Jean Morel : « Les chevaux ont énormément progressé, les cavaliers ont bien travaillé »
lundi 08 août 2022

Jean Morel
Jean Morel © Scoopdyga

Après la douzième place de l'équipe de France de dressage ce dimanche à Herning, Jean Morel, sélectionneur national, dresse le bilan de ces championnats pour ce tout nouveau collectif tricolore.

Corentin Pottier et Morgan Barbaçon-Mestre déroulaient leurs reprises aujourd'hui. Qu'en avez-vous pensé ?

Corentin a fait quelques fautes mais son cheval a quand même montré de belles choses. Il a notamment très bien piaffé, surtout sur le dernier. Les changements de pied sont de mieux en mieux, il y a eu beaucoup de progrès sur cet exercice. Corentin et Gotilas ont justifié leur place dans cette équipe sans aucun problème, le contrat est rempli. Ils n'ont pas passé la barre des 70% que l'on cherchait à avoir, mais ils n'en sont pas loin. C’est un couple qui progresse. Entre le début de l’année et maintenant, le cheval s'est quand même transformé. De son côté, Morgan a aussi fait de petites fautes. Le cheval était un peu difficile quand il est rentré, très regardant. Cependant, il a dix-sept ans, et nous n'étions pas venus pour savoir s'il allait bien ou pas. Elle l’a économisé au mieux, elle l’a présenté au mieux, elle a fait ce qu’il fallait faire au mieux. Après, il y a tout le savoir-faire de Morgan. C’est aussi son expérience qui fait qu’elle a pu sauver les meubles, et c’est quand même très bien.
 
Quel bilan dressez-vous au sujet de ces championnats ?

On souligne les fautes qu'ont pu commettre nos cavaliers, mais des erreurs, les champions en font aussi. Sauf qu'eux partent de plus haut et qu'on n’en parle pas. Donc oui, les Français font des fautes et c’est sûr qu’aujourd’hui, on ne peut pas se permettre d'en faire. Mais il ne faut pas oublier qu'avant, ils tournaient autour 68%. Aujourd'hui, ils commencent à avoir 70%. Les chevaux ont fait énormément de progrès depuis le début de l’année, on le voit bien par rapport aux premiers concours. Les cavaliers ont fait l’effort de sortir avec leurs entraîneurs, leurs équipes, leurs accompagnateurs, ce qui est très positif. Je trouve qu’ils ont vraiment fait leur travail. Attendons de monter nos points et on nous pardonnera les fautes. Aujourd’hui, je pense que nos chevaux valent 72%. L’année prochaine, ils vaudront un petit peu plus. La route est encore longue, et c’est pour cela que nous avons un peu chahuté tout le monde cette année. Malgré tout, je suis assez fier de mes cavaliers. Par ailleurs, nous ne sommes pas venus à Herning pour changer la face du dressage, nous sommes venus pour identifier des compétiteurs et des jeunes chevaux. Aujourd’hui, deux couples ont confirmé, un autre ne l'a pas fait, mais ça ne veut rien dire. Des échecs, ils en ont tous eu à différentes époques de leur vie. Ce qui est positif, c’est qu’on a quand même trois chevaux français dans la première moitié du classement individuel, sur plus de quatre-vingt-dix engagés. De plus, nous n'avons pas fait beaucoup de Coupe des nations cette année, mais les juges ont su reconnaître la qualité des chevaux. Nous avons fait celles de Compiègne, Rotterdam, et ici. Pauline Basquin a fait des fautes mais à Rotterdam elle a signe une reprise à 74%, ce qui signifie que les juges internationaux sont prêts à donner des points à ce cheval. Corentin a lui aussi fait de petites fautes et on a quand même donné des points au couple. Les chevaux ont énormément progressé, les cavaliers ont bien travaillé. Le seul problème, c’est qu’ils ne peuvent pas aller très vite parce qu’ils n’ont qu’un seul cheval. On ne va pas changer le dressage français en trois mois. Mais nos chevaux plaisent, y compris les petits nouveaux. Je trouve cela très encourageant et vraiment gratifiant. D’autres couples vont encore arriver, d’autres sont déjà prêts et ça va créer une émulation. Il faut continuer à tester des jeunes.

Quels sont désormais les prochains axes de travail ?

Pour le moment, les cavaliers et les chevaux ont certainement envie de se reposer un peu, parce que la saison a été mouvementée pour eux. Ils vont donc prendre un petit peu de repos avant que nous construisions un programme de concours pour tout l’hiver, qui est une période très importante. Je ne cesserai de le dire, les couples qui font partie de la longue liste en vue des Jeux Olympiques doivent continuer à sortir, même en saison hivernale. Les cavaliers me donneront leur plan de saison à partir de septembre. Il y en a qui vont aller à Lyon, certains, comme Pauline Basquin, sur les Coupes du monde, d’autres sur des CDI pour travailler leur reprise en musique. Nous subissons un réel déficit de concours, d’événements, de pression... Il faut que les chevaux tournent plus, qu'ils prennent toujours plus d'expérience.