Galop : l’ascension fulgurante d’Adélaïde Budka
jeudi 21 janvier 2021

Adelaide Budka
Au sein de son effectif en 2020, Adelaide Budka a pu compter sur Jamala (Evasive), qui a décroché une victoire et deux places en cinq tentatives © Scoodpyga

À seulement 27 ans, Adélaïde Budka fait une entrée magistrale dans le milieu des courses de galop en tant qu’entraîneur en ne totalisant pas moins de sept victoires et onze places sur trente-cinq départs en 2020. Formée aux côtés de grands noms des courses, elle a progressivement gravi les échelons jusqu’à s’installer à son compte il y a moins d’un an. Portrait d’une jeune femme passionnée et déterminée.

Si beaucoup d’entraîneurs ont baigné dans les courses depuis leur tendre enfance, Adélaïde Budka a, elle, connu des débuts un peu différents. Cavalière de saut d’obstacles durant de nombreuses années, elle ne s’est finalement intéressée au monde des courses qu’assez tardivement. Ayant grandi à Chantilly, temple des courses de galop, elle ne pouvait évidemment pas passer à côté… À l’adolescence, la jeune femme commence donc à aller monter le week-end chez des entraîneurs de la région. Une passion est née et, de là, Adélaïde Budka n’avait plus qu’une idée en tête : en faire son métier. Après un baccalauréat économique et social, elle s’engage donc dans BTS Analyse, Conduite et Stratégie de l’Entreprise Agricole au centre de formation AFASEC de Grosbois. Pendant deux ans, Adélaïde Budka a ainsi, en parallèle des cours, été en formation chez l’entraîneuse renommée Christiane Head (également connue sous le surnom de Criquette). Elle y découvre ainsi le monde de l’élevage, de l’entraînement, des courses et effectue même une partie de son stage en Angleterre. Elle y rencontre également Pascal Galoche, alors premier garçon, qui lui transmet les bases du métier. « Je lui dois beaucoup. Qu’il s’agisse de l’approche du cheval, des soins ou encore de la rigueur dans le travail, il m’a énormément appris », confie la jeune femme. Une fois diplômée, forte de cette expérience, Adélaïde rejoint les écuries de Nicolas Caullery en tant que premier garçon, puis celles de Yann Dupaire avant de devenir assistante chez Satoshi Kobayashi à Lamorlay. Et de ces écuries, Adélaïde Budka n’en est jamais partie… 

Une installation périlleuse 

Après de nombreux mois passés aux côtés de Satoshi Kobayashi, Adélaïde Budka passe sa licence d’entraîneur et s’installe dans les écuries du célèbre entraîneur. « Il a été d’une grande aide quand j’ai débuté. Il a vraiment été mon mentor. Je suis vraiment reconnaissante de ce qu’il a fait pour moi et je sais que je  pourrai toujours compter sur lui », affirme-t-elle. Car le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Adélaïde ne s’est pas installée au meilleur moment… Arrivée avec ses trois chevaux au mois de mars, le confinement est annoncé quelques jours plus tard. « Ça a été un véritable coup dur. J’attendais ça depuis si longtemps… Et à ce moment-là je n’avais pas beaucoup de clients donc très peu de rentrées d’argent. Mais je n’ai pas baissé les bras », raconte la jeune femme. Une chose est sûre : la détermination d’Adélaïde a payé, et ce bien plus rapidement que ce à quoi elle s’attendait. Après s’être lancée grâce à deux chevaux que sa mère lui avait confié et une pouliche appartenant à des amis, l’entraîneur compte aujourd’hui sept chevaux au sein de ses écuries. Elle travaille désormais avec la famille Boucher, Christiane Head ainsi que des clients allemands. Et quelques semaines seulement après s’être installée, Adélaïde Budka remportait déjà ses premières courses.

Des débuts prometteurs

Avec sept victoires et onze places sur trente-cinq départs à son compteur en 2020, Adélaïde Budka ne peut qu’être heureuse de cette première année en tant qu’entraîneur. « Les statistiques sont très bonnes, je suis très satisfaite. Mes chevaux ne sont pas de grands champions, mais ils ont tous réussi à briller dans leur catégorie », confie-t-elle. À noter que tous les chevaux passés entre ses mains ont gagné au moins une fois cette année. Une saison réussie, qui annonce de belles choses pour la suite. Ambitieuse, Adélaïde aimerait, pour cette année 2021, gagner un premier Quinté et continuer de faire courir Atlante, une jument très prometteuse confiée par sa mère et qui a d’ailleurs déjà décroché une victoire lors sa première course il y a quelques jours à Chantilly. « En plus de cela, je compte évidemment faire en sorte que tous mes chevaux soient le plus réguliers possible dans chacune de leur catégorie », ajoute-t-elle.

Si les courses sont un milieu assez fermé et très masculin, Adélaïde Budka n’a cependant pas eu de mal à s’y faire une place. « Les femmes sont de plus en plus présentes mais, surtout, les gens respectent avant tout le travail d’une personne, quelle qu’elle soit. Quand on s’installe, nous sommes déjà connus grâce au travail que l’on a fait auparavant dans différentes écuries et donc nous sommes déjà respectés », explique-t-elle. Respectée, reconnue, humble et douée, Adélaïde Budka n’a assurément pas fini de faire parler d’elle.