Jérôme Ringot : "J’espère que tout cela va resserrer les liens entre les professionnels"
vendredi 15 mai 2020

Jérome Ringot
Jérome Ringot © Jean Louis Perrier

Cavalier, coach, marchand de chevaux et organisateur de concours avec son épouse Stéphane Traglio à travers Horse Events, Jérôme Ringot est un acteur central de la filière cheval. Il nous a parlé de son vécu du confinement et des perspectives de reprise de l’activité équestre.

Comment s’est passée la période de confinement pour vous ? 

Toute l’activité commerce au sein de Equipeer Sport a été arrêtée. Nous avions avec Horse Events deux CSI à Cluny fin mars et début avril qui ont été annulés comme les concours nationaux dans l’Est et à Vichy où nous devions être prestataire. Donc de ce côté-là, c’est zéro rentrée ! Tout le coaching s’est arrêté aussi puisque les cavaliers amateurs ne pouvaient plus se déplacer. Je n’ai gardé comme recettes que les pensions des chevaux qui me sont confiés. J’en ai douze donc c’était gérable et il n’y a pas eu de problème avec les propriétaires avec qui j’ai des relations de parfaite confiance. Mais il était temps qu’on puisse bouger et que ça redémarre ! 

La reprise des concours SHF vous parait-elle positive ? 

C’est très bon signe même si c’est compliqué à mettre en œuvre ! Pendant toute cette période de confinement j’ai vu passer beaucoup de messages injurieux sur les réseaux sociaux, mais il faut que les gens se rendent compte de la situation. Comme je suis référent cavalier pour la SHF, j’ai eu beaucoup d’appels de cavaliers qui cherchent à comprendre ce qui se passe. J’ai pu suivre le dossier pour la reprise des concours Jeunes Chevaux de près, et c’est un gros boulot. C’est parce que nous sommes dans le cadre d’une filière professionnelle que nous avons pu avancer avec le ministère de l’Agriculture, donc il faut faire des concessions dans ce sens même si ça entraine des frustrations. Il ne faut pas non plus oublier que le Ministère a beaucoup d’autres dossiers importants à gérer, donc il est normal que cela prenne du temps. Dans cette période de négociation, il y a justement eu des avancées comme l’intégration d’épreuves pour les 7 ans, qui normalement sont sur les concours FFE et FEI, et la date du 26 mai pour la reprise des concours alors qu’au départ on parlait de mi-juin. C’est vraiment important que ça redémarre, et j’espère que ça va resserrer les liens entre les professionnels.

Pour vous et pour Horse Events quelles sont les perspectives ? 

Personnellement j’ai un piquet de cinq ou six jeunes chevaux, plus ceux de mes élèves, ça va nous faire une vingtaine de chevaux sur le circuit SHF. Pour les concours FFE, cela dépend du ministère des Sports et là, pour le moment, il n’y a rien avant le mois d’août. On peut espérer que le déconfinement se passe bien et que cela s’assouplisse avant ! Au moins, le retour des cavaliers en cours a permis de voir que personne n’avait perdu de sa motivation, et comme il n’y a pas eu beaucoup de dépenses ces derniers temps sur les terrains de concours, on est optimiste en pensant à la reprise ! En revanche je suis réservé sur la multiplication des annonces de sites qui mettent leurs installations à disposition pour des warm-up, il ne faudrait pas que les Ministères s’inquiètent de circuits parallèles ! Le commerce repart très fort aussi après cette période vide. Beaucoup de professionnels du commerce cherchent des chevaux, un marchand belge est venu pour voir ce que je pouvais lui proposer, j’ai des clients qui cherchent un poney pour une jeune cavalière même si elle sait qu’elle ne fera pas de concours tout de suite avec. Un autre client veut un jeune cheval pour assurer la relève... On sent que les gens ont envie que ça reparte, c’est positif ! Mais pour l’évènementiel, tant que les concours FFE ne reprennent pas, tout est bloqué. Nous allons organiser des Jeunes Chevaux sur le site de Sainte Cécile (71) dans le cadre d’un accord avec le syndicat local des éleveurs, mais les CSI que nous avions en projet cet été sont annulés. Nous espérons bien que tout pourra reprendre à la rentrée et que l’hiver prochain nous aurons une nouvelle édition du Winter Tour. L’annonce pour la mise en œuvre de la prochaine édition d’EquitaLyon nous a fait du bien, on se dit que si Equita repart, tout va repartir !

Commentaires


Géra B | 15/05/2020 22:30
"Resserrer les liens entre les professionnels"... C'est mal parti...C'est même les distancier encore plus. Entre les professionnels qui ont déjà mis la clef sous la porte, ceux qui vont pouvoir "rebondir", ceux qui vont pouvoir être aidés pour repartir, et ceux qui seront laissés sur le carreau.... Du petit club, à l'organisateur de concours, à l'éleveur, ....Ce qui s'organise et se dessine actuellement n'est pas bon signe.