Le cheval à Paris aux XVIIIe et XIXe siècles
jeudi 22 février 2007

roche
Daniel Roche - Ph. Claude Bigeon

Vendredi 15 février, Daniel Roche, Professeur au Collège de France, cavalier amateur et spécialiste des chevaux des temps jadis, a tenu le public, invité par la Société historique et archéologique de Paris (3e, 4e, 11e et 12 arrondissements) la Cité, en alerte.

Le sujet : « Le cheval à Paris aux XVIIIe et XIXe siècles » nous replongeait au temps où les chevaux étaient au cœur du dispositif des transports, tout en gardant leurs spécificités traditionnelles liées aux usages des privilégiés, des militaires. Dès ces époques, Paris, capitale du pays, a besoin d’énergie, car c’est un grand centre de commerce et de transport. « Tous les usages des chevaux coexistent alors à Paris sauf la production, l’élevage, commente cet historien, auteur de plusieurs ouvrages sur le cheval (Voitures, chevaux et attelages du XVIe au XIXe siècles, Les écuries royales du XVIe au XVIIIe siècles). C’est à Paris que l’on perçoit ainsi la transformation du rapport aux chevaux. On passe du cheval monture aristocratique à une utilisation générale, ainsi les modèles de chevaux se diversifient pour satisfaire des usages différents. » La circulation et l’économie marchande sont gourmandes en chevaux. Ainsi la croissance a été importante pour arriver « à 78 800 chevaux (soit un cheval pour 30 habitants) en 1880 ». A cette époque, « les trois quarts des chevaux sont des chevaux de trait et 20 000 véhicules hippomobiles de tous modèles circulent. C’est l’apogée de la circulation hippomobile. Pour nourrir tous ces chevaux, le ravitaillement en fourrage provient des grandes cultures céréalières proches de l’Ile-de-France qui récupèrent en guise d’engrais le fumier. L’approvisionnement en eau est problématique et se fait en grande partie en faisant boire les chevaux dans la Seine. » Le début du XXe siècle marquera le début du déclin des chevaux à Paris. En 1912, on redescend à 50 000 chevaux. Le moteur prendra peu à peu la place. Mais, il y a cinquante ans de cela des Parisiens se souviennent encore du livreur de lait qui tirait son chargement avec un cheval. Voilà une époque qui semble bien révolue, même si le cheval retrouve une toute petite place en ville, notamment dans des tâches liées aux espaces verts.

Photo de Daniel Roche par Claude Bigeon