Jean-Pierre Blanco : « Le mental, c'est ce qui fait la différence »
vendredi 16 septembre 2022

Jean-Pierre Blanco
Jean-Pierre Blanco © Emilie Dupont

Championnats du monde de concours complet, jour 2. Ce vendredi, la seconde moitié des couples a déroulé sa reprise de dressage. Comme la veille, du côté du clan tricolore, le bilan oscille entre joie et déception, tandis que les Britanniques et les Allemands ont de nouveau aligné de superbes scores. Bilan de cette deuxième journée de compéition avec Jean-Pierre Blanco, entraîneur de dressage de l'équipe de France.

Après Astier Nicolas, Thomas Carlile et Cyrielle Lefèvre, c'était au tour de Gaspard Maksud et Nicolas Touzaint de dérouler leur reprise de dressage aujourd'hui. Le premier sort avec la très belle moyenne de 72.90% (27.1 points). La journée a vraiment bien commencé pour le clan tricolore...

Gaspard a déroulé une très belle reprise, sans faute. La jument n'a que neuf ans, le cavalier n'en a que vingt-neuf, ce sont leurs premiers championnats du monde... Il n'y a que du positif. De plus, Gaspard a vraiment un très, très bon mental. Pour une première expérience à ce niveau, il est resté froid, calme, égal à lui-même. Et ça, c'est vraiment très important. On sait que le mental, quel que soit le sport, c'est ce qui fait la différence. C'est vraiment une très bonne chose que nous puissions compter sur un cavalier avec un tel talent, et sur une jument avec autant de qualités.

À la détente, vous étiez aux côtés de Laura Smith, qui conseille également Gaspard sur la partie dressage. Comment vous, entraîneur fédéral, travaillez-vous avec elle ?

Au quotidien, Gaspard, qui est basé en Grande-Bretagne, s'entraîne aux côtés de Pippa Funnell et son mari, ainsi que Laura Smith, qui est la fille de la propriétaire de Zaragoza. C'est une très bonne chose de savoir qu'il est suivi de manière régulière en dressage comme à l'obstacle. Cette année, de notre côté, nous avons pu le suivre d'un peu plus près comme nous l'avons vu lors du CCI4*-L de Saumur, lors du CHIO d'Aix-la-Chapelle, puis lors du CCIO4* du Haras du Pin. Ces différents événements m'ont permis de découvrir Laura Smith, avec qui il s'entraîne donc sur le plat. Nous avons pu échanger, donner des pistes de travail...  C'est comme cela que j'essaie de travailler maintenant. Les cavaliers ont besoin d'un suivi régulier et moi, en tant qu'entraîneur fédéral, il faut que je m'appuie sur entraîneurs privés.

En milieu d'après-midi, Nicolas Touzaint et Absolut Gold*HDC sont entrés en piste et en ressortent avec 34.4 points. Un score qui n'est, comme chacun peut l'imaginer suite aux différents résultats du couple cette saison, pas celui espéré...

Depuis que le cheval est arrivé ici à Pratoni, il n'a pas le même comportement que d'habitude. Cela s'est surtout amplifié hier. On ne sait pas vraiment ce qui provoque ça... Il y a pas mal d'insectes, de moucherons, de moustiques, le temps est très orageux, le soleil est parfois très fort... Les vétérinaires ne savent pas trop ce qui provoque ces mouvements de tête. Cela nous a évidemment surpris, et surtout Nicolas. Nous cherchons des solutions. Mais, c'est un fait, ces mouvements de tête lors de la reprise font qu'il ne peut pas aller chercher les points. Malgré tout, il y a du positif. Le cheval fonctionne très, très bien, il est très souple, il a un joli trot, il a beaucoup amélioré son galop et d'ailleurs les changements sont bien passés. Je comprends sa déception, mais il y a quand même du positif. Tout le travail que lui et sa cavalière ont fait paie. C'est donc encourageant.

Cet après-midi, Michael Jung a pris la tête du classement provisoire avec le score exceptionnel de 18.8 points. Que pensez-vous du niveau de ces championnats du monde ?

Cela ne me surprend pas. Michael Jung comme Laura Collett, nous connaissons leur palmarès. Elle est championne olympique et a gagné Badminton en faisant une reprise magnifique, lui a une carrière formidable... On connaît leur potentiel, ainsi que celui de tous les cavaliers britanniques. Ils sont difficilement approchables en ce moment, même si, évidemment, eux aussi peuvent aller à la faute. Mais leur potentiel fait que, même avec ces fautes-là, ils arrivent à avoir des moyennes aux alentours de 75%. Et ça, c'est le minimum ! Ces quatre cavaliers forment une équipe difficile à atteindre. Les Allemands, qui ont cette fois-ci une équipe un tout petit peu moins forte, répondent malgré tout présents. Ensuite, on connaît également le niveau de l'équitation néo-zélandaise, américaine, etc. Les Américains ont d'ailleurs bien progressé en dressage. Après les Jeux olympiques de Tokyo, ils ont effectué quelques changements au sein de leur staff fédéral, et nous avons vu leur progrès dès le début de la saison. Nous les surveillons depuis quelques mois et nous nous sommes d'ailleurs dit qu'il allait désormais falloir s'en méfier.