Pour les plaisirs d’un dernier galop
jeudi 20 avril 2006

Cavalierseul
Cavalierseul

Après la séance de dédicace de Jérôme Garcin à La librairie du cheval la semaine dernière, pour son journal équestre, Cavalier seul, il était temps de commencer la lecture du dernier opus du plus littéraire des cavaliers, du plus équestre des auteurs.

Jérôme Garcin nous présente dès le préambule sa volonté de tenir non pas un journal intime, mais les chroniques de sa vie de cavalier, existence indissociable d’Eaubac, son Trotteur français si aimé. Au fil des lignes, l’auteur nous invite à pénétrer l’intimité de son couple équestre. D’une écriture sensuelle et ciselée, il nous plonge surtout dans un univers que nous connaissons si bien. Les odeurs de blé coupé et de cuir se mélangent ; le son des sabots sur le sable et des vagues des premières heures de la matinée sort du livre et nous berce pendant la lecture. On sent le contact des crins sur la peau et le souffle chaud jaillissant des naseaux dilatés par le galop. Un amoureux des chevaux doublé d’un passionné des mots, et surtout du bon mot, accouche de passages si justes et émouvants. La partition équestre atteint le point d’orgue dans les dernières pages qui donnent tout son sens au titre.Dans ses premiers mots, le cavalier nous explique ses débuts de diariste équin mais aussi les causes de son terme. « A mon insu, le cavalier épaulant chaque jour le greffier, je me suis pris au jeu et peut-être l’aurai-je longtemps prolongé si je n’avais décidé pendant l’été 2005, parce qu’il souffrait d’une arthrose précoce et avait bien mérité une retraite au grand air, de mettre Eaubac au pré, sous les arbres centenaires et protecteurs du pays d’Auge, où désormais il trotte sans moi et arrache de l’herbe riche sans compter. Déjà, il m’oublie. Moi, je me souviens de tout ce qu’il m’a donné. »Dès le départ le lecteur est prévenu, il entre dans la chronique d’un amour éphémère, aussi avais-je envie de tout lire sur Eaubac et ses deux dernières années d’écurie. Pourtant Jérôme Garcin a décidé de nous ouvrir la porte de sa vie de cavalier et d’homme du monde, littéraire entre autres. Certes les deux facettes du personnage ne font qu’un, pourtant, lire ses déjeuners avec Jean Rochefort et le colonel de La Porte du Theil, la programmation du festival de Cannes auquel il assiste, et ses après-midi avec Julien Gracq, laissent un goût de trop. Trop de gens connus, trop de grands personnages illustres, trop de mondanités, mais pas assez de cheval. C’est ainsi, les passionnés en voudront toujours plus (trop ?).

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