Une attention particulière pour le nouveau-né :
mercredi 10 avril 2002

Poulaintetee
Ph. Horse Source

Si la mise-bas est l’accomplissement de plusieurs mois de travail et de surveillance, il ne faut pas baisser sa garde, surtout dans les premiers jours du nouveau-né. Ce qui devrait être un heureux événement peut se transformer en un calvaire.

Le poulain nouveau-né doit être soumis à une surveillance stricte. Il quitte un milieu favorable et protégé et doit s’adapter en quelques heures à son nouvel environnement, instable et agressif. Durant la première semaine, les différents organes vitaux s’accommodent des propriétés de leur nouveau milieu. Le poulain, particulièrement sensible durant cette phase, est soumis à plusieurs agressions qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur l’adaptation physiologique des systèmes vitaux. Cette approche médicale du poulain est de plus en plus considérée comme un domaine de compétence à part entière pour ne pas parler de spécialité.

Le premier niveau concerne les soins de base sur des poulains légèrement ou modérément malades sur une courte durée. Généralement, ces soins ne nécessitent pas une hospitalisation et peuvent être pratiqués chez l’éleveur ou le naisseur. Le deuxième niveau nécessite une surveillance continue de poulains incapables de téter ou de se tenir debout. Le vétérinaire est alors conduit à hospitaliser ces animaux afin de faciliter l’administration des soins dans un environnement propice (présence d’infirmières, de praticiens, d’un équipement adapté et spécialisé, etc.). Ces poulains nécessitent souvent des investissements importants en temps et en argent. Le troisième niveau de soins est caractérisé par le recours à une ventilation forcée à pression positive, le coût est très élevé et le pronostic souvent très réservé.Dans les deux derniers niveaux, rentrent souvent en ligne de compte l’intérêt de la mise en place de soins, ainsi que le degré d’engagement du propriétaire de l’animal, financier notamment.

Les maladies infectieuses (septicémies virales ou bactériennes, pneumonie, arthrite septique, etc.).Les maladies non infectieuses caractérisées par des perturbations du comportement (syndrome anoxique, prématurité/dysmaturité, rétention du méconium, etc.).Les malformations congénitales (déformations des membres rendant le lever impossible, rupture de la vessie, malformations cardiaques, etc.).Les maladies d’ordre immunologique (incompatibilité sanguine, défaut de transfert passif de l’immunité colostrale, etc.).Il est admis que la plupart des maladies évoquées ci-dessus surviennent selon deux périodes, de la naissance à 48 heures, de deux à sept jours.

Le poulain hérite de sa mère une immunité passive. Cette protection est assurée par des anticorps de la mère transmis via l’ingestion du colostrum. On estime aujourd’hui qu’environ une jument sur cinq possède un colostrum de mauvaise qualité. Dans ce cas, on considère que le poulain est exposé à un risque de déficit immunitaire et un apport colostral précoce permet de compenser la pauvreté du colostrum produit par la mère. Au-delà des vingt-quatre premières heures, le traitement est envisagé via le plasma : c’est la plasmaphérèse.