Pratoni 2022 : Thomas Bach "ravi" de constater les mesures mises en place par la FEI
dimanche 18 septembre 2022

Thomas Bach, président du CIO, et Ingmar De Vos, président de la FEI
Thomas Bach, président du CIO, et Ingmar De Vos, président de la FEI © FEI/Richard Juilliart

Vous n'apprendrez rien si on vous dit que l'avenir du concours complet en tant que discipline olympique est menacé. S'il est bien au programme de Paris, il n'a pas encore été confirmé à celui des Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. En cause notamment, la complexité d'organiser un concours complet et les coûts (souvent exorbitants) qu'implique la construction et la tenue d'un cross. Hier, le président du Comité international olympique, Thomas Bach, s'est rendu à Pratoni pour s'immerger dans l'ambiance du concours complet.

Si on en croit le communiqué publié par la FEI, Thomas Bach est dithyrambique. « Le site est incroyable et c'est un réel plaisir de vivre un tel héritage olympique et une success story aussi durable. Je suis impressionné par toutes les mesures prises par la FEI pour préserver la santé des chevaux et assurer leur bien-être, et je suis ravi de voir tout ce que la fédération internationale met en place pour assurer le futur de son sport », déclarait-il. Il est vrai que depuis plusieurs années, même si des incidents persistent, les mesures en vue d'assurer la sécurité des concurrents n'ont cessé d'évoluer, en bien diront certains, en dénaturant l'essence même du complet souligneront les autres. 

Dans son communiqué, la FEI met en avant les points forts du concours complet, ceux qui pourraient faire pencher la balance en faveur du maintien du concours complet aux Jeux olympiques. Parmi eux notamment, le fait que les sports équestres sont les seuls à proposer une compétition totalement mixte, où femmes et hommes s'affrontent sur un même pied d'égalité, et où les "petits jeunes" affrontent les ténors de la discipline installés depuis des décennies. À Pratoni par exemple, Nadja Minder, Jarno Verwimp et Alina Dibowski, vingt-deux ans, étaient en compétition avec Andrew Hoy, doyen de ces Mondiaux du haut de ses soixante-cinq ans. Rares sont effectivement les sports qui voient s'affronter sur une même épreuve des athlètes ayant plus de quarante ans d'écart. L'autre point fort du concours complet, c'est la notion d'osmose et de couple qu'il faut construire avec son cheval car même dans la compétition dite "individuelle" ils sont deux à se dépasser pour atteindre leur meilleure performance. 

Mais ce que le communiqué ne mentionne pas, ce sont les points qui jouent en la défaveur des sports équestres. Face aux nouvelles disciplines très urbaines et populaires, à l'image du breakdance ou du skateboard, l'équitation traine encore derrière elle l'image d'un sport élitiste et peu accessible à la majorité. N'oublions pas non plus que les animalistes sont déjà venus à bout de l'équitation sur l'épreuve du pentathlon moderne et que leur prochaine cible n'est autre que les trois disciplines sous l'égide de la FEI. Depuis les Jeux Olympiques de Tokyo, la PETA multiplie les appels à la suppression de tous les sports équestres sur les futures olympiades. Sur les concours internationaux, de plus en plus d'organisateurs redoutent des interventions des associations anti-spécistes et on se souvient encore de l'irruption en piste de deux manifestants d'une association de protection animale en plein parcours aux championnats d'Europe de saut d'obstacles de Rotterdam, en 2019. Mais comme souvent, le nerf de la guerre, c'est l'argent, et les disciplines équestres font partie des plus chères à organiser. En concours complet, le coût de la construction du parcours de cross et de l'entretien de son terrain pèsent lourd dans la balance pour un évènement qui a - la plupart du temps - lieu sur un site éphémère. On aurait pu penser que c'est pour cette raison que l'ensemble de l'immense terrain de cross de Pratoni del Vivaro n'a pas été utilisé et que le parcours s'est couru sur une surface plus réduite. Mais l'organisation du concours évoque un coût de production TV trop élevé. Une chose est sûre, si le concours complet veut perdurer aux Jeux olympiques, il faudra probablement faire des concessions pour reconquérir le coeur du Comité.