Les Selle Français, rois de Pratoni del Vivaro
jeudi 29 septembre 2022

Julia Krajewski et Amande de B'Neville, ici lors des championnats du monde de Pratoni del Vivaro
Julia Krajewski et Amande de B'Neville, ici lors des championnats du monde de Pratoni del Vivaro © FEI/Massimo Argenziano

À Pratoni del Vivaro, il y a une dizaine de jours, les meilleurs chevaux de concours complet de la planète s’affrontaient à l’occasion des championnats du monde. Parmi les stud-books les plus plébiscités, les sires les plus représentés et la course au succès, les chevaux Selle Français trustent le haut des classements.

Comme à Tokyo l’année dernière, le Selle Français a la cote en concours complet. C’est d’ailleurs le stud-book le plus présent sur la startlist lors des championnats du monde de Pratoni del Vivaro,avec pas moins de douze représentants sur les quatre-vingt-huit partants de l’épreuve. C’est aussi celui qui, à l’arrivée, a connu le plus de succès avec pas moins de trois chevaux dans le top 10. En tête de gondole, Banzaï du Loir, qui décroche la médaille d'or individuelle sous la selle de la Britannique Yasmin Ingham. Ce hongre, né chez Pierre Gouyé dans la Sarthe et aujourd’hui âgé de onze ans, possède une souche basse baignée dans le sang puisque sa troisième mère, Passera, est une Pursang. Elle a notamment produit Trésor du Cochet (Illustrator), qui a lui-même connu un certain succès en concours complet jusqu’en CCI3* (actuels CCI4*-L), obtenant un ICC de 168 en 1996. Le père de Banzai du Loir, Nouma d’Auzay (Carthago, Holst), compte trois-cent-dix produits enregistrés en France, dont plusieurs se sont illustrés dans la discipline du concours complet. C’est notamment le cas de Tzinga d’Auzay (ICC 152), qui a participé au CCI5*-L de Pau avec Mathieu Lemoine en 2020, ou encore de Voilà d’Auzay, longtemps sous la selle de Jean Teulère, avec qui il évoluait jusqu’en CCI5*-L, avant de rejoindre les écuries de Nicolas Touzaint en début d’année. Chez ses plus jeunes produits, citons Goliath du Loir, issu d’une mère par le Pur-sang Hand In Glove, labellisé "Excellent" à la finale de Pompadour l’année dernière et gratifié d’un ICC de 137 sous la selle d’Axel Coutte, ancien formateur de Banzaï.

En argent, on retrouve une autre Selle Français, médaillée d’or olympique un an plus tôt : Amande de B’Neville. Née chez Jean-Baptiste Thiébot, Amande est une fille de Oscar des Fontaines et de Perle de B’Neville (Elan de la Cour). Malgré son physique qui peut paraître "lourd" au premier abord, Amande bénéficie entre autres de l’apport de sang du DWB Lando, le père d’Oscar des Fontaines. Enfin, le Selle Français apparaît également au huitième rang grâce à Vinci de la Vigne, né comme tous les produits "de la Vigne" chez Lucien Villotte et ancienne monture d’Astier Nicolas, passé sous la selle du Japonais Kazuma Tomoto après les Jeux équestres mondiaux de Tyron, en 2018. Il ne serait pas exagéré de qualifier ce hongre de "100 % made in France". Il est le premier produit de Korrigane de la Vigne, jument Selle Français par Duc du Hutrel, qui est également la mère d’Elipso de la Vigne (Arko III, Old), ICC 150, qui a fait cette année ses débuts en CCI4*-S avec Sébastien Cavaillon, et de Hashtag de la Vigne (Nervoso), qui fait ses classes sur les Cycles classiques en concours complet chez les cinq ans, lui aussi avec Sébastien Cavaillon. Côté paternel, il descend d’Esterel des Bois, chez qui coule le sang des chefs de race Almé et Ibrahim. Pur produit du Selle Français, Esterel est également le père de Maestro de la Loge (ISO 169), qui a évolué en CSI5* avec Pénélope Leprévost, puis Julien Epaillard, et de Neptune de Sartène (ICC 163), huitième des championnats d’Europe de concours complet en individuel à Luhmühlen en 2011, avec Nicolas Touzaint.

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 437 de L'Eperon Hebdo (paru le 28 septembre 2022), disponible sur notre boutique en ligne.