Les assises de la filière équine : focus sur le bien-être du cheval
vendredi 08 novembre 2019

Les assises de la filière équine 2019
Le bien-être animal était le sujet de l'édition 2019 des Assises de la filière équine © Christine Marquenet

Le bien-être des chevaux a été au cœur des échanges de la 5e édition des Assises de la filière équine organisées au centre des congrès d’Angers, le 7 novembre, par Ouest France avec Paris Turf.

Vingt-six représentants de la filière ont témoigné, échangé avec les autres intervenants lors de tables rondes, et, ont répondu aux questions des participants.  

Christine Briant, vétérinaire et ingénieur développement à l’IFCE a donné une définition du bien-être comme étant un état mental et physique positif. L’alimentation (avec au moins 12 kg de foin par jour), les conditions d’hébergement (sécurisées et confortables) qui permettent aussi le lien social avec d’autre congénères, les soins, la relation à l’animal sont autant de facteurs qui influent sur son bien-être.

En Suisse, une loi pour protéger les chevaux

Charles Triollet, président des sports équestres en Suisse, a présenté certains éléments d’une loi votée en 2 008 : « Un détenteur de chevaux doit avoir au moins deux équidés. Ils doivent se mouvoir tous les jours et pouvoir se déplacer en liberté au moins deux fois par semaine. L’hyper-flexion de l’encolure du cheval est prohibée. Le transport des équidés ne doit pas dépasser 6 heures consécutives... Enfin, les formations des propriétaires et soigneurs sont obligatoires ».

Des réglementations qui devraient évoluer en France

La nécessité de la prise en compte des problématiques liées au bien-être animal dans les formations a été régulièrement évoquée par les intervenants. Guillaume Maupas, Directeur technique à la société « Le Trot », a également  exprimé l’éventualité  de modifications de certaines réglementations  concernant l’utilisation de matériels (embouchures, cravaches, etc…), le poids des jockeys dans les courses de trot monté, le déferrage… La reconversion des chevaux de course est aussi une réelle préoccupation, en particulier dans le monde des courses.  Sur ce thème, Aliette Forien a présenté son association « Au-delà des pistes » qui cherche à faciliter la reconversion des chevaux de course avec une convention qui interdit l’abattage des chevaux placés chez de nouveaux propriétaires.

L’association « Agir contre la torture animale » était représentée

Nicolas Marty membre de L’association de « Agir contre la torture animale » a participé à un « face à face » avec Jocelyne Porcher, directrice de recherche à l’INRA. Si Nicolas Marty s’est posé comme défenseur des droits des animaux (être libre, ne pas être exploité, ne pas être tué), il a déclaré avoir été intéressé par la présentation du fonctionnement de l’écurie active de Pascal Frotiée. Nicolas Marty défend l’idée que le cheval ne doit pas dépendre de l’intervention de l’homme et condamne certaines  pratiques comme prélever du sang sur des juments inséminées pour en extraire une hormone. Pour lui, le cheval  ne doit pas être à la disposition de l’homme, il doit avoir, par exemple, le choix d’être seul ou de se rapprocher d’autres chevaux. De son côté, Jocelyne Porcher a insisté sur la qualité du rapport à l’animal et les conditions du travail avec l’homme : «  Le travail n’est pas seulement une contrainte. Il faut s’interroger sur les conditions dans lesquelles il s’exerce…En détruisant le travail,  on détruit la relation, le lien… ».  

Deux grands témoins se sont exprimés

Les organisateurs ont fait appel à deux grands témoins, Nicolas Blondeau et Jean-Louis Gouraud. Nicolas Blondeau, grand spécialiste du débourrage des chevaux, a fait part de ses convictions : «  La connaissance de l’autre est essentielle pour établir une relation harmonieuse. Le toucher et la voix sont très importants dans la relation avec le cheval, ce qui aide l’homme à devenir le « référent du cheval ». Il faut transmettre dans les formations,  la culture équestre et la « psychologie » de l’homme de cheval ». Nicolas Blondeau rappelle que les grands maîtres de l’art équestre ont toujours été les défenseurs du bien-être du cheval, comme en témoignent les citations suivantes :

  • Ne demander que ce que l’on est sûr de pouvoir obtenir ;
  • Demander souvent, se contenter de peu, récompenser beaucoup.

Jean Louis Gouraud, écrivain, cavalier et grand voyageur, qui intervenait en fin de journée, s’est dit très heureux de constater que la filière se prend en charge et commence à construire un discours cohérent qui fait clairement obstacle à celui des « animalistes ». Il a également lancé un avertissement : « Lorsque les chevaux n’ont plus une fonction auprès de l’homme, les races concernées sont en péril ». Par ailleurs, Vanina Deneux, auteur d’une thèse en sociologie sur les relations de vie et de travail des professionnels avec leurs chevaux, a rappelé l’importance de l’amour des chevaux chez ces représentants de la filière. Elle dénonce aussi, comme plusieurs intervenants, les « animalistes »  qui montent en épingle des évènements minoritaires.

Retrouvez l'interview video d'Arnaud Boiteau à l'issue des échanges de la journée ICI