Le Haras de Vauptain, six mois après l’incendie : « reconstruire pour les enfants »
vendredi 30 août 2019

Ferdinand Colonna et Trésor d’Ar Tropig
Ferdinand Colonna et Trésor d’Ar Tropig, la jument que sort sa fille Gladys © Claude Bigeon

Le 8 mars 2019, un terrible incendie dévaste la maison d’habitation du Haras de Vauptain à Buc où Mme Colonna perdra la vie. Son fils Ferdinand, aux rênes du Haras depuis la disparition de son père Louis en 2008 et de sa sœur Nathalie en 2003, poursuit l’œuvre familiale avec son épouse Sophie et ses trois enfants, Lorenzo qui entre en prépa véto, Gladys qui sort en Amateur Elite et Luigi le petit dernier. Retour avec Ferdinand sur ses dernières épreuves et l’avenir de cette structure historique basée dans les Yvelines.

Où en êtes-vous six mois après l’incendie ?

C’était une journée comme les autres, nous étions prêts pour la saison de concours et toute une histoire s’effondre sans savoir de quoi sera faite la suite. Mais nous sommes obligés de rebondir. La maison a subi de tels dégâts que nous allons la reconstruire à l’identique. La partie la plus ancienne, le moulin, date de l’époque du Château de Versailles. Nous sommes encore dans l’étude de la reconstruction, ce chantier devrait prendre trois ans. Pour l’instant nous allons remettre l’électricité dans tout le rez-de-chaussée de la maison qui accueille la sellerie et les ateliers.

Le Haras a pu conserver son activité autour des chevaux ?

Les écuries sont un peu éloignées de la maison, donc nous avons toujours continué à fonctionner. Même le jour de l’incendie, les chevaux sont sortis normalement.

Vauptain est-il un lieu d’élevage important ?

Nous avions un piquet de 25 chevaux de concours et 17 poulinières. Cependant, au moment du décès de Nathalie, nous avons réduit l’activité d’élevage. Elle continue, mais avec six poulinières et deux poulains par an. Ainsi actuellement, j’ai toujours six poulinières et six poulains de 1 à 3 ans. J’aime voir grandir les poulains, mais je veux qu’ils restent « cheval », sans trop de manipulations.

L’éducation ne facilite-t-elle pas le dressage ?

Je pense qu’il y a éducation et éducation. Je suis formateur de jeunes chevaux. Depuis les années 90, j’ai rencontré de très bons cavaliers. Finalement, je fais des chevaux que tout le monde peut monter mais que certains vont comprendre, des chevaux qui demandent de plus en plus de discrétion dans les demandes. Quand tout se passe bien, c’est un tel corps à corps, le regard suffit. On met des années à fabriquer un bon cheval, mais il suffit d’une minute pour le détruire.

Au sein de votre écurie de propriétaires, quelle est votre clientèle ?

Ce sont des amateurs qui tournent en saut d’obstacles, complet, dressage, équitation ibérique ou tout simplement de loisirs et tout cela cohabite plutôt bien. On a démocratisé l’équitation, mais beaucoup de gens ne devraient pas monter à cheval. Certains n’ont pas les moyens, d’autres sont trop fragiles et se font conseiller par des itinérants qui utilisent leur fragilité pour les rendre dépendants.

Quelle est votre motivation aujourd’hui ?

Réussir à reconstruire pour les enfants.