Les courses subissent de plein fouet le Covid-19
mardi 31 mars 2020

Maisons-Laffitte
A Maisons-Laffitte, une partie des pistes d'entrainement ont fermé pour la durée du confinement. © Scoopdyga

Si les structures équestres sont touchées de plein fouet, le secteur hippique ne déroge pas aux conséquences de la crise sanitaire et du confinement. Avec l'arrêt total des courses le 17 mars, le Pari mutuel urbain(PMU) n'engrange plus aucune recette, dont dépendent largement les sociétés mères de France Galop et du Trot, et les entraineurs connaissent une activité réduite.

Malgré tous les efforts consentis par les acteurs de la filière hippique au début de la crise sanitaire liée au Covid-19, qui avaient mené au déroulement des courses dans un cadre de huis-clos strict, les sociétés-mères ont du se résoudre à annuler tout le calendrier des courses françaises dès le 17 mars, à la suite de l'annonce du gouvernement de la mise en place d'un confinement généralisé. Si l'entrainement continue, afin d'assurer la sortie quotidienne des chevaux, les rentrées d'argent se font rares pour les professionnels qui ne perçoivent plus de pourcentage sur les allocations des courses. Pour l'instant, les propriétaires semblent en mesure de continuer à assumer les pensions de leurs équidés, mais certains entraineurs s'interrogent : quel sera l'impact pour les propriétaires dont l'activité est à l'arrêt ou pour ceux ayant perdu de l'argent en bourse ? 

Du côté des institutions, le manque a gagner à cause de cet arrêt forcé est également énorme. Si le PMU cherche des alternatives de pari sur des courses se déroulant à l'étranger, l'aspect mondial de la pandémie, rend la tâche ardue. Comme France Galop et le Trot, l'entreprise de paris a organisé le chômage technique d'une majorité de ses collaborateurs afin de limiter l'impact financier de la crise. Pour prendre la mesure des conséquences de ces jours inédits de l'histoire où la filière hippique n'engrange aucune recette, il faut notamment comprendre que le PMU verse trente à trente-cinq millions d'euros mensuels à France Galop, les deux-tiers étant consacrés aux allocation, et le tiers restant aux frais de fonctionnement). Même schéma du côté du Trot, pour lequel le PMU est indispensable. 

Pour faire face à l'impact économique de cette crise, Edouard de Rotschild, président de France Galop, et Jean-Pierre Barjon, récemment élu à la tête du Trot, ont rencontré des représentants des ministères de l'Agriculture et de l'Action et des Comptes Publics jeudi 28 mars. Le but était de présenter à l'Etat une modélisation de l'impact de cette crise sur les finances des institutions et sur les dommages subis par les différents socioprofessionnels de la filière. 

France Galop débloque les caisses de secours 

Du côté de l'institution du galop, des mesures ont rapidement été actées dès l'arrêt des courses pour venir en aide financièrement aux professionnels. Tous les prélèvements des cotisations à l'entrainement facturées aux chevaux déclarés sur les centres d'entrainement ont été arrêtés jusqu'au 1er mai et France Galop accorde aux locataires de ses écuries un moratoire sur les loyers tant que les courses sont suspendues. Enfin tous les frais liés à l'annulation des courses (forfaits, annulations de partants, etc) seront évidemment remboursés. Dans un deuxième temps, France Galop a saisi le fonds d'action social des entraineurs. Initialement destiné aux associations dans le but de financer leurs actions sociales, ce fonds constitué à partir des amendes infligées par les commissaires des courses et de France Galop sera exceptionnellement redistribué entre tous les entraineurs publics. L'enveloppe globale s'élève à 540 000€ et 381 entraineurs sont éligibles à cette indemnité (licence 2020 à jour et chevaux déclarés à l'entrainement au 23 mars 2020), ce qui permettrait à la société mère de distribuer 1417€ par professionnnel. France Galop incite cependant les enbtraineirs aux reins solides, dépendants de propriétaires qui pourront faire face à la crise, à renoncer à cette allocation exceptionnelle dans le but d'augmenter la somme à destination de ceux qui en ont le plus besoin. La société mère n'oblige à rien, mais laisse le choix à chacun de renoncer à cette indemnité, rappelant que "si 10% des entraineurs y renonçaient, l'allocation passerait à 1517€ chacun". 

L'élevage, secteur le mieux loti ? 

Finalement, l'élevage semble, comme pour la filière sport, le secteur le mieux loti. Les efforts conjoints de la FFE, France Galop, Le Trot, la SFET, la SHF et l'IFCE, réunis par Loic Malivet, récemment nommé à la tête de la gouvernance de la filière cheval, ont permis de défendre au mieux la situation auprès des autorités et ont abouti sur la mise en place d'un protocole strict, à destination des éleveurs professionnels, permettant de poursuivre la saison de monte, qui, rappelons-le, ne s'effectue qu'en monte naturelle chez les galopeurs.