Dernière revue des troupes avant le championnat du monde en paire
jeudi 26 août 2021

L'équipe de France d'attelage en paire, qui tentera de décrocher une médaille aux championnats du monde en septembre prochain
L'équipe de France d'attelage en paire, qui tentera de décrocher une médaille aux championnats du monde en septembre prochain © Elisabeth Gillion

Vingt jours avant le championnat du monde d’attelage en paire à Kronenberg (aux Pays-Bas, du 8 au 12 septembre), l'équipe de France s'est entraînée avec le staff fédéral lors d'un stage qui s'est tenu à Conty, dans la Somme. Immersion au coeur de la méthode Brasseur où l'esprit d'équipe, la précision, l’organisation, l’engagement et la générosité sont les maîtres mots.

L'entraîneur Félix Brasseur a réuni Raphaël Berrard, Daniel Diner, François Dutilloy et Franck Grimonprez à Conty, dans la Somme, pour trois jours de stage le week-end dernier. Un rassemblement qui représente l’ultime préparation avant les championnats du monde en paire, prévu du 8 au 12 septembre prochain. Les quatre mousquetaires travaillent sous l'oeil de Virginie Coudry, vétérinaire des équipes de France, des coaches privés Michael Freund (pour François Dutilloy et Franck Grimonprez) et Stéphane Chouzenoux (pour Daniel Diner). Les grooms et responsables d'écurie sont également là, l'ambiance est sérieuse mais chaleureuse, le langage direct : « Ce qui doit être dit est dit et on avance ensemble », précise Félix Brasseur.

Au programme de ce stage, protocole de détente et de préparation au dressage, sans objectif de vitesse dans le but de gymnastiquer, installer une routine et faire régner la sérénité chez les meneurs, avant de s’exercer dans les conditions réelles du concours. La reprise de dressage démarre à l'heure, au son de la cloche, sous le regard du juge international Michaël Delignières, implacable. De belles reprises sur un terrain souple, du velours sur une carrière neuve. Félix Brasseur a préparé une maniabilité plus délicate que celle du championnat du monde et explique son choix. « Le meneur qui a réussi en dressage et au marathon, qui touche la médaille du bout des doigts, se retrouve avec un poids terrible sur ses épaules avant la maniabilité. Il doit donc arriver détendu sur ce test pour que ses chevaux le soient aussi. Alors on s’entraîne sur un parcours plus difficile et plus long que celui du championnat. J'ai mis en place ce système avec les attelages à quatre chevaux et cela fonctionne bien : les meneurs présentent des chevaux incurvés, calmes et allants. » La répétition générale va même jusqu’à la visite vétérinaire, on se croirait déjà aux Pays-Bas !

Une médaille en ligne de mire

Il semblerait d’ailleurs que ce programme mis en place par l’entraîneur convienne bien aux meneurs de l’équipe de France. Il n’y a qu’à entendre Franck Grimonprez : « On a pu anticiper en participant au CAI de Kronenberg en mai dernier où l'on a testé le sol. On a aussi vu les obstacles de marathon et même s'ils vont changer, c'est un avantage de connaître le site, cela nous met plus à l'aise. On s'est conditionné et on a aussi vu agir nos adversaires, c’est important ! Depuis on a travaillé sur la respiration, la récupération. À chaque étape on grandit ensemble. » Ses collègues ne sont pas plus affolés : ils sont conscients des enjeux et de leur niveau par rapport aux autres meneurs. Pour eux, la fédération s'est donnée les moyens de son objectif. « On a les conditions optimales pour aller chercher une médaille par équipe et une individuelle, même si rien n'est jamais acquis », résume Félix.

D'après Virginie Coudry, la vétérinaire, l’équipe de France a « des chevaux calmes et souples, assez réguliers dans les membres, sans souci particulier. Ils sont beaucoup plus souples que lors du dernier CAI, il y a trois semaines. L'idéal est de les maintenir à leur niveau sans forcer, juste pour conforter leur état. » Elle se réjouit de la hausse du niveau des chevaux français depuis quelques années. « Les voilà dans le top des Européens. » Félix assure : « On forme une équipe, on vit un peu comme une famille. C'est la manière d’avancer. » 

Planning chargé

Du côté des nations à craindre, les redoutables Hongrois donneront forcément du fil à retordre à l’équipe de France. Les Allemands seront également à surveiller et bien sûr, les Néerlandais qui jouent à domicile. En attelage, Félix Brasseur aura fort à faire en septembre avec les échéances internationales, car il doit superviser une rafale de championnats, à commencer par le championnat d'Europe des attelages à quatre, à Budapest (Hongrie) du 30 août au 5 septembre. Il se rendra ensuite au championnat du monde des paires aux Pays-Bas à Kronenberg du 8 au 12 septembre. De là, il filera à Aix-la- Chapelle pour la Coupe des nations du 14 au 19 septembre, avant de terminer cette course folle par le championnat du monde solo au Haras du Pin, le même week-end ! « Heureusement que la Route du poisson est reportée », plaisante-t-il. « Il aurait fallu assurer. C’est sûr que ce mois-ci va être compliqué, mais je vais m'occuper de tout le monde comme il faut car je les ai tous dans le coeur ! », conclut-il.