La mythique Route du poisson repart : sportive, solidaire et connectée
dimanche 07 mars 2021

Route du poisson
Après 9 ans d'absence, la route du poisson fera son grand retour entre Boulogne-sur-Mer et Paris © La Route du poisson

Alors qu’elle avait disparu des radars depuis 2012, la Route du poisson fera son grand retour en septembre prochain. Plus qu’une simple course d’attelage de chevaux de trait, cet évènement grand public veut promouvoir les patrimoines équestre, rural et gastronomique, dans une ambiance aussi festive que possible.

Thibaut Mathieu, le président de l’association la Route du poisson relance l’évènement en alliant ses anciens promoteurs avec une jeune équipe de communicants capables de séduire le grand public. « Le défi est colossal, sérieux et convivial à la fois », affirme-t-il. À 34 ans, Thibault a laissé sa carrière classique de juriste pour se donner à fond dans l'organisation de la plus grande course d'attelage en Europe, longue d’une distance de 300 kilomètres, et qui aura lieu les 25 et 26 septembre prochains, entre Boulogne-sur-Mer et Paris. Avec en prime une caravane digne de celle du Tour de France pour promouvoir le terroir et une semaine de fêtes, de spectacles et de banquets. Si la course suit l'itinéraire historique des "chasse-marées", ces attelages boulonnais qui ont livré le poisson à Paris en 24 heures jusqu'à l'arrivée du train, « cette compétition de haut niveau va mettre en lumière le patrimoine, les territoires et la ruralité, le tout en respectant le bien-être animal », précise le président. La Route est parrainée par trois ministères : celui de la Mer, celui de Agriculture et de l’Alimentation ainsi que celui de la Cohésion des territoires. Elle a également obtenu le haut patronage du président de la République, Emmanuel Macron, et l’équipe victorieuse offrira donc son poisson au chef-cuisinier de l’Elysée !

Vingt équipes défendent "leur" race avec onze paires de traits. Chaque paire doit effectuer deux à trois relais maximum et espacés chacun d’un repos obligatoire sur les six prochains relais. Le règlement répond aux exigences de la Fédération équestre internationale (FEI), très stricte sur la sécurité et le respect des chevaux. On aura plaisir à retrouver les neuf races françaises face aux concurrents belges, autrichiens, suisses, allemands, anglais, danois et hollandais. L'enthousiasme est général car la Route est mythique et a laissé le souvenir d'une formidable et joyeuse aventure. Lancée par le haras de Compiègne en 1991, elle a suscité une belle ferveur chez les meneurs et draîné une foule immense sur le parcours et dans les écuries éphémères jusqu'en 2012, soit environ un demi-million de spectateurs. Lorsque le haras a disparu il y a neuf ans, faute de sponsors et de bénévoles, la Route a disparu avec lui.

Un projet fédérateur

Mais pourquoi Thibaut Mathieu a-t-il décidé de relancer l’affaire ? Ce cavalier amateur s’est d’abord pris de passion pour son épouse qui lui a transmis son amour des courses… et du travail des champs avec les Boulonnais. « Le cheval nous a réuni ! Cette histoire est la nôtre et m'y consacrer donne du sens à ma vie. La Route du poisson est une idée porteuse, généreuse, fédératrice, écologique, d’avenir ». L’homme est tout à fait conscient de la fragilité de ces races de trait, aussi bien en termes de population que de génétique, et qu’elles peinent à trouver leur place dans une société qui a remplacé les chevaux par les engins agricoles depuis bien longtemps. C’était sans compter sur Bruno Pourchet, l’ancien directeur du haras de Compiègne, qui lui a « ouvert sa mémoire et son coeur » et l’a motivé à croire en ce projet, pour lequel il est bien entouré. Outre une équipe organisatrice composée d'amis spécialistes de l'événementiel, de la communication et des réseaux sociaux ainsi que "d’anciens" attachés à la Route, il s’appuie, pour ce gigantesque défi logistique et sportif, sur les ténors de l’attelage. Parmi eux, Félix-Marie Brasseur - champion du monde et entraîneur national de l’équipe de France d’attelage - sera le directeur technique, assisté de Jean-Pierre Brisou. Les meneurs internationaux sont de la partie, à l’image de Thibault Coudry, Benjamin Aillaud et François Dutilloy, dont l'entreprise ATEL construit les voitures officielles. D’autres encore se sont embarqués dans l’aventure, comme Virginie Coudry, vétérinaire de l'équipe de France d’attelage et Jean-Luc Poulain, président du Salon du cheval et du Salon de l’agriculture, « pour valoriser la ruralité ». Sébastien Vincent et Christian de Langlade présenteront respectivement le travail aux champs et de magnifiques attelages de tradition à Paris. Côté spectacles, Mario Luraschi et Yves Bienaimé sont sur le pont. « Tous démarrent au quart de tour car ils sont compétents et enthousiastes : tout le monde aime ce projet. »

Autour de la course-relais, le programme s'étoffe avec des volets patrimoine, formation professionnelle, artisanat et arts, gastronomie, et pratiques durables de la pêche. D'autres épreuves spectaculaires parallèles à la course sont prévues au Touquet : dressage monté, maniabilité à la voix, débardage. Le budget de l’évènement est évalué à dix millions d'euros et l’organisation cherche encore des sponsors et des bénévoles.

Plus d’informations sur www.laroutedupoisson.com