L’épopée du petit cheval blanc
mercredi 29 mars 2006

serko B
Ph. Matthieu Paley / Corbis

Dès aujourd’hui, quelques salles de cinéma auront la bonne idée de diffuser Serko, film de Joël Farges, tiré du roman d’aventure de Jean-Louis Gouraud, avec Alexei Chadov et Jacques Gamblin.

Très loin des road-movie à l’américaine, Serko est une jolie histoire d’amour entre un jeune garçon russe et un petit cheval amourski (originaire de la région du fleuve Amour). Pour sauver le troupeau équin des Evenks, peuple semi-nomade de Mandchourie, Dimitri s’élance au début de l’hiver sur le chemin de Saint-Pétersbourg avec sa robuste monture, Serko. 9 000 km, de la Russie extrême-orientale à la noble ville des tsars, deux cents jours sous la neige, sur la glace, dans le froid le plus mordant. Le couple affronte les épreuves incontournables d’un chemin initiatique, avec candeur et maladresse. La beauté d’âme de Dimitri et la fidélité de Serko nous plongent dans un film onirique et poétique. Les magnifiques paysages et le juste jeu des acteurs feront oublier aux cavaliers quelques invraisemblances ou quelques manques dans le scénario.

Alexei Chadov tient le rôle-titre et pourtant, a commencé son initiation à cheval trois mois avant le tournage. Le comédien fait illusion tout comme Fée, Prométhée et Kokan, les trois équidés gris qui se sont succédé pour jouer Serko. Le réalisateur les a trouvés en Russie, mais ils ne sont malheureusement pas des amourskis, race de Mandchourie aujourd’hui disparue.Ce mercredi Serko et Dimitri sont face à une nouvelle épreuve : les blockbusters américains qui sortent en même temps dans les salles obscures, espérons que le public donnera sa chance à ce joli petit film.

Légende photo: Après la glace, Serko affronte aujourd'hui le feu : Sharon Stone et son Basic Instinct 2 ! Photos par Matthieu Paley / Corbis