Test Event de Tokyo : le bilan un an avant les Jeux Olympiques
jeudi 29 août 2019

Test Event Tokyo 2019
Les installations équestres ont satisfait les délégations lors du Test Event à Tokyo © FEI/Yusuke Nakanishi

Au début du mois d’août avait lieu un Test Event pour permettre aux athlètes de découvrir le site qui accueillera les épreuves équestres lors des prochains Jeux Olympiques. Les délégations à avoir fait le déplacement étaient nombreuses, et parmi elles figurait la France.

Un an environ avant le début des Jeux Olympiques de Tokyo qui se dérouleront du 24 juillet au 9 août, et des Jeux Paralympiques du 25 août au 6 septembre 2020, était organisé dans la capitale japonaise un Test Event de concours complet dans le but de découvrir le site où se dérouleront les sports équestres. Les nations n’ont pas lésiné sur leurs délégations, l’Allemagne envoyant d’ailleurs le champion olympique en titre Michael Jung qui s’est imposé sur le CCI 3*-S organisé pour l’occasion (à lire ICI). L’Australie comptait elle sur Andrew Hoy et la Grande-Bretagne avait choisi William Fox-Pitt.

Du côté des Français, Sophie Duboourg (directrice technique nationale), Michel Asseray (directeur technique adjoint pour le concours complet) et Quentin Simonet (conseiller technique nationale et chargé de mission pour les Jeux Olympiques) s’étaient rendus de l’autre côté du globe. Pas d’athlète tricolore cependant, ce dû à l’organisation des championnats d’Europe pratiquement en parallèle. « C’était l’occasion pour nous de découvrir le site tant pour la délégation sportive que pour les accompagnants », a expliqué Sophie Dubourg.

Avant d’attaquer leur compétition, les chevaux voyageront de France pendant 16 heures « avec une escale technique à Dubaï (EAU). En amont du départ qui se fera de l’aéroport de Liège, les chevaux seront placés en quarantaine une semaine au sein de nos différents lieux de stage de préparation », explique la DTN.

Du sport de haut niveau

Il ne peut évidemment y avoir de Jeux Olympiques sans sport, et celui-ci a été au centre des discussions. Le sol qui est l’un des paramètres clés et ne peut être négligé, était toutefois « à la limite du ferme » lorsque sont arrivés les cavaliers, a dit William Fox-Pitt à Horse & Hound, cependant certain « qu’ils pourront ajuster pour chaque discipline ». Il apprécie également les divers sentiers de promenades présents autour de l’île.

Un aspect fondamental du concours complet est le cross, et pour ce test il sera nécessaire aux complétistes de changer d’écuries, ce qui avait déjà été fait lors des Jeux de 2008 à Hong Kong. Le Britannique est plus satisfait des efforts japonais : « les installations sont meilleures à Tokyo.Le trajet du parc jusqu’à l’île artificielle du cross a pris environ 45 minutes et les chevaux ont bien voyagé dans des camions de luxe climatisés ».

Les opinions divergent pourtant sur le parcours de cross. Si d’un côté Michael Jung ne semble pas avoir eu trop de difficultés, « C’était très bien, difficile mais faisable et je ne pense pas que ça sera un problème. Bien sûr vous devrez être bien préparés et en forme avant d’arriver ici, que ce soit le cheval ou le cavalier », William Fox-Pitt met lui en garde sur le début de l’épreuve. « Le cross a beaucoup de dénivelés, ce n’est pas aussi vallonné que Burghley, pas aussi plat que Badminton. La première minute est en montée et les débats étaient centrés autour du fait que dans ces conditions, les chevaux ne pourraient pas faire face à cela en plus d’un parcours de 10 minutes, si cette pente est maintenue, le parcours ne pourra durer que 8 minutes », a-t-il ainsi confié au magazine anglais.

Le climat :  le défi principal

Un gros point d’interrogation demeure : le climat. Staff français ou cavaliers, tous sont d’accord pour émettre des doutes et préoccupations à ce sujet. Pour Sophie Dubourg, « C’est le gros point noir. L’hygrométrie est très élevée. Les épreuves ont été programmées aux heures et conditions de l’année prochaine. Dans le contexte de ce test event, on a pu voir que c’était plus les cavaliers qui souffraient que les chevaux. Il va donc falloir préparer tout le monde à ces conditions peu habituelles pour nos cavaliers, chevaux, grooms et staffs », même si la climatisation, très présente -dans les écuries d’ailleurs- rassure.

William Fox-Pitt a lui aussi émis ses doutes à l’égard des températures qui l’ont surpris dès sa descente de l’avion : « la chaleur et l’humidité ont été un réel choc », a-t-il dit dans son entretien à Horse & Hound. Les grandes variations sont tout de même inquiétantes : « Il y a une différence entre un ressenti est de 41°C et 33°C. Il y a des conditions dans lesquelles un cross ne peut avoir lieu, donc il est possible que tout soit décalé d’une journée. Je ne sais pas s’il y a un plan en cas d’urgence, mais cela voudrait dire que notre CSO aurait lieu en même temps que le premier jour de pur saut d’obstacles ». Un autre point a été soulevé par le Britannique : l’alimentation, le foin dense et épais n’ayant pas convenu à tous les chevaux. « Plus de réflexion sera nécessaire à ce sujet ».

La santé du cheval au cœur des préoccupations

Le point central est donc le bien-être des chevaux. La FEI a d’ailleurs réalisé une étude à ce sujet lors du Test Event, examinant les temps de transport, les décalages horaires, chaleur, humidité et autres paramètres devant être pris en compte pour la santé de l’animal. Le but de cette étude est de conseiller et guider au mieux les athlètes et différentes fédérations nationales, les compétitions équestres ayant aujourd’hui lieu dans le monde entier, et également dans le but de préparer au mieux les prochaines Olympiades.

Tous les acteurs présents lors de ce Test Event ont tenu à souligner les efforts mis en place pour le refroidissement et la récupération des chevaux, surtout à l’issue du cross. « Il faisait chaud mais ce n’était pas vraiment un problème, tout est fantastique ici », a dit Michael Jung à l’issue de son parcours. « Les installations de refroidissement étaient excellentes », a ajouté Andrew How. Le vétérinaire de la FEI Goran Akerström a lui-même approuvé ce qui avait été mis en place : « Tous les chevaux ont très bien récupéré après le cross malgré les conditions difficiles et sont de retour chez eux dans les écuries climatisées à Baji Koen en train de se reposer pour l’épreuve de saut d’obstacles ». En effet, une attention particulière avait été portée à cette étape, un steward ayant un rôle spécifique dédié à la supervision des périodes de refroidissement des chevaux.

Une satisfaction générale

De façon globale, cavaliers et staffs fédéraux sont d’accord pour exprimer leur contentement sur le site et ses installations à un an de l’échéance olympique. « Tout est prêt et très au point. Les organisateurs ont fait confiance aux meilleurs techniciens. Le site est assez concentré et retiré du centre, tout semble très sûr », avance Sophie Dubourg. « Les installations sont très impressionnantes, il y a des ajustements à faire mais ils sont mineurs », a ajouté David O’Connor qui préside le comité de concours complet à la FEI.

Si certains détails sont donc encore à peaufiner, cela n’entache pas l’esprit positif des athlètes, comme le souligne Michael Jung : « Je pense que ce sera très bien l’année prochaine, quand vous voyez tout ce qu’il y a déjà cette année et en sachant qu’il y a encore un an pour se préparer et améliorer de petits détails… Je suis impatient d’être à la saison prochaine ». « Le parc équestre principal est un lieu superbe, les écuries sont de première classe », confiait William Fox-Pitt. A un peu moins d'un an des Jeux Olympiques, un bilan positif semble donc pouvoir être tiré de ce Test Event.