Fascinante Garde républicaine
vendredi 18 septembre 2020

Le régiment de cavalerie de la Garde républicaine
Le régiment de cavalerie de la Garde républicaine

L'équitation, l'histoire, l'esprit, les traditions et les détails sur les tenues de parade. "Le régiment de cavalerie de la Garde républicaine" se dévoile et s’explique, en majesté ou en toute discrétion, mais toujours avec élégance.

Le défilé du 14 juillet sur les Champs Elysées, tout le monde connait, mais le reste de l'année, que font-ils ? Le garde Patrick Boissier, pédagogue érudit, nous ouvre les coulisses et les facettes de leurs fonctions : le strict cérémonial de l'Etat, les défilés officiels, la sécurité dans les rues, les vignes, les forêts et les parcs ostréicoles. 550 cavaliers (dont un tiers de cavalières !) sont fiers de pérenniser la tradition d'un régiment de prestige. La vision interne de Patrick est servie par l'oeil extérieur du photographe Pascal Baril. S'il n'est pas cavalier, il met en scène avec esthétique les casernes historiques à Paris et à Vincennes ; l'étonnant manège à l'armature Eiffel (restauré par Hermès et Eiffage), les immenses écuries et un travail quotidien parfois original selon les jours, sans parler des câlins entre le garde et sa monture.

Des chevaux hors normes

Recrutés sur concours, les militaires - gendarmes au demeurant - apprennent l'équitation de haute école et s'occupent de leur cheval sans palefrenier. Sélectionnés en Normandie à 3 ou 4 ans, ces hongres toisent 1,65 m au garrot, ont un gabarit porteur, un bon pied, le caractère équilibré et le sang froid pour appréhender le bitume, les bruits, les sorties nocturnes, le feu, l'agitation de la foule et des voitures… tous les troubles auxquels on les apprivoise peu à peu. Puis ils acquièrent endurance et solidité, après un débourrage suivant la méthode Blondeau, basée sur la confiance. Les Selle Français sont complétés par des Percherons « timbaliers », qui portent d'énormes batteries et sont guidés par des rênes fixées aux étriers du cavalier. Certains forment le bataillon sportif spécialisé en dressage et concours complet, d'autres excellent dans les figures du carrousel, les démonstrations en tandem ou la « reprise des 12 » en costume Louis XV. Tous les jours, c’est le même refrain : cuirs et cuivres impeccables, respect des traditions, souci du détail parfait à l’image du damier dessiné sur la croupe lors des cérémonies officielles. Ils défilent au trot enlevé, ce qui n'empêche pas les musiciens de la fanfare de souffler dans leur instrument !

Les gardes… mais pas que !

Dans cet esprit, à côté des vétérinaires et des maréchaux s'affaire un bataillon d'artisans d'art sans équivalent. Ils façonnent les casques, les houppettes, les plumets, les sabres, ils soignent les selles. Tout est fait maison, sauf les bottes façonnées sur mesure chez Weston. Chaque couleur, chaque insigne a un sens, une explication, un symbole historique qui nous est expliqué.

À la fin de leur carrière, à partir de 16 ans et jamais au-delà de 18 ans, les chevaux quittent la Garde. Avant ils finissaient à l'abattoir. Maintenant ils sont répartis dans des familles choisies par contrat où ils coulent des jours heureux en troupeau au pré, grâce à l'association Lyne Guéroult qui les entretient joliment.     

"Le régiment de cavalerie de la Garde républicaine", de Patrick Boissier et Pascal Baril ; coll. Patrimoine chez Glénat. 192 pages. 35€.