Les prix Pégase 2020
lundi 12 octobre 2020

Les lauréats avec Stéphane Béchy, Jérôme Hallier, Colonel Patrick TEISSERENC, Écuyer en chef du Cadre noir de Saumur, Hilde Hfmann Reynaldo, Patrick Franchet d'Espèrey, Sophie Bienaimé, et le Colonel Gabriel CORTES, Commandant du régiment de cavalerie de la Garde Républicaine © Béatrice Fletcher

Depuis 1989, l'Académie littéraire Pégase, créée par Guillaume Henry, instructeur, auteur et éditeur, récompense chaque année le Prix Pégase (en partenariat avec le Cadre Noir de Saumur), et depuis 2005 le Prix Cadre Noir de la Recherche, qui met en lumière un ouvrage contribuant à la diffusion de la culture équestre.

La cérémonie de remise des prix, qui se tient habituellement au sein du Cadre Noir de Saumur, venait cette année clore le colloque sur le Cheval et ses Patrimoines au théâtre de Fontainebleau. Le prix Pégase est donc décerné cette année à Jérôme Hallier pour son ouvrage « Briller pour les vivants », l'histoire du baron Nishi, paru chez Flammarion, qui relate la vie du japonais Takeichi Nishi, (dit le baron Nishi), né au début du XXe siècle dans une famille traditionnelle, champion olympique de saut d’obstacles en 1932, notamment son enfance solitaire et violente, ses frasques à Hollywood et son amitié avec son cheval Uranus jusqu’à sa chute à Iwo Jima en 1945. L’auteur, titulaire d'un master de sciences politiques, qui parle le japonais après avoir vécu au cœur de l’Empire du Soleil levant pendant cinq ans, publiait son premier roman « Les portraits sonores du docteur Léon Azoulay » paru en 2017 chez Flammarion, et vit actuellement en Allemagne où il travaille chez Nintendo dans les jeux vidéo. Il confie avoir une passion pour l’écriture, et avoir hérité ce lien avec les chevaux de sa famille, très impliquée dans les courses. « Voilà trois ans, lorsque je recherchais un sujet sur les Jeux Olympiques de Tokyo, je me suis souvenu du Baron Nishi qui fait une apparition dans le film de Clint Eastwood en 2006 (Lettres d’Iwo Jima). C’est un personnage intéressant, ambivalent, avec un caractère très trempé, assez violent, et excellent cavalier, qui a réussi à vaincre ses démons et à devenir humaniste grâce à sa rencontre avec les chevaux. Il est aussi l’unique japonais à avoir remporté une médaille olympique. » En projet, pour Jérôme Hallier, un troisième roman sur les débuts de l’automobile, qui le confie « c’est un plaisir d’apprendre de nouvelles choses en écrivant.  Ce prix est un immense honneur, surtout cette année où il s’est passé tant de choses, notamment le confinement qui a frappé la France trois jours après la sortie du livre. C’est un prix prestigieux, quand on liste les lauréats à l’image de Jérôme Garcin, qui a été récompensé par son ouvrage L’Ecuyer mirobolant (paru en 2010 chez Gallimard ndla), qui m’a beaucoup inspiré, et a écrit de nombreux articles sur le baron Nishi pendant le confinement. » 

Également récompensé par le prix Cadre Noir de la Recherche, l’ouvrage intitulé « Ephrem Houël », inventeur de la science hippique et créateur des premières courses au trot en France  (Editions du Rocher) de Jean Pierre Reynaldo, disparu en 2014, représenté par son épouse Hilde Hofmann, qui relate la vie et l’œuvre de cet officier des haras nationaux, à l’origine de la création au XIXème siècle de la race du Trotteur français et qui a révolutionné le monde des hippodromes. « J’ai édité ce texte après la disparition de mon mari » précise Hilde Hofmann, « il était passionné d’histoire du cheval et de l’art. C’était un artiste complet. Nous avons procédé aux recherches ensemble en 2010 à Saint Lô, à Torigni-sur-Vire où Ephrem Houël est né le 28 juillet 1807, à Montrabot où il est mort le 13 juin 1885, dans son château, sans trouver de traces de son histoire. Heureusement mon mari avait une bibliothèque énorme qui lui a permis de se procurer des informations. Parmi les manuscrits de mon mari, avant le texte sur  Ephrem Houël j’ai également finalisé un ouvrage intitulé « Le Trotteur américain », et un autre sur « Charlie Mills », un gentleman driver fascinant. » Hilde Hofmann souligne avoir été littéralement enchantée du travail des Editions du Rocher, dirigées par Jean-Louis Gouraud.    

Guillaume Henry passe la main 

Stéphane Béchy, secrétaire par intérim de l’Académie Pégase, le rappelle « comme chaque année, les livres sont proposés par des membres et sélectionnés par le secrétaire, à savoir Guillaume Henry. C’est toujours un challenge car la production littéraire est très diverse, entre des romans légers, d’autres plus consistants, et des livres techniques et de recherche. Nous faisons en sorte de mettre en lumière des ouvrages dans l’objectif de les promouvoir et de les proposer à la lecture du public. Six ouvrages ont été retenus, dont l’un sur le cheval Comtois. Le travail de recherche sur Ephrem Houël explique bien les enjeux multiples au XIXème siècle de la création de races en France pour assurer la remonte de la cavalerie, et en quoi les courses prouvaient l’excellence de l’élevage normand. L’Académie Pégase est un collectif très marqué par son fondateur Guillaume Henry, qui a souhaité en cette fin d’année 2020 passer la main de sorte que l’Académie se projette dans une nouvelle période. Nous avons convenu  de prendre du temps pour réfléchir à des évolutions, en espérant obtenir la participation de personnes motivées à ce travail de veille et de sélection qui exige à la fois du temps et des compétences. Certains de nos académiciens, proches du monde de l’édition, nous apportent un soutien précieux. Le leader du collectif sera nommé dans les mois à venir. »