La prévention des blessures
mardi 16 février 2021

Amandine Krauskopf
Amandine Krauskopf © Béatrice Fletcher

La promotion 2021 du DE et DES Jeps était conviée le 9 février au centre équestre de Jablines à une formation à la prévention des blessures animée par Amandine Krauskopf, masso-kinésithérapeute équin.

Bon à savoir 

Amandine Krauskopf le souligne, « que l’équidé soit destiné à l’instruction, au loisir, aux courses ou au sport, la prévention permet d’augmenter la performance, de réduire les blessures et par conséquent les coûts occasionnés par les soins et autres interventions vétérinaires. Par ailleurs, tout cheval qui travaille est sujet aux micro-lésions, qu’il s’agisse de simples courbatures, de crampes, de contractures, voire dans les cas extrêmes de crises de mysosite (coup de sang) ou des blessures plus graves. Outre que le tonus musculaire diffère selon les individus, il est important de prendre conscience que le muscle est l’organe de l’anxiété, d’où la nécessité d’adapter la prévention des blessures au profil de l’équidé et à ses objectifs. » Avant de passer à la pratique,  Amandine procédait à un rappel détaillé des spécificités anatomiques et physiologiques de l’équidé, parmi lesquels l’emplacement des masses musculaires principales, et les points particulièrement sensibles, dont la zone de la nuque. 

La prévention par la préparation

Première étape, procéder à un état des lieux de la musculature du cheval. « Sans pour autant s’improviser kinésithérapeute » indique Amandine, « le cavalier, groom ou coach détecte à la main sur l’ensemble du corps les éventuels points de tension, de chaleur, de douleurs et réactions inhabituelles, autant d’indications susceptibles de générer des difficultés au travail, et essentielles pour adapter le niveau d’exigence de la séance à venir. » Suite à cette palpation, et à quelques tests de mobilisation des muscles, vient le moment de l’échauffement musculaire, sous forme de simples caresses légèrement appuyées sur les parties charnues. « Ces gestes simples activent la vascularisation, augmentent la température du muscle dont les fibres s’assouplissent progressivement, améliorent ses capacités contractives, diminuent les résistances passives des structures élastiques, et favorisent la conduction nerveuse. » Etape suivante, le pansage, à l’aide d’outils traditionnels tels que l’étrille en caoutchouc et la brosse. Au-delà de générer décontraction et relâchement psychologique, il stimule la respiration et la circulation sanguine des vaisseaux superficiels et éveille la musculature. Si un bon pansage a un effet bénéfique, un pansage bâclé laisse des traces délétères d'inconfort. Amandine poursuit la séance par des massages sous forme d’effleurements doux et superficiels, de pressions glissées, de pétrissages et de percussions destinés à accélérer le retour veineux, étirer le tissu conjonctif, et améliorer l’excitabilité musculaire. Dernière phase de ce processus d’environ 15 à 20 minutes pour un cavalier exercé, la mobilisation passive des articulations à visée proprioceptive.  

La prévention par la récupération

En fin de séance, outre la récupération active après un effort soutenu, il convient de pratiquer à nouveau la palpation pour repérer les zones de chaleur, les tensions musculaires et éventuelles douleurs et inconforts. Par ailleurs Amandine recommande vivement de recourir selon les cas à l’application de packs refroidissants (antalgiques et anti inflammatoires, vasoconstricteur), ou chauffants pour relaxer les muscles et détendre les zones contractées. Sur des muscles préalablement chauffés, l’ultime manipulation consiste à procéder à des étirements de faible intensité. Amandine le précise, prévenir les blessures constitue un véritable projet global dans lequel le dirigeant d’établissement, le coach, les propriétaires et les cavaliers doivent s’impliquer. « Apporter du confort physique et psychologique au cheval est très gratifiant. Etre cavalier est aussi prendre soin de sa monture. Il ne s’agit pas seulement de lui passer un coup de brosse et lui donner un bonbon. Ces quelques gestes simples peuvent permettre aux équidés d’instruction, dont la tâche est souvent ingrate, de sortir d’une posture parfois désabusée. Il serait intéressant de revoir certaines procédures, de remettre le cheval au centre des préoccupations, au lieu de se concentrer uniquement sur l’amélioration du niveau des cavaliers. Ne faire qu’un avec son cheval, ou à défaut le mettre dans un état de bien-être avant et après sa séance, doit devenir une priorité. Un cheval bien préparé est davantage enclin à répondre favorablement aux demandes de son cavalier, d’où un confort accru pour le binôme, tandis que les soins apportés à l’issue de la séance contribuent à son bien-être et à sa longévité. »