L’attelage français prêt pour le championnat du monde à 4 chevaux
mercredi 23 septembre 2020

Sébatsien Vincent
Sébastien Vincent est prêt à en découdre pour les championnats du monde d'attelage à quatre chevaux à Valkenswaard © Coll.

Pour la 1e fois l'attelage français a caracolé en tête de la maniabilité à l’occasion du CAI de Lähden en Allemagne (10/13 septembre). Les quatre meneurs tricolores réalisent quatre sans faute et un tir groupé en dressage, avec des notes de 45 à 55. A trois semaines du championnat du monde qui aura lieu à Valkenswaard (Pays-Bas), nos Bleus peaufinent les réglages.

Un long voyage pour aller à Lähden, mais un beau concours. Les Picards Sébastien Vincent et Anthony Hordé ont mis 8h pour rejoindre la Saxe, Thibault Coudry encore plus du Berry et le Pyrénéen Benjamin Aillaud a roulé 16h. Quelle affaire! « Notre réussite est le résultat des années de rigueur insufflée par Félix Brasseur », indique Sébastien qui ne peut écarter l’entraineur national du succès de l’équipe. Il est heureux d’être sorti de deux ans de galère avec des chevaux blessés. Ses volées sont là depuis un an seulement, son attelage est encore irrégulier mais il va durer, les timoniers n'ayant que dix ans et il a une réserve fournie de jeunes talentueux. « Je suis heureux pour mon propriétaire Xavier Pinel, et en colère contre moi après une bêtise au marathon où je perds 25 points et la médaille possible… »

Anthony salue aussi le travail de Félix sur la technique, la conduite des chevaux et le moral du meneur : « on a appris à éviter les points qui stressent. On a moins d'appréhension, on se concentre sur les détails qui peuvent donner des points. » A l’image de sa nouvelle voiture ATEL, très technique, qui facilite le pilotage car elle suit exactement la trajectoire des chevaux à la mania. « Maintenant que les chevaux sont bien ronds (ils ont de 12 à 14 ans), j'ai ajouté un petit effet qui compte, en achetant des harnais à collier en cuir verni qui font chic. Hélas au marathon, j’ai fait une erreur fatale. » Thibault qui sortait pour la première fois ce team de chevaux ensemble s'en sort très bien. 

« Cette année on n'a eu que 3 concours pour avancer, plus les stages fédéraux, alors on travaille autrement », précise Anthony. « Quentin Simonnet reste très disponible, comme notre véto Virginie qui répond nuit et jour ... C'est rassurant. Avec Félix on a beaucoup travaillé au pas, car ce qui est bien articulé à un rythme lent, se refait bien à toute vitesse ... Félix appelle souvent, on lui envoie des vidéos de chaque cheval qu'on commente ensemble en décomposant chaque mouvement… On a des attelages rapides, en place, restent quelques points à grappiller en se servant de nos erreurs pour affiner nos deniers réglages, » conclut Sébastien.

Et la concurrence? L'Australien Boyd Exell, qui récolte 30 au dressage est hors d'atteinte. Les Allemands s'étaient entraînés à Lähden juste avant ; ils maîtrisaient donc la situation. « Ce n'est pas une excuse pour nous, ajoute Anthony, car ils sont forts et on doit s'améliorer au marathon. Mais on les a battus l'an dernier plusieurs fois. » A Lähden, les Hollandais Chardon père et fils (les cracks) étaient absents. « Ils jouent masqué car ils sont redoutables, les Belges aussi… » Heureusement nos Français connaissent Valkenswaaard, où se déroulera le championnat du monde : ils y ont évolué en 2018 ou 2019, ce qui est un avantage… « J’y ai bien réussi l'an dernier rappelle Anthony, c'est un parcours étroit, technique, plus facile pour moi que les longues sorties d'obstacles en accéléré de Lähden que je maitrise mal »

D'ici le 7 octobre, tous s'entraînent à la maison et au championnat du monde, l'équipe doit compter 3 meneurs et 1 individuel. Le choix se fera certainement sur place, après le contrôle véto, en fonction de l’état de chaque cheval. Mais, la sélection ultime ne pose pas de problème de cohésion apparente entre les 4 : « on discute beaucoup, on peut tout se dire franchement, on reste unis et fiers » conclut Anthony. Après leur magnifique troisième place lors des championnats d’Europe en 2019, les meneurs tricolores ont à coeur de montrer que leur progression continue… Après la scène européenne, ils sont fin prêts pour en découdre sur la scène mondiale !