Un atlas pour découvrir la biodiversité des centres équestres
jeudi 15 avril 2021

Réalisation d'un atlas de la biodiversité
Durant les vacances scolaires, les enfants partent à la recherches des animaux vivant autour du centre équestre des Alpilles. © DR

Depuis le mois d’octobre 2020, les cavaliers du centre équestre des Alpilles, situé à Saint-Étienne-du-Grès (13), travaillent à la réalisation d’un atlas de la biodiversité. Objectif : découvrir et recenser tous les animaux vivant au sein et autour de la structure. Explications du projet avec Laurine Meyer, en charge de sa réalisation.

Depuis quelques mois, vous réalisez un atlas de la biodiversité de votre centre équestre avec vos jeunes cavaliers. Comment vous est venu l’idée d’un tel projet ?

Dans le cadre de mon service civique et en accord avec Mathis Steve, le dirigeant du centre équestre des Alpilles, j’ai choisi de développer un projet autour du développement durable et de la protection de l’environnement. Nous avions à cœur de sensibiliser notre public à ces deux thématiques. Nous sommes déjà assez engagés au sujet de l’écologie : les écuries et paddocks sont équipés de panneaux solaires et nous n’utilisons que des véhicules électriques. Cette fois-ci, nous avons donc choisi de mettre l’accent sur les animaux qui nous entourent, auxquels nous ne faisons pas toujours attention. Nous avons la chance d’être entourés de douze hectares de verdure, au sein du parc régional des Alpilles. Notre objectif est de faire découvrir aux enfants du centre équestre les animaux qui y vivent, et qu’ils ne voient parfois pas. Il peut s’agir d’oiseaux, d’insectes, etc. C’est l’occasion pour eux de rencontrer de nouvelles espèces au fil des saisons et d’en apprendre un peu plus sur la faune et la flore locales.

Comment s’organise-t-il et se concrétise-t-il ?

Lors des stages organisés durant les vacances scolaires, nous consacrons toujours un moment le midi pour aller observer et chercher des animaux vivant sur les différents espaces du centre équestre avec les enfants. Nous allons donc par exemple dans les champs et autour de la carrière. Lorsqu’ils découvrent une nouvelle espèce, nous tapons ensemble ses caractéristiques sur Internet ou sur l’application Picture Insect afin de connaître son nom et d’en apprendre un peu plus sur elle. Ensuite, nous la prenons en photo et nous l’exposons dans le centre équestre. Actuellement, les enfants ont recensé près de soixante espèces. Notre objectif est d’en découvrir une centaine d’ici le mois de juin.

Quels sont les bénéfices d’un tel projet, notamment auprès des enfants ?

C’est une démarche à la fois éducative et écologique. Maintenant que nous avons un peu de recul sur le projet, nous avons remarqué que les enfants ont réellement développé leur sens de l’observation, qu’ils se sont familiarisés avec l’environnement dans lequel ils évoluent et qu’ils s’intéressent désormais beaucoup plus à ce qui les entoure. Ils vont d’eux-mêmes à la recherche des animaux et les trouvent seuls. Ils sont très demandeurs et toujours très enthousiastes à l’idée d’aller observer les alentours du centre équestre. Cela leur permet de découvrir l’écosystème existant autour de leur animal préféré, le cheval. C’est un moment qu’ils apprécient tous, y compris ceux qui pouvaient être un peu réticents au début. Et au-delà de leur faire découvrir et apprendre de nouvelles choses, cela permet de créer et de renforcer le lien qui existe entre les cavaliers. Il y a un réel esprit de groupe. Les parents sont également très satisfaits de cette activité que nous proposons. Ils sont généralement eux aussi très concernés par les sujets de l’écologie, du développement durable et de la protection de l’environnement. Ils sont donc ravis que nous sensibilisions également leurs enfants à ces sujets-là et de cette manière-là.

Une fois le projet finalisé, envisagez-vous une suite ? Aimeriez-vous le développer ?

Pour faire connaître le projet, nous l’avons inscrit au Trophée FFE du développement durable. Cela nous donne de la visibilité et peut-être que certains centres équestres s’en inspireront ou auront envie de réaliser eux aussi un atlas de la biodiversité autour de leur structure et avec leurs petits cavaliers. Nous serions vraiment ravis que le projet soit repris. D’autant plus si cela est fait avec l’aide d’un jeune en service civique, comme moi. Il pourrait être intéressant que la Fédération française d’équitation se saisisse de ce sujet, qui permet de développer de belles initiatives et d’aider des jeunes. Concernant notre projet, suite à la vidéo que nous avons diffusée sur les réseaux sociaux, nous avons déjà eu des retours très positifs de la part de plusieurs dirigeants. Ils sont nombreux à avoir adoré l’idée. Si cela se développe, pourquoi pas créer un atlas de tous les animaux que l’on peut rencontrer au sein des centres équestres en France. Ce serait un beau projet.