L'Institut de France reprend la main sur le domaine de Chantilly
samedi 18 janvier 2020

Domaine de Chantilly
Le prestigieux domaine classé et qui comprend le château et les collections d'art (2e après celles du Louvre), le parc, la forêt et les Grandes écuries avec le musée et les spectacles équestres s'étend sur 7000 hectares © Jean-Louis Aubert

Après le retrait du Prince l'Aga Khan de la Fondation pour la sauvegarde et le développement du domaine de Chantilly, l’Institut de France nomme Christophe Tardieu à la tête de la Fondation pour piloter la transition.

Créée en 2005, à l’initiative de Son Altesse l’Aga Khan, la Fondation pour la sauvegarde et le développement du domaine de Chantilly réunit le château de Chantilly, son parc et ses jardins ainsi que les Grandes écuries, qui abritent le musée vivant du Cheval. A sa création, la Fondation s’est vu confier par l’Institut de France la gestion de ce patrimoine pour une durée de vingt ans. Le prince Karim Aga Khan a annoncé cette semaine se retirer de la fondation, l’Institut de France doit donc se réorganiser.

« Le Prince Aga Khan a 83 ans, sa famille ne souhaitant pas s'impliquer dans la Fondation pour la sauvegarde et le développement du domaine de Chantilly qu'il a fondé en 2005, l'Institut se réorganise. On a anticipé car on s'attendait à son retrait », expose Sybille de Gastines, directrice de la communiquation de l’Institut de France, en charge entre autre de la valorisation du patrimoine d’exception français.

La Fondation, qui avait été créée en 2005 pour 20 ans, a déjà complètement métamorphosé le prestigieux domaine classé et qui comprend le château et les collections d'art (2e après celles du Louvre), le parc, la forêt et les Grandes écuries avec le musée et les spectacles équestres. En tout, 7 000 hectares dont 350 à la charge de la Fondation. Depuis 2005 les chantiers se sont succédés sur chacun des éléments, suivant un dispositif public-privé très efficace. L'initiative et l'impulsion en reviennent au Prince, propriétaire d'une écurie de courses bien fournie, installée à Gouvieux, une commune contigüe à Chantilly. Rappelons que Chantilly et les villes voisines rassemblent une centaine d'entraîneurs de galop soit 3000 chevaux, autant d'équidés au sein des écuries de sport et le plus grand centre de polo européen à Apremont.

Chaque chantier bénéficie d'un tour de table différent selon les objectifs et le lieu, mais tous les partenaires, Etat, Région, Département, communauté de Communes et mécènes sont d'accord « pour une restauration ambitieuse, respectueuse de l'Histoire, pratique et contemporaine, donc économe en énergie et facile à vivre ou à entretenir », souligne Pierre-Antoine Gatier, architecte-en-chef des monuments historiques qui suit Chantilly. En même temps, chaque étape contribue à renforcer l'identité visuelle en blanc et vert anglais et doit mettre en scène la majesté du site. « On a commencé par moderniser l'hippodrome géré par France Galop (23,4 millions) en agrandissant les tribunes, les services et les pistes, sans compter les nouveaux accès routiers et les parkings paysagers ouverts en forêt en toute discrétion. » Depuis, le nombre de journées de courses a triplé et Chantilly accueille une magnifique étape du Longines au coeur de l'hippodrome, sur la piste Meautry financée par Edouard de Rothschild.

Des investissements supérieurs à ce qui était prévu

La fondation envisageait d'investir 70 millions à la base, l'objectif est largement dépassé avec la création du nouveau musée, la restauration du dôme et des moyens techniques pour les spectacles. Il faut citer également la réfection du Jeu de paume qui abrite des expositions temporaires, celle du hameau et la restauration des jardins et des jeux d'eau initiés par Le Nôtre (ils sont animés en circuit fermé par soucis d'éocnomie). Son Altesse le prince Aga Khan, très attaché au Domaine de Chantilly, a également attiré nombre de mécènes privés qu'il a su convaincre, spécialement des Etats-Unis et il a fait construire l'hôtel 4* du Jeu de Paume en lisière du jardin, pour apporter des ressources à la fondation.

Le nouveau vice-président délégué, Christophe Tardieu, a été nommé le 20 décembre. Il sera confirmé dans six mois, avec pour mission de conforter la Fondation, de trouver de nouvelles ressources et d'ajuster la gestion... Mais l'Institut ne se prononce pas sur les chiffres des challenges qu'il doit relever. Christophe Tardieu était directeur du Centre national du cinéma et il a maîtrisé le même type d'enjeu quand il était gestionnaire du château de Versailles, auprès de Christine Albanel.