On a testé pour vous, le trot attelé
mercredi 09 décembre 2020

On a testé pour vous, le trot attelé
On a testé pour vous, le trot attelé © Jean-Luc Lamaère

Centre d’entraînement reconnu à travers l’Europe pour la qualité de ses infrastructures, le domaine de Grosbois constitue un véritable temple du monde des courses de trot. Le 8 décembre dernier, le site ouvrait ses portes et proposait une initiation au trot attelé. Aux côtés d’une jeune driveuse, découverte d’une pratique très différente de celle des autres sports équestres.

Oubliez les traditionnels pantalon, vestes et bottes d’équitation… Le trot attelé se pratique en combinaison ! Si cela peut surprendre de prime abord, ce n’est qu’une fois assis derrière le cheval que l’on prend conscience de l’aspect nécessaire de ce qui pourrait s’apparenter à un équipement de sports d’hiver. Malgré un thermomètre qui n’affichait pas plus de 5 degrés et un vent parfois glacial accentué par la vitesse du cheval, je n’ai rien ressenti de tout cela grâce à la combinaison, bien épaisse. Autre élément indispensable en trot attelé : le protège-dos. S’il n’est pas toujours obligatoire dans le cadre de certaines disciplines qui constituent les sports équestres, il l’est dans le monde des courses, à l’entraînement comme en compétition. Lors des courses, les drivers portent également généralement des lunettes car il n’est pas rare que du sable ou de la boue soit projeté sur leur visage, mais je n’en ai pour ma part pas eu besoin puisque nous partions pour une promenade au calme. Une fois la combinaison, le protège-dos, le casque et les gants enfilés, direction l’attelage – nommé dresseuse – pour une promenade dans les allées de la forêt de Grosbois.

Pas de jambe… Mais des bras !

Assis derrière le cheval attelé, les jambes n’ont pas une réelle utilité, si ce n’est pour s’équilibrer au niveau des pieds et ainsi être bien assis. De quoi perturber lorsque l’on a l’habitude de monter en pratiquant le saut d’obstacle, le dressage ou le complet, disciplines dans lesquelles les jambes constituent l’élément le plus important. Dans les courses de trot attelé, seuls les bras et le dos sont mobilisés. Et pas à petite dose : il s’agit d’un exercice très physique. En l’absence de dossier, le dos doit être tonique et droit, afin de ne pas laisser le poids du cavalier tomber vers l’arrière. Les mains, par l’intermédiaire des rênes, sont quant à elles le seul point de contact avec le cheval et il n’est donc possible de le gérer que de cette manière. Avancer, ralentir, s’arrêter, tourner… Tout n’est qu’un subtile jeu de mains. Tout comme lorsque l’on pratique l’équitation montée, ces dernières doivent absolument suivre le mouvement du cheval et surtout ne pas aller à son encontre. Mais s’il y a bien une chose qui diffère entre les sports équestres et le trot attelé, c’est le droit de tirer. Si ne pas tirer sur ses rênes et donc sur la bouche de son cheval est une des règles d’or lorsqu’on le monte, il s’agit d’une action de base lorsqu’il est attelé. « C’est le seul moyen pour nous d’avoir le contrôle sur le cheval et de lui donner des indications. Il faut être doux dans ses gestes et ferme à la fois », souligne Maëva, l’élève en troisième année de baccalauréat professionnel à l’AFASEC (l’école dédiée aux courses hippiques située à Grosbois) qui m’accompagne. Et lorsque le cheval prend la main du meneur, « il faut le manipuler en tirant à droite et à gauche », explique la jeune driveuse. Pas facile à intégrer lorsque, comme moi, c’est un mouvement que l’on nous a toujours incité à bannir. 

Des sensations similaires

Lorsque l’on pense aux courses hippiques, on pense inévitablement à la vitesse souvent impressionnante à laquelle vont les chevaux autour de l’hippodrome. Attelés, les trotteurs peuvent atteindre les 65km/h. Une vitesse que j’ai pas pu expérimenter, mais qui ne m’a pas empêché de ressentir les sensations particulières du trot attelé. Contre toute attente, certaines d’entre elles m’ont parfois rappelé celles que je peux avoir lorsque je monte à cheval. Les sensations se créent, dans un premier temps, dans nos bras et dans nos mains. Pour les éprouver pleinement, il est important de suivre le mouvement et donc de ne pas les bloquer. On ressent ainsi les mouvements de la bouche du cheval, son énergie, son impatience, sa résistance ou sa décontraction. Pour ma part, j’ai eu la chance d’être assise derrière un véritable maître d’école, très sage malgré le froid piquant qui rend parfois les chevaux un peu plus vifs. Et si je n’ai pas pu ressentir les muscles du cheval s’échauffer et travailler sous ma selle comme j’en ai l’habitude, j’ai tout de même pu avoir la sensation de mobilité du corps du cheval attelé. La dresseuse suit en effet les mouvements des membres et du dos et, par son intermédiaire, nous les suivons également. De quoi me rappeler, à moindre mesure, les exercices réalisés au trot assis. Ainsi, si le monde des courses est souvent décrit comme étant très éloigné de celui des sports équestres, certains points les font se rejoindre, notamment dans les sensations qui peuvent être éprouvées par les cavaliers. Je ne peux donc que vous conseiller d’essayer au moins une fois le trot attelé !