Herning 2022 : Les Bleus tiennent le cap
jeudi 11 août 2022

Kévin Staut et Viking d'la Rousserie sur la deuxième épreuve des Mondiaux de Herning
Kévin Staut et Viking d'la Rousserie sur la deuxième épreuve des Mondiaux de Herning © Scoopdyga

Deuxième jour de compétition pour les Bleus du saut d’obstacles. Après la chasse de la veille, les couples avaient rendez-vous pour la première manche par équipes, comptant également pour le classement individuel, dont la finale aura lieu dimanche. Comme hier, les Français figurent en deuxième position, à un demi-point des Suédois, tandis que Julien Epaillard caracole toujours en tête.

13 heures. Le coup d’envoi est donné pour l’épreuve du jour : la première des deux manches de la compétition par équipes. Avec vingt-deux nations de quatre cavaliers chacune (ou presque, Israël n’en ayant que trois) et quinze individuels, ce ne sont pas moins de six heures d’épreuves qui se sont tenues dans le Stutteri Ask Stadium. Il faut reconnaître que, même pour les passionnés, c’est long. Surtout lorsqu’il y a une pause de trente minutes tous les vingt chevaux pour refaire la piste. Certes, c’est ce qui permet d’assurer une qualité de sol irréprochable, comme le soulignait Julien Epaillard, mais c’est aussi ce qui a assurément de quoi faire fuir les non-initiés.

La Suède et la France tiennent…

Au programme aujourd’hui, un parcours (toujours tracé par le Néerlandais Louis Konickx) composé de quatorze obstacles, pour dix-sept efforts, avec un dernier enchaînement composé d’une rivière, d’une courbe à droite à 90° suivie d’un vertical, de quatre foulées longues ou cinq courtes pour terminer sur un oxer en direction du paddock. Henrik von Eckermann évoquait « un bon parcours qu’on peut monter avec du rythme, mais peut-être un peu facile. » Pour le Suédois, les difficultés « arriveront demain » quand « il ne restera que les nations les plus fortes ». Il faut dire qu’avec King Edward (Edward 28), tout semble à portée de main, même en championnat du monde. L’alezan n’a fait qu’une bouchée des obstacles et se montre dans une forme incroyable, où confiance et relâchement sont les mots employés par son cavalier pour qualifier sa prestation du jour. Visiblement, être sur le dos d’un tel cheval permet d’aborder plus sereinement les difficultés, parce que le premier Français à avoir foulé la piste, Simon Delestre, n’a pas vécu le même ressenti que son homologue suédois. « C’est quand même un parcours qui n’a rien à voir avec hier, on est vraiment dans le vif du sujet », assurait-il. Un sujet qu’il a visiblement bien maîtrisé puisque le couple bouclait un nouveau parcours sans pénalité qui permettait à la France de rester sur de bons rails. « Selon moi, le cheval a fait un parcours d’anthologie », assurait le Lorrain. « Le sentiment a été exceptionnel, c’est vraiment magique de faire un parcours de ce niveau-là avec une telle aisance. C’est un cheval qu’il faut toujours bien canaliser, mais c’est aussi ce qui fait partie de lui et de sa qualité. Il est tellement généreux dans les sauts, dans tout… c’est un génie ! »

Malheureusement, Grégory Cottard et Bibici (Norman Pré Noir) n’ont pas connu le succès de leurs compatriotes. C’est avec douze points supplémentaires à son compteur que le couple sortait de piste. « Je crois qu’on n’a jamais fait un score aussi lourd. » Forcément déçu, le Français expliquait cette contre-performance par une détente pas aussi adaptée qu’espérée. « Comme il fait chaud et qu’il y a encore pas mal d’épreuves à venir, j’ai voulu économiser la jument. D’habitude, je la monte à la détente avec beaucoup d’énergie. Là, je l’ai laissée se relâcher. Je pense que j’ai fait une erreur. » Si ses chances d’arriver en finale individuelle sont presque inexistantes, il compte bien donner son maximum demain pour afficher un score vierge à sa sortie de piste. 

Mais la France comptait encore deux sérieux atouts dans sa manche : Julien Epaillard et Kévin Staut, et chacun d’entre eux a parfaitement rempli sa mission en alignant un parcours parfait, mais pas sans quelques frayeurs. Pour Julien, un léger trop plein d’énergie de Caracole de la Roque (Zandor Z) a entrainé quelques difficultés de contrôle, heureusement sans conséquence. « J’ai fait un petit travail ce matin, pensant qu’après hier, elle allait peut-être être un petit peu calme. Elle a une énergie incroyable. Autant hier, je suis sorti de piste en n’étant pas du tout essoufflé, alors qu’aujourd’hui c’était du vrai sport », plaisantait le numéro 9 mondial. Enfin, le pilier de l’équipe de France, Kévin Staut, a encore prouvé qu’il était un homme de championnat en faisant fi de son incident de la veille pour aller accrocher un sans-faute avec Viking d’la Rousserie (Quaprice Bois Margot), effaçant au passage les douze points de Grégory Cottard. « Viking n’a montré aucune émotion après notre mésaventure », rassurait le Français. « Ça fait aussi partie de ces chevaux rares, qui ont une intelligence en piste, et il a tout de suite eu la bonne réaction. »

L’autre bonne réaction du jour, c’est assurément celle des Suédois qui, comme les Bleus, ont été la seule autre nation à aligner deux autres parcours sans pénalité, en plus de celui de Henrik von Eckermann. Ils sont à mettre au compte des frères Fredricson, Peder, avec H&M All In (Kashmir van Schuttershof), et Jens, sur Markan Cosmopolit (Cohiba 1198). Malheureusement, Malin Baryard-Johnsson manque de peu le sans-faute à cause d’une barre des postérieurs de H&M Indiana (Kashmir van Schuttershof)… sur le dernier obstacle ! 

… la Belgique flanche

Troisièmes à l’issue de la chasse, les Belges ont connu quelques mésaventures qui les ont relégué du troisième au cinquième rang. Après les quatre points de Nicola Philippaerts et Katanga vh Dingeshof (Cardento 933), Jos Verlooy venait mettre la pression sur ses coéquipiers en chutant d’Igor (Emerald) sur l’élément B du triple. Pas de quoi faire peur à l’exceptionnel Quel Homme de Hus, toujours aussi à son affaire, avec un nouveau parcours parfait à la clé. « Il est vraiment fantastique, on sait que c’est un cheval de championnat, on peut compter dessus et il l’a encore prouvé aujourd’hui », se réjouissait Jérôme Guéry, qui ne cache jamais son admiration pour le fils de Quidam de Revel. « L’épreuve d’hier n’était pas son épreuve favorite, c’est plus un cheval pour des épreuves comme aujourd’hui. Il faut le garder frais et en espérant que ça continue comme ça. » Enfin, Grégory Wathelet ajoutait quatre malheureux points au compteur de l’équipe à cause d’une faute en sortie de double sur Nevados S (Calvados Z). Ces fautes profitent aux Allemands, qui occupent ce soir la troisième marche provisoire du podium. 

En route pour la nocturne

Demain soir, rendez-vous est donné pour l’épreuve nocturne, à partir de 21 heures pour les dix meilleures équipes et les vingt-cinq meilleurs individuels ne faisant pas déjà partie d’une équipe encore en lice. En tête du championnat depuis son commencement, Julien Epaillard appréhende quelque peu cette épreuve de nuit, qui n’a pas toujours convenu à Caracole. « À Cannes, elle s’était arrêtée dans la qualificative du Grand Prix. J’ai remonté une épreuve à Knokke avec elle en nocturne, là ça s’est bien passé malgré une petite hésitation devant un double. Ici, on a pu monter sur la piste mardi soir. Je n’ai fait que du pas, mais j’ai constaté que l’éclairage est vraiment très, très bon, il y a très peu d’ombres, c’est vraiment bien. Maintenant, on croise les doigts. » Comme toujours dans un championnat de cette ampleur, la moindre faute coûtera cher puisque moins d’une barre sépare les quatorze meilleurs cavaliers. Dans le top 10, l’élite de la discipline avec les Britanniques Scott Brash et Ben Maher, les Suédois Peder Frédricson, Henrik von Eckermann et Jens Fredricson, ou encore le Néerlandais Maikel van der Vleuten et le centaure Marcus Ehning. Côté Français, en plus de Julien Epaillard, Simon Delestre est remonté au onzième rang et - avec moins de trois points d’écart sur son compatriote - peut toujours rêver à un excellent classement, voire pourquoi pas un podium. 

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