Les juments de la nuit de Bartabas
jeudi 04 septembre 2008

versailles8-bartabas bis
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Le pari est toujours osé pour Bartabas quand il s’aventure en plein air en utilisant une scène différente et plus vaste que la conviviale piste de cirque de son théâtre équestre d’Aubervilliers.

Ici, à Versailles, autour du bassin de Neptune, la scène est large et s’étale sur plusieurs niveaux, plusieurs arrières plans, des espaces qu’il faut occuper. La magie des fontaines et de l’eau, parties intégrantes du décor, habille avec beaucoup de force l’évocation souhaitée par Bartabas dans ses Juments de la nuit. Macbeth et l’univers du cinéaste Kurosawa sont prétextes à des tableaux qui rythment ce troisième spectacle conçu par un incontournable du spectacle équestre français dans le cadre des fêtes de Nuit du château de Versailles. Vendredi dernier pour la première représentation en public, les tribunes étaient pleines. Le public attendait ce nouveau spectacle, prêt à être à nouveau surpris par l’imaginaire de Bartabas. Ambiances japonisantes sur une musique ad hoc. Acteurs en costumes traditionnels qui se meuvent selon les rites classiques du théâtre du pays du soleil levant. Peut-on parler d’austérité ? Ou plutôt d’ascèse ? Les juments de la nuit mêlent cet art-là avec le septième art selon Kurosawa dans un spectacle équestre où les chevaux par leur forte présence (surtout en groupe) martèlent la scène de galops plus ou moins fougueux. Libres ou montés pour des figures de dressage, de carrousels ou de voltige en ligne. Un public très sensible à des tableaux où les chevaux sont très présents. Comme si finalement, c’est surtout cela qu’il attendait. Mais, pour Bartabas, il n’y a pas que les chevaux, mais aussi tout un univers qu’il a mis en scène avec des moyens techniques impressionnants comme tout ce travail de décor avec l’eau. Les arts martiaux japonais sont aussi bien présents à travers des chorégraphies qui mêlent des tireurs à l’arc de Kyudo, des pratiquants de Kendo, de Naginata et de Aïdo. 40 artistes, 70 chevaux dont pas mal de lusitaniens (Académie du spectacle équestre de Versailles) pour « Les juments de la nuit ». Un spectacle dont certaines scènes déconcertent par leur « profondeur ». Un spectacle qui se réfléchit et qui suscite des sensations inégales.Claude Bigeon

Les juments de la nuit, une création de Bartabas et l’Académie du spectacle équestre de Versailles.Parc du château de Versailles, bassin de Neptune. Les vendredis 5 et 12 septembre et les samedis 6 et 13 septembre à 21h30. Tarifs plein de 85 à 35 euros.