Animal Art Paris, déjà la 9e édition
mercredi 06 novembre 2019

Animal Art Paris
Le caribou de Julie Salmon qui illustre l’affiche cette année. © Coll

Les passionnés d’animaux en général vont apprécier ce salon qui mélange des styles, des techniques, des points de vue très différents. Emotions garanties autour des œuvres d’une cinquantaine d’artistes. Animal Art Paris (15-17 novembre 2019) est encore accueilli à l’hippodrome d’Auteuil à Paris, mais cette fois-ci au premier étage de la tribune publique (entrée principale), sur près de 1000 mètres carrés. Un des rares salons d’art animalier en France, organisé par Jean-Christophe Barbou des Places. Rencontre avec ce passionné.

L’Eperon : Jean-Christophe Barbou des Places vous organisez la 9e édition d’Anima Art Paris. Expliquez nous le concept ?

Jean-Christophe Barbou des Places : C’est un salon qui trouve sa place auprès des exposants et du public. Il est centré sur l’art animalier avec une composante autour de la chasse et de la nature. L’idée c’est de redonner aux artistes animaliers et au public amateur et collectionneur un salon dédié. Depuis 2011, on se bat pour que les meilleurs artistes, peintres, sculpteurs, photographes et aussi les artisans d’art se fassent connaître et vendent leurs œuvres. L’arrivée des artisans d’art est plus récente. Leur présence a débuté avec une plumassière, Georgine Glanzer. Depuis trois ans, nous avons aussi un bijoutier lyonnais, Jean-Luc Scaglia. Les catégories d’animaux les plus représentés, sont les animaux sauvages d’Europe. Mais il y a aussi beaucoup d’animaux d’Afrique et également des chevaux.

Quelle est la part du cheval dans cette exposition vente ?

J-C. B.d.P. : Paradoxalement, alors que le salon se déroule à l’hippodrome d’Auteuil, le cheval n’est pas majoritaire. Le cheval est très difficile à représenter aussi bien en dessin qu’en sculpture. Il y a des spécialistes qui sont déjà venus comme le sculpteur Frédéric Jaeger, Hubert de Watrigant, Marine Oussedik, Isabelle Maury, Michel Charrier. Cette année, nous aurons notamment Marguerite Breguet, Olivier Jouanneteau.

Des nouveaux venus en général et sur le thème du cheval ?

J-C. B.d.P. : Cette année, nous avons douze nouveaux artistes comme Lise Bellavoine, Anne Dussaux, Caroline, Basuyau, Michel Audiard qui présentera une Diane de deux mètres de haut, Sylvain Binet, le fils du père des Bidochon qui présente des animaux humaniser, des jeunes qui présentent un travail de sculpture sur le cheval, Axel et Manon. 

Comment sélectionnez-vous les artistes ?

J-C. B.d.P. : Les artistes nous contactent via les réseaux quand ils cherchent des endroits où exposer. Je fais attention à la sélection des artistes, car l’idée est de montrer du beau travail pour qu’il soit acheté. La sélection se fait à travers une présentation de l’artiste de son parcours et de son travail. Puis, c’est le salon qui donne le verdict. Pendant le salon, ils peuvent être repérés par des galeries. Contrairement au salon de Bry-sur-Marne, notre salon accueille aussi des artistes qui montrent la vraie vie, y compris la chasse.

Comment voyez-vous évoluer ce marché de l’art animalier ?

J-C. B.d.P. : De plus en plus de galeries exposent de l’art animalier, surtout en sculpture. Les collectionneurs se tournent plus vers la sculpture. Pour la peinture, c’est plus l’aspect décoratif qui intéresse l’acheteur. Mais, quand on regard l’histoire de l’art, l’art animalier a toujours été déconsidéré, sauf dans la période des années 30, l’époque de Pompon, Jouve… le groupe des douze, qui a monté des expositions d’art animalier. Aujourd’hui, je ne sais pas comment va évoluer ce marché. J’ai référencé plus de 1200 artistes animaliers en France, essentiellement. Nous ne sommes pas aidés par la presse qui ne s’y intéresse pas. La médiatisation ne se fait que pour les artistes hyper connus ou les grandes expositions. Aujourd’hui, il y a une espèce de snobisme autour de l’art aux dépens de l’art animalier. Pourtant, dans ma galerie je vois les gens passer et s’extasier. Je pense qu’avec notre salon nous avons fait un peu bouger les choses.

Quelles sont vos difficultés comme organisateur d’exposition d’art ?

J-C. B.d.P. :Nous n’avons pas d’autres ressources que celle des artistes qui paient pour exposer, il s'agit de 80% de nos ressources. Le financement de ce salon est la principale difficulté. Sinon, c’est du bonheur d’organiser ce salon et voir le bonheur des gens qui viennent. Il y a une ambiance, les visiteurs discutent avec les artistes. Les artistes connaissent très bien la nature et apportent beaucoup de fraicheur. Nous avons la chance d’avoir tout le temps des jeunes artistes qui exposent et qui utilisent ce salon comme un tremplin.