Les organes déconcentrés face à la crise du Covid-19
samedi 11 avril 2020

Etrier du Dauphiné
Etrier du Dauphiné © Coll.

Consciente que ses organes déconcentrés, CRE et CDE, sont en première ligne face à la crise subie par les centres équestres en cette période de confinement, la FFE a lancé des consultations par visio conférence. Cyril Cœur, président du CDE de l’Isère, et Jean-Marie Laurent, président du CDE du Puy de Dôme, nous ont parlé de leur expérience dans leurs centres équestres et départements.

L’Etrier du Dauphiné à Echirolles (38), situé au cœur de l’agglomération grenobloise, compte 430 licenciés et se trouve être l'une des plus grosses structures de la région. Il est géré par la famille Cœur, Sylvain instructeur, et son frère Cyril qui préside le Comité Départemental de l’Isère. Le confinement a nécessité une adaptation rapide, explique Cyril Cœur : "Nous avons 95 équidés dont la moitié appartiennent à des propriétaires. Nous avons mis tous nos chevaux et poneys de club au parc, mais il n’y a pas d’herbe, donc il faut les nourrir au foin. Nos deux palefreniers ont été mis en chômage technique, et nous faisons tout le travail avec nos trois enseignants. Il nous reste 55 chevaux à sortir ! Les propriétaires ont bien accepté la situation, et nous leur donnons des nouvelles par un groupe Facebook interne. Pour le moment tout va bien, mais il ne faudrait pas que ça dure trop longtemps !" Cyril Cœur a du gérer les nombreuses interrogations des clubs isérois. "Nous avons eu énormément d’appels, on a un mal fou à faire venir les clubs pour l’Assemblée Générale du CDE, mais là au moins on a vu que les clubs se souvenaient de nous ! Nous relayons toutes les infos fédérales, et le service de réponse téléphonique de la FFE fonctionne bien, même s’ils ne peuvent répondre que sur ce qui est de leur compétence. Le plus difficile a été le début avec cette période de flou sur l’accès des centres équestres aux propriétaires, ça a mis beaucoup de tensions, notamment avec des établissements plus tournés vers l’équitation d’extérieur, avec des propriétaires pas forcément licenciés. Il y a eu quelques contrôles de gendarmerie dans les centres équestres les premiers jours, mais plus à titre de conseil. Maintenant, tout le monde applique bien les directives. Mais il y a beaucoup d’inquiétudes sur la situation économique, et ce qui va se passer dans quelques mois. Perso, je conseille à tous les dirigeants d’utiliser la possibilité de prêt à taux zéro, c’est une belle opportunité ! Ce qui est important aussi c’est d’être solidaire. On va dire qu’on est des paysans : plus on a des coups durs, plus on bosse !"

 A l’autre extrémité de la région, Jean-Marie Laurent gère les Ecuries de la Dordogne dans la station thermale du Mont Dore (63). Lui aussi a du s’adapter en urgence. "Nous avons une petite structure avec 35 équidés. Je n’ai aucun propriétaire, donc plus de rentrée assurée puisque toute activité d’enseignement est arrêtée. J’ai mis mes deux salariés en chômage technique et nous nous occupons du club en famille. Nous travaillons beaucoup avec l’activité de la station du Mont Dore et le manque de neige en mars nous a aidés car nous avons reçu plus de vacanciers. C’est bien pour notre trésorerie mais ça va nous pénaliser pour le fond de solidarité car nous n’aurons pas de baisse de chiffre d’affaire sur mars. En revanche en avril, ça va être zéro ! Au niveau du CDE, j’ai été très sollicité par les clubs car il faut gérer une situation totalement inhabituelle ! Nous relayons les informations fédérales et leur conseillons de se servir des moyens donnés, fond de solidarité et prêt à taux zéro même si ça demande aux dirigeants de clubs de mettre le nez dans la paperasse, à un moment où ils sont aussi très occupés par les soins aux écuries. J’incite aussi les dirigeants à développer les contacts avec les mairies pour trouver des solutions pour la mise au pré des chevaux. J’ai eu beaucoup d’appels les premiers jours suite aux mouvements de propriétaires dans des clubs. La gendarmerie est venue faire des passages dans les centres équestres, mais c’est resté des visites de courtoisie pour s’assurer que tout se passait bien!

Cyril Cœur, Jean-Marie Laurent, comme tant d’autres, attendent désormais des réponses de la FFE et de différentes instances comme la Région, qui en Auvergne-Rhône-Alpes est à l’origine d’un plan Cheval. A suivre !