Championnat d’Europe : La France au pied du podium, mais fière de battre les Hongrois chez eux
mercredi 08 septembre 2021

L'équipe de France d'attelage, composée de Anthony Horde, Benjamin Aillaud et Sébastien Vincent, termine quatrième des championnats d'Europe de...
L'équipe de France d'attelage, composée de Anthony Horde, Benjamin Aillaud et Sébastien Vincent, termine quatrième des championnats d'Europe de Budapest © FEI/Richard Juilliart

Au terme des quatre jours de compétition, qui se sont achevés dimanche dernier, les Pays-Bas remportent l’or européen et sacrent la famille Chardon, accompagnée de Koos de Ronde. L’Allemagne et la Belgique se partagent les deux autres marches du podium.

Sur le papier et en comparaison avec la concurrence, la France s’affichait à une probable cinquième place au championnat d'Europe de Budapest, qui s’est tenu le weekend dernier. « Les trois meneurs ont apporté des points à l'équipe dans les trois épreuves, donc on a battu les Hongrois, y compris deux anciens champions du monde. Mais en l'absence de Thibault Coudry, capable de briller au dressage, on n'espérait pas de médaille », conclut Félix Brasseur, l'entraîneur national. Heureusement, le meneur devrait reprendre la compétition l'an prochain. 

Le travail de toute une équipe 

Benjamin Aillaud, pilier de l’équipe de France, réalisait un excellent dressage, en troisième position avec 43,52 points. Avec les Arabo-frisons du haras de Pourcaud, il talonnait les favoris, comme les Néerlandais Ijsbrand et Bram Chardon et l’Allemande Mareike Harm. Pour sa part, Anthony Horde obtient sa meilleure note de l'année, avec 59,30 points, « grâce à la gentillesse de Bernard Gruimonprez et Thibault Coudry, qui m'ont prêté un KWPN aux belles allures que j'ai mis devant, explique-t-il. C'est une réussite, je gagne cinq points. » Hélas Sébastien Vincent stagne à 65,36 points car, âgées de sept ans tout juste, ses volées manquent d'expérience et de légèreté, même si tout le monde est bien en place. Il reconnait ne pas les avoir optimisés au maximum. « Il y a quinze points à aller chercher, donc je dois passer à la vitesse supérieure, me réorganiser pour consacrer plus de temps à la compétition par rapport à l’entreprise », analyse celui qui reconnait avoir la chance de s'appuyer sur une équipe généreuse, dont son propriétaire Xavier Pinel, même s’il faut encore affiner l’organisation. Félix Brasseur résume la situation : « Il nous faut absolument deux attelages qui récoltent en dressage, mais disons qu’on a réussi avec nos moyens. Nos meneurs savent faire. » Face aux Hongrois, les Français tiennent bon, même si les meneurs locaux, bien que favoris, étaient également favorisés par les juges hongrois. L’un d’entre eux a par exemple attribué une note de dressage supérieure de trente points à celle de son collègue hollandais ! 

Le marathon de l'extrême

De l'avis général, Budapest est un concours magnifique, bien organisé, la carrière est impeccable et le public au rendez-vous. Quant au sol, il est sec ou sablonneux selon les lieux, avec un passage très confortable sur la piste de galop de l’hippodrome. Le marathon est intéressant, technique, avec pas mal de dévers, des gués, un pont... mais il est rude, typique hongrois « qui sont des guerriers », affirme Anthony. Ce marathon très physique exige une grande endurance, car il couvre une distance un tiers plus longue que l’habitude. Il aligne huit obstacles, tous très longs. Le n°7 faisait par exemple 380 m au lieu des 250 m demandés par la FEI. En un mot : épuisant. Une épreuve fatale pour Benjamin Aillaud, qui ne voulait pas pousser ses chevaux. « Mes trajectoires sont bonnes, mais les Arabo-frisons manquent de souffle, fait-il remarquer. Ils ne sont pas faits pour ces obstacles massifs. Dans ces conditions, je me sais hors jeu car je ne veux pas les mettre dans le rouge. D’ailleurs, je ne suis pas le seul car le soir, la plupart des meneurs affirmaient que leur cavalerie était à plat. » Sébastien Vincent s'en tirait bien avec un parcours propre, mais écopait de dix secondes de pénalités en montant sur le pont où ses jeunes chevaux - peut-être éblouis par le soleil - hésitaient un peu : « L'essentiel du travail d'équipe a été fait : j'ai pris peu de risques et choisi des options différentes pour passer des infos précises à Anthony, qui partait après. » Anthony Horde a pris les risques, avec des options courtes et rapides, pour attraper des points. Une stratégie payante puisqu’il se classait huitième. En tête du marathon, on retrouvait l'Allemand Michael Beauchle et les Néerlandais Koos de Ronde, Ijsbrand et Bram Chardon.

« On est à notre place »

À ce moment de la compétition, la France était cinquième, derrière la Hongrie. C’est grâce à l'excellente maniabilité d'Anthony, seul à rentrer dans le temps, que la France va remonter au quatrième rang, et ce malgré une balle renversée. « Après des années d'entraînement à me mettre dans le bon tempo, avec la bonne trajectoire, à bien calculer mon temps à chaque porte, je me devais d'être sans faute, raconte-t-il. Je sentais mes chevaux prêts, mais hélas il y a une touchette à la fin. » Ce dernier apparaissait troisième et battait les caciques, qui ont tous pris des points pour temps dépassé. Selon Félix Brasseur, « le parcours était abordable mais sur un temps très très court. » Si les autres meneurs tricolores sont dans le temps, eux aussi renversaient des balles. Benjamin Aillaud a même modifié la place des chevaux et pris un risque en pensant améliorer la situation, en vain. « On est à notre place », conclut-il. Finalement, l’or revient aux Pays-Bas avec un total de 332,69 points de Bram et Ijsbrand Chardon et Koos de Ronde. Les Allemands terminent en argent, à 339,31 points grâce aux performances de Michael Brauchle, Mareike Harm et Georg Von Stein. Les Belges récoltent le bronze à 353,33 points avec Dries de Gieck, Glen Geerts et Sam Gees. La France suit, avec 368,75 points.

Déjà la suite 

Bien que ce championnat soit terminé, l’heure n’est pas au repos pour Félix Brasseur. L’entraîneur tricolore est d’ores et déjà aux Pays-Bas, à Kronenberg, pour le championnat du monde des paires (jusqu’au 12 septembre) et retrouvera la semaine suivante Benjamin et Anthony à Aix-la-Chapelle pour le CAIO4*, support de la Coupe des nations. En parallèle, Sébastien Vincent filera de son côté au Haras du Pin en tant qu'entraîneur pour le championnat du monde Poneys. « On a une belle équipe, on joue à domicile, cela devrait rouler ! », glisse-t-il. À Aix-la-Chapelle, il sera remplacé par Sébastien Mourier, qui a fait ses armes dans les pays de l'Est cette saison, et qui fera ses premiers pas en équipe. La France retrouvera ses adversaires du championnat d’Europe, puisque les meilleurs mondiaux s’y donnent rendez-vous. Enfin, Félix prévoit de faire la tournée des étapes de la Route du poisson, reportée à 2022, pour analyser en détail leur organisation, l'implantation des boxes et bien d’autres choses encore, en tant que directeur technique.

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