Camille Lejeune et Good Size des Quatre Chênes, la révélation de Pompadour ?
mardi 13 avril 2021

Camille Lejeune et Good Size des Quatre Chênes Master Pro Pompadour 2021
Camille Lejeune et Good Size des Quatre Chênes sur le cross de Pompadour © Morgan Froment

Si Thibaut Vallette et Qing du Briot*IFCE tiennent toujours la tête après s'être promenés sur le cross du Master Pro de Pomapdour, ils sont talonnés par Arnaud Boiteau, deuxième avec Quoriano*IFCE, et Christopher Six, provisoirement en bronze avec Totem de Brecey. En embuscade, Camille Lejeune et Good Size des Quatre Chênes continuent sur leur bonne lancée et pointent ce soir au quatrième rang. Focus sur ce couple ainsi que le début de saison de ce cavalier.

Lundi, vous finissiez déjà deuxième ex-aequo avec Arnaud Boiteau et Quoriano*IFCE, juste derrière Thibaut Vallette et Qing du Briot*IFCE. C’était déjà remarquable. Vous attendiez-vous à ce résultat ? 

Oui et non. C'est un cheval qui est bien dressé et facile sur les rectangles avec qui je peux être très précis. Toutefois je ne pensais pas atteindre les 75% même si je m'étais préparé pour faire au mieux. Si on m'avait dit ça avant de venir, j’aurais signé tout de suite. J'étais surpris quant à la qualité de la note, surtout qu’il n’a que neuf ans ! Il est très souple et très élastique, c'est sa grande qualité. Il a un petit truc en plus, il a du chic, il est beau gosse quoi ! Il est très malléable, il se laisse faire. Il a une foulée que l'on peut agrandir et rétrécir à volonté, pour cette reprise là (dont le déroulé sera identique à celui des Jeux Olympiques, ndlr), c'est un avantage. 

Il a également confirmé sur le cross en signant un sans faute aux obstacles seulement crédité de quatre points de temps. Là aussi, c’est une belle surprise ? 

C'était son premier « vrai » parcours. Il avait fait quelques CCI 4* qui n'étaient pas de ce niveau technique. Il a su déjouer toutes les difficultés et il l'a fait en gardant bon moral du début à la fin. Je me suis occupé du chrono en début de parcours pour ne pas être trop en retard. Quand j'ai vu que j'étais dans le coup, j'ai un peu plus fait à ma main. Je voulais surtout qu'il finisse bien le parcours. Dans l’ensemble, c'est une épreuve qui est très satisfaisante. 

Quels étaient vos objectifs en venant ici à Pompadour ? 

Cette année, je prends les concours les uns après les autres. Je n'ai pas d'objectif précis. Ce que je veux, c'est que mes chevaux courent bien leurs épreuves. Je n'ai pas d'ambition olympique (je ne suis d’ailleurs pas  qualifié pour l’instant), mes effectifs sont jeunes. Les échéances européennes sont loins et je ne sais pas... Il peut se passer plein de choses. Je prends vraiment chaque concours l’un après l’autre. 

Pensiez-vous que Good Size avait ces moyens-là quand il est arrivé chez vous ? 

Je n’avais pas d’idée précise sur ce qu’il allait faire. Au départ il était un peu « petite chose », j’avais un peu peur qu’il manque de force. Assez vite, il a su me montrer qu’il avait des moyens à l’obstacle. Je me suis dit que je travaillais avec une matière première qui est assez plaisante, avec qui on peut espérer faire des choses. Par contre il avait besoin de s’endurcir, de prendre du volume et de la force. Je joue vraiment du fait qu’il soit entier pour le titiller, le provoquer, le rendre vraiment charismatique. Dans le papier, il a aussi beaucoup d’Anglo-arabe grâce à son père, King Size et il lui a donné beaucoup de sang. C’est aussi e frère utérin d’Averouge des Quatre Chenes, qui a déjà bien couru avec Lara de Liedekerke, il était par exemple 6ème à Blenheim en 2016. Il ne sort pas non plus de nulle part. 

Vous êtes aussi venu avec des jeunes dont Dame Decoeur Tardonne qui a déjà fait sensation au Mondial des 7 ans l’année dernière où elle se classait 5ème…

Oui, c’était sa course de rentrée. On avait pris le parti avec sa propriétaire de la démarrer un petit peu plus tard, le temps de mettre en place tous les petits réglages. On ne voyait pas trop l’intérêt de la démarrer à Saumur sur une Pro 3, on trouvait plus intéressant de la mettre ici et on a d’ailleurs peut-être économisé une course. Elle est contente de revenir puisqu’elle n’a rien fait depuis Le Lion. Elle n’est pas fatiguée, au contraire, elle est un peu sur le gaz, limite sauvage. C’est comme ça qu’on l’aime cette jument, il ne lui manque rien. Elle fait l’unanimité dans son entourage mais elle est jeune. Il faut prendre le temps parce que sa carrière ne s’arrêtera pas à huit ans.

Est-elle la favorite parmi vos jeunes chevaux ?

C’est difficile de mettre une échelle de priorité dans la formation des chevaux. Aujourd’hui, j’avais deux chevaux en Pro 1 (Noreway Harry et Caryotype Blanc, ndlr), les deux sont maxi sur le cross, ils ont fait des dressages très honorables, ce sont aussi des chevaux sur lesquels je compte. Mais c’est sûr qu’on a une petite préférence pour Dame Decoeur parce qu’elle a un truc en plus, le truc des tops chevaux. Il ne faut pas la brusquer pour autant, au contraire, il faut être encore plus patient avec elle qu’avec les autres.

Vous ne fonctionniez pas comme ça avant ? L’envie de concours prenait le dessus ? 

Lorsqu’on démarre sa carrière et qu’on a des chevaux qui sont capables de faire 5*, on n’attend pas de se dire « Est-ce que je vais être dans le premier quart au dressage ? Est-ce que je vais être à l’heure sur le cross et est-ce que je suis sûr d’être sans faute à l’hippique ? ». On a des chevaux qualifiés et on les engage parce qu’on a besoin de prendre du bagage, c’est comme ça. Les premiers chevaux sont… des brouillons de luxe. L’expérience que j’ai accumulée sur les 5* que j’ai courus me sert à former ces chevaux-là aujourd’hui.