Patrice Delaveau : « C'était un parcours difficile pour ces chevaux qui avaient déjà beaucoup donné la veille »
dimanche 18 septembre 2022

Patrice Delaveau et Astier Nicolas, ici lors des championnats du monde de Pratoni del Vivaro
Patrice Delaveau et Astier Nicolas, ici lors des championnats du monde de Pratoni del Vivaro © FFE/PSV

Souvent décisif, le test d'hippique n'a, lors des championnats du monde de Pratoni del Vivaro, pas failli à sa réputation. Les barres sont tombées, les scores sont montés. Y compris pour deux des trois Français. Patrice Delaveau, entraîneur adjoint pour le saut d'obstacles auprès de l'équipe de France de concours complet, analyse ce parcours extrêmement délicat et se dit satisfait des prestations des Tricolores.

Cet ultime parcours a été aussi décisif que sélectif, beaucoup de barres sont tombées et certains cavaliers sont sortis de piste avec des scores assez lourds. Quelles ont été, selon vous, les principales difficultés de ce tour ?

Je n'ai pas encore vraiment l'habitude de ce type d'événement et de ce genre de parcours. Je suis allé à Saumur, pour le CCI4*-L et le Grand National, donc ce n'était pas le même niveau qu'ici. Aujourd'hui, quand j'ai reconnu la piste, j'ai constaté un tour très technique. J'avais l'impression de voir l'un de mes parcours en CSIO, bien sûr avec un peu moins de hauteur, mais une même technicité et une construction similaires. Je me suis rendu compte tout de suite que, pour ces chevaux-là, après le cross, ça allait être un peu difficile. D'ailleurs, on a pu le voir en début d'épreuve car il y a eu des scores très lourds. C'était un parcours vraiment délicat et difficile pour ces chevaux qui avaient déjà beaucoup donné la veille.

Les quatre derniers obstacles ont été particulièrement fautifs. Formaient-ils la difficulté technique majeure de ce parcours ?

La fin de parcours était en effet la plus grosse difficulté. Oxer, suivi à six ou sept foulées par un double de droits, un oxer sur bidet tout de suite après dans une courbe, et, quatre foulées serrées plus loin, une palanque sur taquets plats... Les plus grosses difficultés étaient là. On a vu énormément de fautes sur cette fin de parcours, avec des chevaux qui commençaient à baisser un peu de pied. Ca a fait le travail. Mais j'avais bien prévenu les cavaliers français de ces difficultés. On est tombé un peu dans le piège, mais il ne faut pas oublier que nous avons des couples assez jeunes. Cette expérience va énormément les faire progresser.

Quel est d'ailleurs le bilan, sur ce test d'hippique, pour les Tricolores ? En tant qu'entraîneur, êtes-vous satisfait de leurs performances ?

Sincèrement, Astier Nicolas et Cyrielle Lefèvre ont tous les deux fait un très, très bon début de parcours. Leurs chevaux ont un tout petit peu craqué en fin de parcours, mais je suis vraiment très content de ce qu'ils ont fait. Les cavaliers et les chevaux ont tous bien fait tout ce que l'on avait prévu de faire. Sur le parcours d'Astier Nicolas et Alertamalib'Or, je pense qu'une faute aurait pu être évitée. Sur le tour de Cyrielle Lefèvre et Armanjo Serosah, il y a une petite faute un peu inexplicable à la fin, elle aurait elle aussi pu s'arrêter à huit points, mais il en est ainsi. Quant au parcours de Gaspard Maksud et Zaragoza, il était vraiment fantastique. La détente a été un peu compliquée, mais une fois en piste, ils se sont transcendés. Ils finissent incroyablement bien et ça, pour moi, c'est vraiment très satisfaisant.

Cela fait désormais quelques mois que vous conseillez les cavaliers de concours complet en saut d'obstacles. Ce poste doit être enrichissant pour vous...

J'ai commencé cet hiver, avec quatre stages entre janvier et février à Saumur. Nous avons vu, avec Michel Asseray et Thierry Touzaint, tous les couples qui étaient susceptibles d'être sélectionnés pour ces championnats du monde. Ensuite, je suis retourné les voir deux fois à Saumur, avant de venir ici. Je suis venu voir le cross hier, c'était important que je vois les chevaux après cette épreuve et la manière dont ils ont récupéré. Pour moi, c'est tout nouveau, il faut que j'apprenne à gérer tout ça. C'est une approche différente, mais que j'apprécie.