Arnaud Boiteau : "Quoriano n'a rien d'un vieux cheval !"
jeudi 15 avril 2021

Arnaud Boiteau et Quoriano*IFCE
Arnaud Boiteau et Quoriano*IFCE © Eric Knoll

A Pompadour, Arnaud Boiteau et Quoriano*IFCE se sont à nouveau emparés de la médaille de bronze dans le championnat de France Pro Elite, une belle performance pour ce couple n'en est plus à son coup d'essai. Et si les championnats d'Europe d'Avenches étaient à portée de main ?

Après une quatrième place à Saumur et une troisième place à Pompadour, Quoriano fait preuve d'une belle régularité sur ce début de saison !

Je suis ravi du cheval sur les trois tests et notamment sur le dressage où il n’est pas toujours facile. On a eu une moyenne de plus de 75%, ce que de mémoire, je n’avais jamais eu avec lui. C'est positif, d’autant plus qu’il a dix-sept ans. C’est un cheval qui n’a jamais trop eu de pépins de santé, et tant mieux pour nous, c’est donc sa dixième saison à ce niveau là. On est ravis de la manière dont il vieillit, il a presque tendance à se bonifier ! 

Est-ce que vous avez changé quelque chose à sa manière de fonctionner pour qu'il continue de grimper dans les notes de cette façon ? 

C’est un cheval avec lequel on a opéré un changement de mode de vie radical il y a quelques années. C’est un cheval qui appartient à l’IFCE et qui vivait à Saumur en box. Il est quand même assez atypique sur le plan physique et mental, il ne supportait plus ce mode de vie, alors grâce à une convention signée avec la direction, on l’a pris chez nous de manière à ce qu’il vive en liberté, c'est à dire au pré jour et nuit. Depuis, c'est quasiment une deuxième carrière qu’il a démarrée : il est devenu plus régulier et il a pu progresser techniquement. La recette, c’est de les écouter et de leur proposer un entrainement à la carte. À dix-sept ans, un cheval est dressé, on est donc davantage sur un travail d’entretien et de souplesse. Avec lui, l'objectif est de ne pas en faire beaucoup et surtout se rapprocher d’un état le plus naturel possible qui est : manger de l’herbe, regarder les petits oiseaux et avoir un copain à côté de lui. Ça en dit long d’ailleurs sur la corrélation entre le bien être et la performance. Ce mode de vie ne l’empêche pas d’être performant, la preuve ! En situation de compétition, c'est ensuite à nous cavaliers de faire ce qu'il faut. 

Quoriano a donc maintenant 17 ans. Est ce que vous avez des objectifs précis avec lui ou est ce que vous faites au jour le jour ? 

Depuis quelques temps et l’âge aidant, je l'avais plutôt orienté sur les circuits courts du type Grand National jusqu’à ce qu’au cours d’une discussion avec Thierry Touzaint (le sélectionneur national, ndlr), on ait convenu que le cheval était ultra régulier malgré ses dix-sept ans et que cette année était très particulière parce qu’il y avait deux échéances (les Jeux Olympiques de Tokyo et les championnats d'Europe, ndlr) et que pour la deuxième, le cheval pouvait présenter un profil intéressant à un détail prêt : je ne suis pas qualifié. Ça veut dire que si le cheval a bien récupéré de ce week-end, il n'est pas impossible qu’on aille faire le CCI 4*L de Saumur fin avril à des fins de qualification pour qu’on fasse éventuellement partie de la sélection européenne en fin d’année. Si ce n’est pas le cas, on continuera comme on le fait depuis deux ans. Mais c'est vrai qu'on s’y recolle un peu en se disant qu’il faut profiter des derniers moments de carrière de Quoriano. Quand on le voit ce week-end, il n'a rien d'un vieux cheval ! 

Une belle performance dans un championnat serait une fin de carrière idéale...

Exactement. C’est quand même un cheval avec lequel j’avais déjà fait une échéance en plus (les championnats d’Europe en 2013 à Malmö, ndlr), où il s’était bien comporté donc why not