Les Nuits de Nemaus : spectacle épique dans un décor grandiose
mercredi 01 septembre 2021

Le spectacle Les Nuits de Nemaus a tenu quatre représentations au coeur des Arènes de Nîmes
Le spectacle Les Nuits de Nemaus a tenu quatre représentations au coeur des Arènes de Nîmes © Florence Chevallier

Quel lieu plus emblématique que les Arènes de Nîmes et son magnifique amphithéâtre pour accueillir les quatre représentations du spectacle Les Nuits de Nemaus ? Le spectacle, qui s’est tenu en août, allie mapping vidéo et spectacle vivant. Il s'inscrit dans l'histoire des grandes productions nîmoises de Culturespaces après seulement deux éditions. Le succès auprès du public en témoigne grandement. Lors de cette édition, les numéros équestres et les interventions des cavaliers ont eu la part belle, le tout dans une ambiance aussi bien sonore que lumineuse.

François Xavier Beth est le metteur en scène et scénariste des Nuits de Nemaus. Il vient de réaliser, après six mois de travail, sa deuxième contribution avec cette nouvelle version, plus aboutie. Il a pu s'appuyer sur son parcours professionnel qui allie deux types de connaissances tout à fait complémentaires : la technique, en tant que vidéaste, et l'artistique, par son rôle d’auteur, metteur en scène et comédien. De sérieux atouts pour cette production, qui a conquis 22.000 spectateurs, et ce malgré les contraintes sanitaires ! Ne venant pas d'un milieu cavalier, il a pourtant voulu « utiliser le cheval pour la sympathie connue autour de l'animal », explique-t-il. Les arènes lui ont aussi permis « de donner du relief, plusieurs hauteurs de vue et de réaliser des performances ultra sympas », selon ses propres mots.

Adapter la mise en scène aux chevaux

Le spectacle compte quatre actes pour une durée totale d’une heure et demie, et se termine avec un show pyrotechnique. On retrouve son univers de "théâtreux" dans sa mise en scène, avec des entrées et des sorties opposées afin d'animer et dynamiser les numéros de ce spectacle nocturne. Ce choix d'entrée et de sortie différentes a aussi apporté des solutions aux contraintes liées à la présence à la fois de juments et d'étalons, leur évitant de se croiser, notamment lors de la roussataïe de chevaux camarguais de la troupe Caval'Show. Pour la partie équestre, François-Xavier Beth s'est fait accompagner par Guillaume Gaucher. Ce dernier, par ses connaissances en tant que voltigeur et metteur en scène de spectacle équestre, a tenu les rôles de topeur (sorte de chef d’orchestre qui coordonne le lancement des effets pendant le spectacle) et conseiller cascade et équestre. « C'était mon interprète, il m'a donné des réponses sur les chevaux. Il faut savoir les utiliser à bon escient », affirme François-Xavier.

Cette reconstitution historique évoque quatre périodes et débute avec la naissance de Nemaus et de la Cité Nîmoise. Pour que les éléments sonores et visuels concordent, le spectacle a été minuté sur la musique et le metteur en scène a envoyé au préalable des croquis sur ordinateur à chaque compagnie afin que chacune puisse travailler en amont ses numéros. Trois compagnies équestres ont collaboré activement à ce grand spectacle : Equi-Tempus, la troupe Caval'show et les écuries du Réal. 

Quand les arts s’entremêlent

Il a fallu également, en amont, conjuguer les différents arts en piste et s'assurer que les chevaux n'aient pas peur en les habituant, entre autres, « à la lumière qui bouge » avec le mapping vidéo, à la musique et aux danseuses qui évoluaient autour d'eux. Le mapping est un plus, il a assuré un décor à la fois esthétique et enveloppant. La danseuse solo s'est même rendue auprès des cavaliers dans leurs écuries afin de mieux collaborer avec eux. « Elle n'avait jamais travaillé avec des chevaux et avait une certaine appréhension », raconte le metteur en scène. « Avec les chevaux, il y a toujours besoin de faire un travail en amont. Il y a deux ans, nous avions loué un énorme rétroprojecteur pour les habituer aux projections au sol », explique l'artiste équestre des écuries du Réal, Sophie Planet, qui précise que les repérages au sol lors des filages ont aussi contribué à « rendre la troupe plus confiante » avec ses quinze chevaux lusitaniens. Sa compagnie a entre autre assuré les numéros de joutes qui ont demandé une maîtrise totale du scénario. « L'histoire était écrite dans la bande son et on ne devait pas se tromper sur le résultat des jeux », témoigne-t-elle. Ce sont eux également qui ont réalisé le tableau au flambeau, un numéro de voltige en ligne où de nombreux acteurs bénévoles contaient les guerres de religion à un public totalement conquis.