’Essonne, à deux pas des Yvelines, Antoine Maitre, trente-quatre ans, ajuste, repense et façonne la future prothèse d’une chèvre qui, suite à une brûlure, a perdu les onglons de l’un de ses postérieurs. Depuis deux ans, l'orthoprothésiste, qui a passé les dix premières années de sa carrière en pédiatrie, a décidé de concrétiser une idée qui lui trottait dans la tête depuis un moment : monter un cabinet spécialisé dans l’appareillage orthopédique pour les animaux.

C’est en 2016, à la suite d’un voyage en Irlande, où il passait ses vacances, qu’il a rencontré sa première patiente. « Du jour où j’ai eu connaissance du métier d’orthoprothésiste, j’ai rêvé de transposer cette médecine des humains aux animaux », raconte-t-il. Là, dans une auberge perdue au fin fond du Connemara, se trouvait une chèvre à trois pattes, l’opportunité qu’il attendait et qu’il n’a pas laissé filer. En France, il est le premier (et à sa connaissance, le seul) à exercer ce métier à plein temps. Chiens, chats, poneys, âne, bélier, chèvres et même une cigogne ou encore une jument de trait de huit cent cinquante kilos... voilà le panel de patients pour lesquels Antoine conçoit attelles et prothèses. Si cette branche de la médecine animale n’en est encore qu’à ses balbutiements, de plus en plus de propriétaires souhaitent offrir à leurs compagnons une solution, qu’elle soit médicale ou de confort, en cas de défaut d’aplomb ou d’amputation. C’est là qu’Antoine Maitre intervient.

Pas sans l'avis d'un vétérinaire

Autrefois, lorsqu’un animal faisait face à des problèmes sur l’un de ses membres, on le laissait généralement "sur trois pattes". Chez les équidés, suite au risque très élevé de complications sur les membres sains, qui doivent compenser les défauts du membre malformé ou absent, la tendance était généralement à l’euthanasie. C’est donc une véritable alternative à ces tristes fins, ou à un mauvais vieillissement de l’animal, qu’Antoine Maître espère pérenniser.

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 422 de L'Eperon Hebdo (paru le 15 juin 2022), disponible sur notre boutique en ligne.