Ces parasites qui aiment l’hiver…
mercredi 23 novembre 2005

chevaux brume
Ph. Béatrice Bourdeau

Cette fois c’est certain, l’hiver est à l’entrée de nos carrières avec ses journées boueuses et glaciales ; l’été s’en est allé, et avec lui mouches, taons, moustiques, et autres réjouissances estivales de toutes sortes…

Alors, lorsque les premières gelées font leur apparition, en cassant la glace de vos abreuvoirs, vous vous dites « chouette, enfin tranquille »…Et pourtant, si vous saviez… certes les mouches et autres guêpes sont presque toutes mortes, non sans avoir pondu quelques réserves pour l’été prochain ; mais la moiteur de vos écuries intérieures, ou les longs poils de vos chevaux de pré, restent des lieux de prédilection pour bien d’autres bestioles affamées qui y trouvent discrètement refuge.

Les versMalgré le froid, les traces de l’été sont encore là, comme en témoignent les œufs de mouches toujours collés sur les antérieurs des chevaux ; si ceux-là ne survivront pas au froid, ceux qui ont été ingérés, eux, vont tranquillement fait leur vie à l’abri des regards pendant quelques mois… Comme tous les vers avalés sous forme de larves au printemps et en été, ces parasites se développent « au chaud » dans l’intestin, et disposent de tout l’hiver pour devenir adultes et faire des ravages, parfois irréversibles, dans l’organisme du cheval…

Vous devez par conséquent être très sérieux avec les vermifuges d’automne, dont l’objectif est de tuer ces vers adultes avant qu’ils ne s’implantent fixement. Choisissez le traitement adéquat et son mode d’administration avec votre vétérinaire. Pour les aficionados de la seringue de pâte, que le cheval voit toujours arriver avec bonheur (!), penser à mettre un peu de miel ou de mélasse sur l’embout, car c’est l’introduction du tube dans la bouche plutôt que le goût du produit que certains chevaux fuient comme la peste, et ils s’en méfieront moins s’il est sucré…

Les moisissuresEn hiver, les écuries sont souvent plus peuplées, plus chaudes et moins aérées. Ce confinement et l’humidité qui en résulte provoquent l’apparition de nombreuses moisissures. Si elles sont juste inesthétiques sur le cuirs ou les textiles, elles peuvent se révéler dramatiques quand elles concernent les aliments, d’autant que certaines céréales (maïs) s’avèrent de très bons supports. Aspergilose, Candidose, Fusariose… sous ces noms poétiques se cachent des mycoses, internes ou externes, qui se développent après que le cheval ait ingéré des aliments moisis, et peuvent provoquer des troubles variés (gastrites, infection des sinus, bronchite, conjonctivite ou même avortement) en fonction de leur localisation. Plus que jamais, soyez donc très vigilent quant au stockage des aliments. Si vous êtes attentifs à votre foin, ne négligez pas la paille, que le cheval mange pour s’occuper même si elle est moisie…

La teigneLes mycoses provoquées par les moisissures des aliments ne sont pas les seules à s’attaquer à l’organisme du cheval : la teigne en est la meilleure illustration. Cette dermatophytose est une maladie de peau extrêmement rémanente (qui survit longtemps) et contagieuse, y compris à d’autres espèces dont l’homme. Elle est engendrée par un champignon microscopique, qui se nourrit de la kératine de la peau et des poils. Une dépilation localisée et circulaire en est le premier symptôme, qui peut rapidement s’étendre à tout le corps. Un cheval peut-être porteur et contagieux sans montrer le moindre symptôme, d’où l’importance d’attribuer à chacun un matériel de pansage spécifique et désinfecté régulièrement. Le traitement de cette parasitose passant par un shampoing antifongique, donc très difficile à mettre en œuvre en hiver lorsque la maladie se développe, il est d’autant plus important d’être attentif à l’hygiène pour éviter son apparition…

La galeSouvent confondue avec la teigne, mais pourtant totalement différente, la gale se manifeste également en hiver, sur des chevaux, chiens, chats, humains,… affaiblis, et dans des locaux chauds, humides et sales. C’est un acarien microscopique (scarcopte) qui colonise la peau, y creuse des galeries et se nourrit du sang qu’il y trouve. Très localisée au départ, ces lésions s’étendent rapidement sur tout le corps, et provoquent des démangeaisons qui occupent le cheval à plein temps, l’empêchant de manger et dormir, et qui se transforment en plaies infectées permanentes. Sans traitement, cet acarien se développe très vite et se transmet d’un cheval à l’autre par simple contact ; le sujet malade devient miteux, maigrichon, et couvert de plaques de peau dépilée et épaissie. En général, il faut tondre les chevaux galeux et leur appliquer un shampoing spécifique, brûler les poils, et désinfecter tout le matériel, les locaux et les vêtements qui ont été en contact lui. Là aussi, l’hygiène et la surveillance de tous les nouveaux chevaux sont les meilleures parades à l’installation de ce parasite chez vous…

A suivre:les tiques, les poux et la gale de boue