Qu’est-ce que l’endotoxémie ?
jeudi 06 août 2020

Vétérinaire
Vétérinaire © Scoopdyga

Le 30 juillet dernier, les passionnés de sports équestres apprenaient la triste disparition de Flora de Mariposa des suites d’une endotoxémie. Mais quel est ce mal qui a rongé la championne olympique par équipe des derniers Jeux de Rio ? Éléments de réponse avec le Docteur Camille Tarder, vétérinaire.

Pour Camille Tarder, vétérinaire dans l’Eure (27), l’endotoxémie n’est pas une maladie en elle-même, mais « le résultat de complications d’autres maladies » qui laissent entrer des bactéries dans l’organisme et provoquent une infection. Ces bactéries libèrent des toxines qui entraînent l’endotoxémie. « Le cheval est victime d’un choc cardiovasculaire parce que l’organisme est dépassé par la production énorme de bactéries et de toxines. Les globules blancs – censés empêcher le développement des bactéries – chutent brutalement » et les organes s’arrêtent de fonctionner les uns après les autres.
L’une des principales causes d’endotoxémie chez le cheval provient de l’appareil digestif et plus particulièrement lorsque celui-ci est victime de diarrhée. Mais l’endotoxémie peut aussi survenir pour toutes sortes de raisons, comme « une plaie ou un abcès qui perce », ce qui la rend souvent difficile à diagnostiquer pour qui n’est pas vétérinaire. 

Une infection souvent foudroyante

En plus de la difficulté à la détecter, l’endotoxémie peut également se développer avec une rapidité qui efface tout espoir de traitement. « Ça peut tout à fait être foudroyant, précise Camille Tarder. Notre cheval peut aller très bien à un instant T et mourir une heure plus tard des suites d’une endotoxémie ». Dans le cas d’une jument aussi surveillée et suivie que l’était probablement Flora, le développement extrêmement rapide de l’infection ne lui a peut-être laissé aucune chance. « Il arrive que des chevaux meurent d’endotoxémie suite à un désordre intestinal sans même avoir eu le temps de déclarer une diarrhée. » Il n’existe aucun moyen direct de prévenir l’endotoxémie, ce n’est qu’en prévenant « toute autre maladie qui peut provoquer cette infection » qu’on peut limiter le risque. 
Lorsque l’endotoxémie se déclare plus lentement, certains signes doivent alerter. « Le cheval est en état de choc assez rapidement : il est très abattu, le rythme cardiaque est très élevé, ses muqueuses rougissent avant de virer au violet, surtout au bord des dents et il se déshydrate très vite. » Ajoutez à cela d’abord une poussée de fièvre avant une baisse soudaine de la température. « L’organisme se concentre sur les organes essentiels et toutes les extrémités deviennent très froides », précise Camille Tarder. Réhydrater le cheval et restaurer l’équilibre cardiovasculaire deviennent des défis pour les vétérinaires, qui ont bien souvent trop peu de temps pour intervenir. Une mise sous perfusion, l’administration d’anti-inflammatoires ou d’antibiotiques dans certains cas peuvent aider à éliminer les bactéries.