Le « Germinal » de Sylvain Post
mercredi 03 octobre 2007

chevaux de mine-couverture
chevaux de mine-couverture

Les chevaux de mines ont-ils été maltraités, malheureux, aveugles? Sylvain Post dans un très beau livre sorti le 1er septembre, revient sur ces préjugés et replace le cheval de mine à sa juste valeur : indispensable, tirant le rendement et l’homme vers le progrès.

On connaissait les conditions de vie des mineurs grâce à des livres puis des films, on en savait moins sur les situations de travail et sur la vie des chevaux à cette époque, artisans pourtant principaux du travail en mine. Dans Les chevaux de mine retrouvés un livre de 200 pages, Sylvain Post, fils de mineurs répare cette injustice. Sans renier la dureté physique de ce métier, l’auteur parle de la quantité exacte de travail fournie par les hommes et le cheval, explique pourquoi les compagnies ont du carburer à l’énergie musculaire en pleine révolution industrielle et replace le cheval en tant que collègue de travail plutôt qu’en tant qu’esclave. Il ne faut pas oublier « qu’en 1936, le cheval de mine obtient deux semaines de pâture lorsque le mineur a le droit à ses premiers congés payés. » rappelle-t-il.

Illustré par des photos d’époque uniques et magnifiques alliées à celles de grands photographes tels que Yann Arthus-Bertrand (La Terre vue du ciel), le livre installe le lecteur dans un monde méconnu, rude et pourtant tendre, où la dureté de la profession était pallié par un véritable sens de l’entraide et de l’amitié.

Les drames et les accidents sont également évoqués. Dans un chapitre nommé « les lourds tribus », la plus grande catastrophe minière d’Europe qui provoqua 1099 morts le 10 mars 1906 dans les mines de Courrières (Nord Pas de Calais) est relatée. Voix d’un autre temps qui résonnent encore, les travailleurs parlent, racontent ce qu’ils ont entendu, les écrits de l’époque sont repris, la justesse du récit est bouleversante. « Un détail m’a frappé : on ne parle jamais du nombre de chevaux morts…c’est singulier car les mineurs aimaient bien leurs bêtes… » remarque Dr. Claude Amoudru, ancien médecin-chef des Charbonnages de France.Le livre se referme sur un poème en patois ch’ti de Jules Mousseron, une dernière note d’époque. « I va cahin-caha, souffle à perdre es’n haleine…. » Extrait de Fleurs d’en bas (1896).Le 31 décembre 2007, les Charbonnage de France cesseront d’exister, l’auteur rend alors un dernier hommage aux 10 000 chevaux mobilisés pour tracter les berlines du chantier d’abattage du charbon, à toutes les races de chevaux de traits issus des chevaux de mines (Trait Bretons, Ardennais de l’Est, trait du nord….) et à tous les travailleurs.

« Les chevaux de mine retrouvés », par Sylvain Post (Editions du Lion Couronné), diffusé par les Editions De Borée. Sortie en librairie : 1er septembre. Format 22 x 27 cm, 200 pages. Broché.Prix public : 29,90 eurosDisponible à la Librairie du Cheval 21 rue du sentier, 75002 PARIS. Horaire d’ouverture : Du lundi au vendredi de 10h00 à 18h00. Ou sur le site Cavalivres.com