Christian Hirlay s’expose à la Galerie Anagama de Versailles
vendredi 27 mai 2022

Christian Hirlay et une de ses œuvres exposées dans la galerie Anagama à Versailles
Christian Hirlay et une de ses œuvres exposées dans la galerie Anagama à Versailles © Claude Bigeon

La Galerie Anagama, située à Versailles (78), accueille jusqu’au 26 juin une vingtaine de sculptures de Christian Hirlay, dont une majorité sur le thème du cheval. L’artiste, installé dans le Berry, est un homme de cheval qui utilise sa passion et son talent pour magnifier la plus belle conquête de l’homme… et de la femme.

Son matériau de prédilection ? Le métal, et notamment l’acier corten qui vieillit si bien en extérieur. Pour cette nouvelle exposition à Versailles, dans cette galerie avec laquelle il collabore depuis plusieurs années, Christian Hirlay propose des petits formats, où les pleins et les vides sont maniés avec son habileté et son œil entraîné, pour le plaisir des amateurs d’art (cavalier ou non). « Les plus anciennes datent de 2019 et la plus récente est un âne inspiré de l’ânesse Modestine de Stevenson, Voyage avec un âne dans les Cévennes. C’était un âne facétieux qui portait les bagages de Stevenson », lance Christian Hirlay lors du vernissage de l’exposition le 15 mai dernier. On voit ici ses sculptures évoluer vers plus de légèreté avec l’idée d’être « au plus proche d’un dessin et de la vivacité du croquis. La difficulté, c’est de faire simple. » Par exemple, L’Écuyer, se limite à la ligne du dos du cheval et celle du cavalier. « C’est un peu comme un souvenir. On suggère juste un mouvement. C’est un début de galop. Mais, je n’aime pas que cela soit trop dirigé. » Dans un angle de la galerie, on ne voit apparaître que l’avant-main d’un cheval imaginé par Christian Hirlay, en lien avec une photo prise à Rambouillet en 1912. Louis-Ferdinand Céline incorporé dans le 12e Cuirassier de Rambouillet avec un demi-sang alors qu’il avait peur des chevaux.

Les têtes de chevaux sont assez présentes dans l’univers de ce sculpteur. Les expressions y sont très claires. Oreilles pointées… « Quand on regarde vraiment les têtes de chevaux, c’est comme les têtes des humains, elles sont toutes différentes. Outre la race, le type et l’âge, elles expriment des choses différentes. Gaîté, tristesse… J’essaie de raconter des choses à travers ces têtes. Alors, il y a le côté graphique avec beaucoup de matière ou pas. Mais, ça transmet un sentiment. » D’autres chevaux montrés dans leur entièreté gambadent non loin. L’un trotte, l’autre est plus libre, joyeux, au pré ou au paddock. La genèse d’une sculpture ? « C’est une envie comme ça. Ce n’est pas très organisé. Mais, ça part toujours d’un dessin, d’un croquis. L’idée, c’est de ne pas savoir ce que cela va être. J’aime bien garder un côté hasardeux, expérimental. » Il s’approprie le métal comme s’il travaillait avec du papier qu’il colle, comme s’il rajoutait des touches de terre. Le métal, c’est du solide et son travail est inscrit dans le marbre grâce à ce matériau qu’il sait modeler. Se faire plaisir, se renouveler et prendre le cheval comme prétexte : voilà le moteur de Christian Hirlay. « Mon but ? Que mes sculptures ne plaisent pas qu’aux gens de chevaux. »

S’il expose en ce moment à Versailles, ses sculptures seront aussi visibles à Botanik’Art à Granville (4-6 juin), lors du concours de dressage organisé par Martine Guerlain à la Ferme de Corbet aux Bréviaires (23-26 juin), et lors de La Grande Semaine de Fontainebleau (26 août-4 septembre).