Compétitions : quelle stratégie pour les organisateurs ?
mercredi 04 novembre 2020

Chazey 2015- Le parc de Chazey
Chazey-Sur-Ain accueille tout l'hiver de nombreux cavaliers lors de concours organisés par l'équipe Horse Events, gérée par Jérôme Ringot © Jean-Louis Perrier

Alors que le reconfinement national a été annoncé par le Président de la République le 28 octobre dernier, les compétitions sportives pour les professionnels restent autorisées. Cependant, des incertitudes persistent pour les organisateurs. Taux d’engagements, financements, prolongation des mesures en vigueur… De multiples éléments inquiètent. Malgré tout, quelques organisateurs tentent de proposer des dispositifs adaptés afin que la filière ne soit pas une fois de plus mise à l’arrêt.

Le 3 novembre dernier, la Fédération française d’équitation a annoncé le maintien des compétitions professionnelles à huis clos. Une bonne nouvelle pour la filière équestre, qui ne se retrouvera donc pas à nouveau temporairement à l’arrêt. Néanmoins, de nouvelles problématiques se posent, notamment pour les organisateurs de ces compétitions. Si une petite poignée de celles prévues en novembre a pour le moment été maintenue, rien n’assure cependant qu’elles auront bien lieu. L’un des facteurs décisifs n’est autre que leur financement : les épreuves Amateur n’ayant pas été autorisées à se tenir, il est compliqué pour les organisateurs de trouver des fonds pour les dotations des épreuves professionnelles. Seul un nombre de partants suffisant garantirait leur tenue. « Si nous n’arrivons pas à avoir suffisamment de partants, nous ne serons pas en mesure d’organiser des compétitions, notamment car cela engendrerait une perte financière bien trop importante », explique Philippe Rossi, président du Pôle européen du cheval du Mans. Le maintien de compétition dépendra donc notamment du choix des cavaliers professionnels de sortir ou non leurs chevaux en compétition pendant l’hiver.

« Des plans, on en a fait beaucoup lors du premier confinement. Entre la ré-ouverture, les nouvelles fermetures, les professionnels, les amateurs… Il faut arrêter de faire des plans sur la comète et réagir en fonction des mesures qui arrivent selon la règle sanitaire. » Philippe Rossi

Autre inquiétude pour les organisateurs de compétition : la prolongation des mesures actuellement en vigueur. Si les règles sont fixées pour ce mois de novembre, le doute plane pour le reste de l’hiver. Et le manque de visibilité sur le long terme est une problématique de taille pour certains. « Comme tous les ans, nous avons prévu d’organiser le Winter Tour à Chazey-sur-Ain qui s’étend jusqu’au mois de février. Nous ne savons pas quelle tournure vont prendre les mois à venir et nous sommes donc inquiets au sujet du maintien de cet événement », confie Jérôme Ringot de la société Horse Events. Il est donc difficile d’anticiper l’organisation de futurs concours pour de nombreuses structures, qui préfèrent désormais s’adapter au jour le jour, selon les décisions annoncées. « Des plans, on en a fait beaucoup lors du premier confinement. Entre la ré-ouverture, les nouvelles fermetures, les professionnels, les amateurs… Il faut arrêter de faire des plans sur la comète et réagir en fonction des mesures qui arrivent selon la règle sanitaire », explique Philippe Rossi.

Des adaptations nécessaires pour continuer à faire vivre la filière

Si certaines compétitions ont été maintenues durant le mois de novembre, leurs organisateurs ont tout de même nécessairement du revoir le programme initial et supprimer les épreuves amateurs, poneys et clubs. Le Pôle européen du cheval du Mans a quant à lui pris la décision de transformer le concours international prévu en épreuves nationales, compte tenu de la difficulté à se déplacer pour de nombreux cavaliers étrangers. Outre le programme, ce sont également les modalités d’accueil des cavaliers qui ont été revues : les organisateurs doivent notamment s’assurer que chaque participant est bien cavalier professionnel ou sportif de haut niveau inscrit sur les listes ministérielles. Un protocole qui, selon Jérôme Ringot, n’est pas l’élément le plus difficile à mettre en place. « Suite au premier confinement, les concours à huis clos de la SHF avaient ce protocole-là. Nous avons été les premiers à devoir le suivre. Cela nécessite des personnes informées et compétentes à l’entrée, qui rappellent et font appliquer à tous les règles à respecter. C’est une organisation qui n’est pas compliquée à mettre en place », souligne-t-il.

Les organisateurs affichent donc une volonté de maintenir le sport et faire vivre la filière en conservant leurs compétitions, bien qu’elles soient parfois tout juste rentables. L’objectif n’est ainsi plus de développer l’activité, mais simplement d’arriver à l’équilibre entre les dépenses et les recettes. Selon cette même volonté, les dirigeants du Pôle européen du cheval et de Horse Events ont fait le choix de s’adapter à la demande des professionnels. « Nous allons adapter les concours à la demande des cavaliers. Lors du concours du 6 au 8 novembre, je leur demanderai ce qu’ils veulent faire à la fin du mois. En fonction de cela, nous leur proposerons un programme adapté et s’ils ne répondent pas présent comme on le souhaiterait, on annulera le concours », explique Philippe Rossi, qui soulève également la problématique suivante : « mais si nous ajoutons une date et qu’il y a quatre concours équivalents le même week-end, nous allons nécessairement devoir nous partager le gâteau et tout le monde sera malheureux. » Une concertation entre les acteurs de l’organisation de compétition serait-elle alors de mise ?