En route vers les Europe et les JO …
lundi 18 mars 2019

Karim Laghouag Don't Worry de Lameth et Astier Nicolas Babylon de Gamma Cycles Fontainebleau mars 2019
En haut, Astier Nicolas et Babylon de Gamma ; en bas, Karim Laghouag Don't Worry de Lameth © Béatrice Fletcher

C’est à Fontainebleau, du 8 au 12 mars, que les cavaliers de concours complet effectuaient pour la plupart leur première sortie 2019. Karim Florent Laghouag et Astier Nicolas ont accepté de nous accorder un peu de temps pour faire le point sur ce début de saison.

Si Karim Florent Laghouag, installé à La Ribaudière, à Nogent le Rotrou, a presque finalisé le programme de la saison 2019, il a déjà les yeux rivés sur les JO de 2020 à Tokyo et sur Paris 2024. « Nous avons fait un stage de préparation avec le staff fédéral à Lamotte Beuvron la semaine dernière, en finissant par le cross. Après le Grand National (dont il a terminé 3e hier, lire ICI), j'emmènerai Punch de l’Esques et Triton Fontaine à Pompadour. Ensuite, ce sera le CCI3*de Saumur avec Triton, même s’il est déjà qualifié éventuellement pour les Europe (Luhmülen 28 août/1er septembre) car il a déjà fait Boekelo en fin d’année dernière. Il avait fait trois barres au concours, peut-être dues à la fatigue du cross, ou à des courbatures dues à une préparation un peu légère, nous allons le tester sur un format long. Il a pris beaucoup de dos cet hiver, c’était un peu son point faible, il a bien évolué. Punch est déjà qualifié pour les Europe, suite à Brahmam l’an dernier, il n’a pas à recourir un format long. Ensuite nous irons à l’ERM Jardy (12 au 15 juillet), où se fera la sélection finale.» 

Objectif 2024

Karim l’explique, il s’est équipé de nouveaux jeunes chevaux pour les JO de Paris 2024. « Nous avons Embrun de Reno, 6ème dans les CC5 ans de Fontainebleau et Don’t Worry de Lameth (Yarlands Summersong) 2ème de la Formation 3 qui est très tardive, et prend son rythme tranquillement. Nous venons d’acheter une jument avec 70% de pur sang dans le sud de la France, et nous en cherchons encore un pour les JO de Paris. Avec toute l’équipe, dont l’initiateur est Guy Bessat, préparateur physique et mental, Jean Luc Force, Patrick Caron, Eric Grandière, vétérinaire, David Germain, maréchal ferrant, mon épouse Camille, et Agnès Célérier, propriétaire de Punch et Don’t Worry, nous avons monté un dossier baptisé « Objectif 2024 » destiné à motiver de grosses entreprises qui souhaiteraient s’associer à un projet sportif dédié à Paris, Récemment une ou deux entreprises ont hésité entre le bateau et le concours complet. Nous en sommes au stade de l’ébauche, mais les choses avancent. Nous avons encore de nombreuses entreprises à rencontrer. J’ai pu aller aux Jeux Olympiques et remporter une médaille grâce à des chevaux comme Entebbe de Hus que j’avais depuis leur plus jeune âge. C’est l’un des meilleurs moyens d’être performant. Pour Paris, le but est d’avoir trois jeunes chevaux, de les suivre et de les voir évoluer. A 5 ans et 6 ans, nous ne visons pas forcément la performance, mais essentiellement la formation, de sorte que les chevaux soient détendus dès le début de leur carrière, c’est un capital confiance qu’ils conservent par la suite et qui leur permet d’accepter plus facilement la pression lorsque les difficultés techniques apparaissent. Les entreprises auxquelles nous nous adressons ne seront pas propriétaires des chevaux, ils suivent l’évolution de l’entraînement, avec comme objectifs successifs le championnat du Monde des jeunes chevaux, puis le championnat d’Europe et éventuellement les Jeux Olympiques ». Karim le souligne, dans ce projet, il pourra aussi compter, comme c’est le cas depuis une quinzaine d’années pour certains, sur ses fidèles partenaires (Equithème, Antarès, Dynavena, Helite, Naf, Bio Predictive, Cheval Liberté, Fanny Blery, Needwell ou Datanaute). 

Astier Nicolas : "Pour monter des chevaux d'âge, il faut des investisseurs aisés et motivés"

S’il  remporte la classe d’âge des 5 ans avec Paddy Power, épreuve dans laquelle il montait également Shannodale Varsity, Astier Nicolas termine  8ème et 15ème de la pro 2 avec Arpège du Mancel et Babylon de Gamma. Il avait également sellé Lumberton en Pro 3, classe Dirty Old Town 4ème des 4 ans, ainsi que Ragnar et Dark Oscar en Formation 2. Astier, qui précise que trois de ses quatre 4 ans débuteront plus tard, mais qu’il dispose dans ses écuries de quatre 5 ans, regrette de ne pas avoir de chevaux de 6 ans « La discipline coûte cher aux clients, n’est pas assez lucrative pour les cavaliers ni pour les organisateurs, et manque de visibilité pour les sponsors. Mes jeunes chevaux ont de la qualité, je souhaite qu’ils arrivent à maturité sans encombre, mais c’est la troisième année consécutive de formation. Pour avoir la chance de monter des chevaux d’âge, il faut trouver des investisseurs à la fois aisés et très motivés. Un 6 ans très prometteur peut coûter jusqu’à 200 000 euros, ce qui n’était pas le cas voilà même quelques années. D’autre part, former un jeune cheval prend parfois plus d’une olympiade, il faut donc être très patient. De plus, le bon cheval de concours complet est assez rare. Il ne s‘agit pas d’un cheval qui ne bouge et ne saute pas assez bien, mais au contraire d’une vraie star que des cavaliers d’autres disciplines aimeraient bien monter aussi. » Pour Astier Nicolas, l’objectif de la saison 2019 est sans conteste le championnat d’Europe, mais encore faudra-t-il se qualifier lors du  CCI de Bramham (6-9 juin) pour le championnat d’Europe avec l’un de ses chevaux d’âge (Babylon de Gamma, Alteramalib’or...) puisque Vinci de la Vigne a été vendu au Japon après Tryon, et que Piaf de B’Néville coule désormais une retraite bien méritée.