Les Canons de l’élégance au Musée de l’Armée
mercredi 27 novembre 2019

Exposition Les Canons de l'élégance au Musée de l'armée
Les Canons de l'élégance au Musée de l'armée, une exposition à découvrir jusqu'au 26 janvier © Claude Bigeon

Programmée jusqu’au 26 janvier, au Musée de l’Armée à Paris, aux Invalides, l’exposition « Les Canons de l’élégance » retrace à travers plus de deux cents objets, du XVIe à nos jours, cette volonté des militaires de se mettre en valeur à travers leurs uniformes, leurs armes, leurs équipements.

« Pour se distinguer des civils et afficher leur fierté de porter les armes, les soldats ont toujours été attachés à la beauté, la qualité et la richesse de leurs armes et parures qui marquent leur statut autant qu’il servent leur métier. Broderies, orfèvrerie, travail du cuir, de l’émail et de l’ivoire, galons, plumes témoignent aussi de la transmission de savoir-faire ancestraux, » voilà un résumé de la présentation de cette exposition imaginée par les conservateurs du Musée de l’Armée dont Olivier Renaudeau, conservateur en chef au Musée de l’Armée chargé de la collection ancienne. Parmi ces objets quelques uns ont une vocation équestre comme ce harnachement de Mamelouk (voir vidéo). Dans une autre salle, celle qui concerne le cuir, on peut apprécier deux selles anciennes, une selle anglaise d’apparat recouverte de velours rouge, une selle d’arme recouverte de cuir blanc et une bride à la hongroise.

« C’est une exposition qui concerne le luxe militaire et montre que cela correspond à des usages et de temps en temps des alcôves thématiques permettent de découvrir les matériaux comme l’ivoire, l’émail, l’or et l’argent, la broderie et une salle dédiée au cuir avec quelques pièces de sellerie », explique Olivier Renaudeau. « Nous présentons une bride à la Hongroise de la Restauration, une selle à piquet à la Française en cuir blanc et une selle d’apparat d’officier général recouverte de velours rouge, la couleur de l’apparat militaire, qui date de la IIIe République. A la fin du XIXe siècle donc très peu de temps avant la Première Guerre mondiale, on voit que les fastes militaires ont perduré assez longtemps. Cela parait un peu anachronique quand on connaît les conditions de la guerre pendant le Première Guerre mondiale. La selle d’arme présentée était celle des officiers entre la fin du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe siècle qui sont des selles en cuir blanc. C’est un modèle de selle que l’on a continué à utiliser longtemps et que je crois que l’on utilise encore au Cadre noir de Saumur. C’est la selle à piquet à la Française, en fait inspirée des modèles du XVIIe siècle. Cette selle d’arme possède un arçon, c’est-à-dire la partie avant de la selle comme on l’appelait à l’époque, qui protège le pubis. Toute la partie avant de la selle est une protection supplémentaire pour les cuisses et le pubis du cavalier. Cette partie avant de la selle est assez haute, puis elle sera remplacée plus tard par ce que l’on appelle le pommeau aujourd’hui. Les étriers à plancher rond sont des étriers de cavalerie lourde. La bride est une bride à la Hongroise, c’est-à-dire elle fait partie de ces brides d’origine plus ou moins orientale. Ce genre de bride était utilisée pour la cavalerie légère. Un des éléments spécifiques de cette bride à la Hongroise, c’est la sous-gorge avec ce fameux croissant pendu qui sert en quelque sort de licol intégré puisque l’on peut ainsi attraper cette partie-là pour mener le cheval à la main. Cette bride est issue des contacts entre l’Empire Ottoman et les hussards hongrois. A partir du XVIIe siècle, beaucoup de pays européens se sont dotés de régiments de cavalerie légère qui étaient équipés à la Hongroise. Cette bride date de la Restauration, dans les années 1820-25. En général, la cavalerie légère est équipée à la Hongroise et la cavalerie lourde à la Française. Toutes ces traditions équestres ont été balayées par la prédominance à partir du milieu du XIXe siècle de l’équitation à l’anglaise. » Voilà une présentation par un expert du Musée de l’Armée de ces pièces équestres visibles dans cette exposition qui intéressera tous ceux qui s’intéressent au patrimoine culturel.

Musée de l’Armée, Hôtel national des Invalides, 129 rue de Grenelle, 75007 Paris, tél. : 01 44 42 38 77, musée-armee.fr 

Horaires : tous les jours de 10h à 17h.

(Si vous rencontrez des difficultés pour lire la video, cliquez ICI)