Décès d’Amouncha, la complice de Jean Teulère
mercredi 28 octobre 2020

Amouncha et Jean Teulère lors des JO de Sydney, en 2000
Amouncha et Jean Teulère lors des JO de Sydney, en 2000 © Scoopdyga

C’est dans la nuit du 1er au 2 octobre dernier qu’Amouncha s’est éteinte à l’âge de 32 ans chez son éleveur et encore propriétaire, la famille Delort à Saint Antoine du Breuilh en Dordogne. Avec Jean Teulère, elle avait brillamment défendu les couleurs tricolores lors d’échéances internationales.

Née le 28 mars 1988, cette anglo-arabe née du croisement de Ramouncho et de Silypseville, une Pur-sang par Charonville (souche Le Fabuleux), a représenté la France en concours complet sous la selle de Jean Teulère, avec comme point d’orgue une participation aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000.

Sa mère Silypseville, une jument charpentée, fut achetée par Jean-Marie Delort à Pau après une carrière en courses d’obstacles, la sauvant d’une destination fatale. Elle engendra cinq produits, dont Circé du Boriel (Prince du Camp) qui performa avec Jean Teulère (ICC 154 en 1997). Quant à son propre frère Hadès du Boriel, il fut finaliste à 6 ans. 

Malgré ces belles performances, c’est bien Amouncha la meilleure représentante de cette lignée, pourtant rescapée d’une leptospirose dès ses premiers mois. Débutée par Lydie Maury, nièce de son naisseur, elle remporte un titre de championne de France des 5 ans en 1993 et obtient le record des gains à 6 ans. La jument passe alors sous la selle du cavalier de l’équipe de France Jean Teulère pour le reste de sa carrière : vice-championne des 7 ans, 4ème au Mondial du Lion d’Angers puis vice-championne de France à Dijon, élue meilleur cheval de concours complet à 9 ans, elle alignera les classements sur les plus belles pistes nationales et internationales en terminant notamment 9ème du CCI*** de Saumur en 1998, 2ème du CIC** Chantilly et 3ème du CIC** de Pau en 1999, 4èmedu CCI*** Punchestown (IRL) en 2000. Son palmarès compte également plusieurs victoires en épreuves nationales, comme Tartas, Les Sables-d’Olonne et Pompadour en 1997, mais aussi en 2000, où elle s’impose à Saumur et à Fontainebleau. Grace à ces excellents résultats, Amouncha prend part au premier voyage olympique du millénaire et termine sa carrière sur une médaille de bronze aux championnats d’Europe de Pau, l’année suivante. « Amouncha avait beaucoup de qualités avec une tête en or. Elle était sérieuse et fiable, très généreuse pour son cavalier. Ce sont des chevaux qui méritent d’être écouter et travailler pour le haut niveau, et elle n’a eu aucun creux dans sa carrière. Je retiens aussi l’amitié avec ses naisseurs et propriétaires qui m’ont fait entièrement confiance, se souvient son cavalier. Je tiens d’ailleurs à souligner la qualité de ce type de papier qui convient très bien à notre discipline : les anglos-arabes sont des chevaux performants et il faut les maintenir dans l’élevage de notre discipline. »

De retour à l’élevage en 2002 après une blessure la privant des JEM, Amouncha produira cinq poulains dont Sora du Boriel (Fusain du Defey), désormais poulinière chez Cathy Souloumiac (33). Sous l’œil attentif de Maddy Delort, sa propriétaire depuis la mort de son naisseur en 2011, Amouncha s’est paisiblement éteinte après une belle retraite.