Une nouvelle formation pour les vétérinaires équins : Vet Masterclass Horse
mercredi 15 janvier 2020

 Vet Masterclass Horse
Vet Masterclass Horse © Claude Bigeon

Imaginée par le docteur vétérinaire Olivier Geffroy, Vet Masterclass Horse est une formation professionnelle innovante réservée aux vétérinaires équins dont le séminaire de clôture s’est déroulé du 8 au 10 janvier 2020 au Domaine de Grosbois (94).

Pour cette première édition dédiée au cheval de sport, une cinquantaine de professionnels ont participé à cette formation qui mixe le e-learning et le présentiel. Des experts reconnus sont associés à la réalisation de cette formation inédite : Philippe Benoit, Fabrice Rossignol, Jean Servantie et Emmanuelle Van Erck. Grosbois était le lieu idéal pour proposer trois journées dont deux d’ateliers pratiques aux thématiques variées : radios d’achat, cardiologie, physio stretching, saddle fitting, initiation ostéopathie, cas cliniques maréchalerie, examens du cheval monté, écho larynx…

« Nous avons fait le plein d’élèves pour cette première édition avec cinquante inscrits, explique Olivier Geffroy. Avec l’ensemble des webinars et les ateliers pratiques à Grosbois nous avons totalisés environ soixante-dix heures de formation. Pour l’instant c’est une formation privée qui n’est pas finançable dans le cadre de la formation professionnelle et qui coûte 4000 euros. L’idée est de proposer une formation pour aider les vétérinaires à faire face au quotidien. Ma cible c’est une femme entre 30 et 35 ans, c’est-à-dire ayant une certaine pratique, qui est confrontée à des problèmes d’équilibres entre en la vie privée et la vie professionnelle, et qui a envie de « upgrader » ses pratiques au quotidien par rapport aux chevaux de sport. Finalement, nous avons eu aussi des vétérinaires jusqu’à une soixantaine d’années, et aussi plus jeunes. Mais, ce qui a été marquant, c’est que les vétos de la cible ont été les plus proactifs dans la formation. » 

Le contenu de la formation a été bâtie avec le comité d’experts. Et le fait que la majorité de la formation a été en ligne, a permis aux élèves d’être co-créateurs du programme en exprimant leurs besoins. Cette année la formation de Vet Masterclass Horse était basée sur le cheval de sport. Vet Masterclass Horse veut continuer à faire vivre le groupe qui s’est créé avec les élèves de la première promotion puis recruter une deuxième promotion pour 2020 toujours sur le module cheval de sport. Ensuite, il y aura une pause d’un an pour proposer une nouvelle formation qui réponde aux attentes des vétérinaires intéressés par ce type de formation.

Des ateliers pratiques

Parmi les intervenants aux ateliers à Grosbois, le docteur vétérinaire Philippe Benoit est intervenu lors d’ateliers sur l’examen du cheval monté. Il fait partie des experts rassemblés par Olivier Geffroy. Pour mémoire, il a été vétérinaire fédéral français de 1992 à 2000 et aussi pour d’autres nations. Depuis 2013, il s’est exporté aux Etats-Unis, en Californie et travaille pour des clients privés avec Eric Navet. « Ce qui me fait plaisir avec ce séminaire, ici à Grosbois, c’est de retrouver une belle confraternité avec des jeunes et des moins jeunes confrères qui ont envie de continuer d’apprendre, de servir mieux leurs clients et leurs patients chevaux, explique Philippe Benoit. Désormais, la formation de vétérinaire ne sert pas juste à faire le pompier et les vaccins, mais aussi à écouter des gens avec leurs problèmes, bien écouter les chevaux pour trouver aussi des petites pathologies, des inconforts que l’on peut de mieux en mieux gérer car l’état des connaissances à énormément évoluer en dix ans. L’atelier d’aujourd’hui était sur l’examen d’un cheval monté. Une fois que l’on a fait l’examen d’un cheval, que l’on a regardé trotter sur le cercle, fait les flexions, fait tous les tests classiques, on se rend compte qu’il y a beaucoup de chevaux qui ont des inconforts quand on les voit montés. Les gens peuvent avoir des soucis dans leur discipline qui ne sont pas forcément liés à des chevaux boiteux, mais des chevaux qui sont juste inconfortables avec des raideurs, avec des asymétries. On essaie de les déceler, de les diagnostiquer, de les soigner et d’améliorer le cheval dans son quotidien quand il est dans son box et dans sa discipline de manière à l’améliorer dans son confort en tant qu’athlète. »

Visiblement la formation proposée par VetMasterclass Horse répond à un besoin. « Il y a un besoin de formation continue des vétérinaires, précise Philippe Benoit. Il est déjà bien rempli par beaucoup d’associations, l’Association vétérinaire équine française, des associations de groupements de vétérinaires. Mais, il faut des modèles différents. Des modèles où les vétérinaires peuvent se rencontrer, échanger, voir des chevaux et se mettre en situation. Et il faut aussi des formations plus académiques où les gens sont en salle plénière à écouter. L’originalité de cette formation, c’est qu’elle associe des moments en salle et des moments où les vétérinaires sont en face d’un cheval, d’une situation et interfèrent avec nous. Cela, c’est le plus de ce genre de formation. »

Si l’on évoque le vétérinaire du cheval de sport du 21e siècle ? 

« Le vétérinaire équin, c’est une discipline à part. Ce sont des gens qui sont très sollicités sur le plan communication. Les gens nous demandent beaucoup. On passe beaucoup de temps sur la route. Ce que j’aimerais voir évoluer, c’est qu’on ait une compréhension de nos clients, surtout de la jeune génération qu’on ne soit pas esclave de notre travail. On passe du temps aussi à nous former. Je pense que nous allons évoluer vers deux organisations, qui vont se mettre en place dans le temps, des grosses cliniques comme des hôpitaux qui vont accueillir tous les cas compliqués, les chirurgies, les hospitalisations et beaucoup de vétérinaires satellites qui vont vivre en ambulatoires. »

Pour Olivier Geffroy : « Le vétérinaire du 21e siècle c’est quelqu’un qui a appris à gérer les outils modernes de la connaissance, c’est-à-dire qu’il n’a pas forcément tout dans le cerveau, mais il sait où trouver les ressources. C’est quelqu’un qui est sorti un petit peu du rôle professoral, c’est-à-dire que c’est quelqu’un qui est plus à l’écoute et qui en même temps a une grande capacité à vulgariser les connaissances qu’il met en œuvre. »

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