Sébastien Vincent : "Ce sont les chevaux qui nous font briller"
mercredi 11 septembre 2019

Sébastien Vincent
Sébastien Vincent lors du championnat d'Europe 2015 © Eric Knoll

Cela faisait trois ans que Sébastien Vincent n’avait pas couru de championnat, sa dernière apparition étant lors du championnat du monde de Breda en 2016, où l’équipe de France prenait la 8e place. Cette année, c’est en tant que concurrent individuel qu’il s’est rendu à l’échéance européenne qu’il a achevée avec une 18e place. Il revient sur la compétition.

Heureux, Sébastien Vincent l’était à son retour de championnat : « La France a sa première médaille en championnat d’Europe, c’est historique ! ». S’il estime que la compétition s’est bien déroulée, il considère toutefois que l’équipe de France a encore une marge de progression. « On en a encore sous le pied », dit-il, « J’ai fait mon meilleur dressage de la saison mais nos adversaires récoltent 42 ou 45 quand on tourne à 60, c’est un écart impossible à rattraper ensuite ». Il en conclut que la médaille de bronze est due au talent en dressage de Benjamin Aillaud (interview à retrouver ICI), qui a fait la différence.

Considérant le marathon ouvert, technique et très physique, les Français ont su garder le cap, arrivant dans les 20 meilleurs et laissant de nombreux attelages derrière. Pas mal, mais Sébastien regrette sa faute. Il a perdu 25 secondes et 7 points dans un obstacle car l’une de ses volées a peur des fontaines : « On a la technique et la vitesse, on peut donc faire mieux ! ». Idem en maniabilité, qui est déjà le point fort des Tricolores depuis le travail effectué avec l’entraîneur national, Félix Brasseur. « Il nous a appris à la maîtriser. On est régulièrement en tête car il nous a montré comment arriver avec des chevaux disponibles, souples, qui récupèrent vite après le marathon et qui peuvent enchaîner les mouvements rapidement sur la mania ».

Pas de secret à cette réussite cependant : le dressage de chaque cheval reste la clé. « J'en ai six qui sortent en international, ils ont progressé car cette année on a fait un travail considérable mais je reste encore irrégulier et loin derrière Benjamin et Thibault », constate Sébastien. Les meneurs ont appris à piloter et savent s'y prendre : « On voit le résultat des huit ans de travail avec Félix, on a vu comment amener les chevaux à haut niveau, mais ce sont eux qui nous font briller. Pour aller plus loin, on doit intégrer à nos teams des éléments qui les améliorent afin qu’ils soient prêts à tout gagner à l’international, comme le font les Hollandais ou Boyd Exell. Mais comment les détecter alors que ces perles sont si rares et chères et qu'en France nous sommes si éloignés du coeur du négoce ? ». Une satisfaction de ce résultat pour l’Hexagone donc, mais avec un regard déjà tourné vers l’avenir avec des interrogations constantes sur la meilleure façon de progresser et d’avancer.