Les unités montées en action
lundi 13 avril 2020

La Garde Républicaine à Montmartre
La Garde Républicaine à Montmartre © F. Garcia - SIRPA Gendarmerie

Depuis quelques jours, dans les rues de la capitale, désertées par les piétons et les touristes, le bruit des sabots a avantageusement remplacé celui des véhicules et deux roues, pour le plus grand plaisir des riverains qui inondent les réseaux sociaux de clichés inattendus…

La Garde Républicaine

Le chef d’escadron de la Garde Républicaine, Pierre Lamarre, a accepté de répondre à nos questions.  

En quoi consiste votre rôle en cette période de confinement?

La Garde républicaine a adapté son service en combinant le respect des mesures gouvernementales de protection de la population, et la nécessaire continuité du service au sein de la Gendarmerie, et particulièrement des missions de sécurité au profit de la présidence de la République, de la primature, et des assemblées.

Le service des unités de la garde républicaine a été aménagé pour limiter au maximum les contacts physiques entre les membres de la Garde, et systématiser les « gestes barrière ». Par exemple, les unités équestres fonctionnent par roulement d’équipes qui ne se croisent pas aux mêmes horaires dans les mêmes lieux, et avec une désinfection globale du matériel entre deux équipes. Les patrouilles se sont intensifiées, en renfort de la Préfecture de Police de Paris.

Quels sont les effectifs en personnel et chevaux mobilisés ?

Le régiment compte environ 500 cavaliers. Le régiment de cavalerie compte des chevaux répartis sur le quartier des Célestins et le quartier Carnot, affectés dans quatre escadrons ainsi qu’à la fanfare de cavalerie. D’autres chevaux sont au Centre d’instruction de la cavalerie de Saint-Germain en Laye, et une cinquantaine dans les postes à cheval répartis sur le territoire français. Au total, en enlevant les chevaux qui sont au débourrage, à l’instruction, ou en préparation pour divers services, ce sont un peu plus de 200 chevaux qui sont disponibles pour assurer des missions de sécurité publique sur tout le territoire.

A Paris, 20 patrouilles sont déployées sur l’ensemble de la journée pour un effectif d’une cinquantaine de chevaux et cavaliers (Vincennes, Boulogne, et secteurs de Montmartre, Quais de Seine, Hôtel de ville, Bastille, Champs-Élysées, Champ de Mars, etc...). Ces effectifs sont déployés en renfort de la Préfecture de Police de Paris, mais aussi en dehors, à Marseille, Chambord, Le Lion d’Angers, Chantilly, Compiègne, Achères, Rambouillet, Saint-Nom la Bretèche, Saint-Chéron et L’Isle-Adam. D’autre part, le régiment de cavalerie déploie plus d’une quarantaine de chevaux sur tout le littoral, apportant son concours aux unités de la Gendarmerie départementale. Entre le 21 et le 24 mars, 7 postes à cheval ont été ouverts à Etretat (76), Dol-de-Bretagne (35) Saint-Jean-de-Monts (85), Neufchatel-Hardelot (62), Fort-Mahon-Plage (80), Courseulles-sur-Mer (14) et Erdeven (56). 

Quelles sont leurs missions ?

Que ce soit sur Paris ou ailleurs, les missions confiées aux patrouilles à cheval de la garde républicaine consistent en la protection des populations, la prévention des actes de malveillance ou de délinquance, tout en entretenant un contact étroit avec les français, favorisé par l’image positive et douce du cheval. Les messages de prévention et la pédagogie peuvent être dispensés à tous. Depuis quelques jours, une attention particulière est portée au respect des mesures de confinement ; si le garde républicain fait toujours œuvre de pédagogie et agit avec discernement, l’action des patrouilles sera tournée vers une stricte application des consignes des Ministères de l’Intérieur et de la Santé, pour le bien de tous. Le but recherché par la Gendarmerie nationale et la garde républicaine est de soulager au maximum le personnel soignant, en faisant respecter des mesures de confinement, qui, à terme, permettent de désengorger les services médicaux.

L'unité équestre de la police de Seine-Saint-Denis

Pascal Leborgne, à la tête de cette unité depuis sa création en 1994, l’explique, « les 36 policiers et leurs 20 chevaux sont régulièrement appelés sur des actions de service d’ordre dans le département de Seine Saint Denis pour intervenir sur des violences urbaines, mais aussi lors d’événements d’envergure, autour du Stade de France lors de matchs à risques, ou à Paris, notamment sur les Champs Elysées. Le 1er décembre 2018, lors d’une journée particulièrement agitée par le mouvement des gilets jaunes, l'unité équestre de la police de Seine-Saint-Denis avait même « libéré » la Gare Saint Lazare. »

Depuis le début de la crise sanitaire et du confinement, le champ d’action de l’unité a été élargi. « Nous assurons la sécurité des Champs Elysées ou du Trocadéro, comme d’habitude, mais aussi des berges, des canaux, des forêts et de tous les espaces verts. Nous patrouillons également dans les parcs et jardins parisiens, actuellement interdits au public, afin de verbaliser les personnes qui enfreignent les règles de confinement. » Pascal Leborgne et ses équipes observent pendant le week-end un nombre plus important de personnes à l’extérieur mais l’admet « ils obtempèrent plutôt de bonne grâce quand nous leur demandons de quitter les lieux, sauf exception, car nous avons du avoir recours au gaz lacrymogène pour déloger certains individus récalcitrants. » 

Au quotidien, 10 des 20 chevaux sont déployés sur les divers points d’intervention, car Pascal Leborgne a pris soin de ménager une partie des fonctionnaires auxquels il a accordé des congés pour assurer une réserve opérationnelle. Il le confie, « la délinquance sur la voie publique est en légère régression, mais elle s’adapte. Récemment, des individus ont par exemple fracturé les buvettes du Parc Régional de la Courneuve. Nous avons réorganisé nos services de plaintes entre autres, et nos effectifs sont sur le terrain. Notre rôle s’adapte aux besoins. » Pascal Leborgne anticipe d’ores et déjà des difficultés croissantes à faire respecter l’ordre si les conditions météo estivales se maintiennent !