Christian Ahlmann relance la question des contaminations accidentelles
mercredi 17 juin 2020

Christian Ahlmann
Christian Ahlmann © Scoopdyga

Les contrôles antidopages sont extrêmement redoutés chez les cavaliers à cause de leur imprévisibilité. Il est en effet impossible de contrôler tout ce qu'un cheval touche pendant une compétition, avant ou après. Christian Ahlmann en a fait les frais en début d'année. De fait, chaque contrôle positif est lourd de conséquences pour les cavaliers et leur entourage. La réglementation en la matière devrait toutefois changer dans les mois à venir.

Lors de l'étape Coupe du monde de Leipzig en janvier dernier, Mandato van de Neerheide, la monture de Christian Ahlmann qui a remporté le Youngster Tour, a été controlé positif au dexaméthasone. Cette substance est un médicament anti-inflammatoire qui est classé par la FEI comme étant de la "médication contrôlée", c'est à dire qu'il peut être administré aux chevaux mais en dehors des temps de compétition. La FEI a donc engagé une procédure contre Christian Ahlmann. Ce dernier a du payer une amende, rembourser les frais de procédure et sa victoire à Leipzig a été révoquée.  

Toutefois, l'Allemand s'est défendu d'avoir utilisé quelconque médicament sur son cheval : "Mandato van de Neerheide n'a pas été traité avec des médicaments au cours des six derniers mois. Ceci est précisé dans le livre de traitement. Une gestion stricte s'applique à tous les chevaux de l'équipe - y compris ce jeune. Ni mon personnel, ni moi n'avons donné de médicaments à mon cheval avant et pendant le concours de Leipzig. J'ai suivi toute la réglementation et j'ai fait le maximum pour clarifier l'affaire. Cette situation est très insatisfaisante pour moi maintenant. En tant que cavalier, vous êtes responsable de vos chevaux 24h / 24. Même si les organisateurs font un effort pour assurer la sécurité d'un concours, des étrangers peuvent toujours être trouvés dans les écuries. En tant que cavalier, je suis le responsable de mes chevaux. Je dois faire face à la punition et aux conséquences." Et c'est pour cela que le pilote a décidé de ne pas faire appel et d'accepter la sanction de la FEI. L'affaire est donc close. 

Christian Ahlmann est loin d'être le dernier à plaider une contamination accidentelle. Bon nombre de personnes militent depuis longtemps pour une modification de la réglementation concernant le dopage (notamment en ce qui concerne la -trop- longue liste de substances interdites, des taux maximum trop faibles et des règles trop complexes) . Récemment, l'International Jumping Riders Club (IJRC) publiait d'ailleurs un communiqué dans lequel les cavaliers demandaient qu'en cas de dopage par inadvertance (de substance interdite c'est à dire de spartéine, / lupinus; synefrine; colchicine / crocus d'automne), l'athlète ne souffre pas de conséquences négatives (inéligibilité, sanctions pécuniaires ou perte de prix) lorsqu'un tribunal reconnait l'innocence d'un cavalier et lorsque la quantité de la substance détectée n'a pas influé sur l'amélioration de la performance (certaines substances comme l'Oripravine peuvent être dommageables au contraire).

Par ailleurs, la réglementation dans son ensemble pourrait être amenée à évoluer. "Cette année, les règles antidopage FEI pour les athlètes humains (ADRHA) et le règlement antidopage et contrôle des médicaments équins (EADCMR) feront l'objet d'un examen complet conformément à l'introduction du nouveau Code de l'Agence Mondiale Antidopage (AMA) le 1er janvier 2021. Bien que certains changements à l'EADCMR soient obligatoires pour garantir que la FEI reste conforme à l'AMA, la FEI a la possibilité dans certains domaines d'adapter les règles pour refléter les spécificités du sport équestre", rapportait l'IJRC. Les fédérations nationales et les athlètes ont été invités à répondre à une enquête qui permette de construire une réflexion plus en adéquation avec la réalité de la pratique sportive.