GN Saumur : de confirmations en révélations
dimanche 28 février 2021

Thomas Carlile et Birmane confirment leur régularité et s'offrent la première étape du Grand National
Thomas Carlile et Birmane confirment leur régularité et s'offrent la première étape du Grand National © Grand National/FFE

Ce dimanche se courrait l’ultime test du Grand National de Saumur. Si le concours complet offrait un service de paris, les bookmakers auraient probablement été nombreux à deviner le tiercé gagnant, et peut-être même dans l’ordre. Thomas Carlile et Birmane confirment leur régularité sur le plus haut niveau, s’offrant une confortable victoire pour cette rentrée 2021… qui a réservé quelques bonnes surprises.

C’est sous un soleil radieux que les couples encore en lice dans l’épreuve Pro Elite, support du Grand National de concours complet, ont foulé l’immense terrain de l’hippodrome de Verrie. Tous, sauf un ! Blessé la veille sur l’hippique suite à une mauvaise réception, Gireg Le Coz - souffrant visiblement d’une facture à la main - n’a pas pris le départ de ce cross avec Caramel d’Orchis cet après-midi. 

Sur le terrain sinueux de Saumur, l’heure n’était pas à la rigolade. Pierre Michelet et Thierry Touzaint avaient préparé un parcours digne de l’année olympique qui s’annonce. « On est tout de suite dans le bain, soulignait Christopher Six après son parcours. Ils ont voulu tester la franchise des chevaux et voir s’ils étaient droits avec des triples brush un peu partout ». Sur un Totem de Brecey « assez frais », il conserve sa troisième place glanée sur les deux premiers tests malgré 3,2 points de temps. Si le chronomètre a eu son importance, il n’a pas fait flancher le trio de tête puisque Christopher Six et Totem de Brecey restent derrière le Lieutenant-Colonel Thibaut Vallette, pénalisé de seulement 2,8 points de temps avec un Qing du Briot*IFCE en grande forme, tandis que Thomas Carlile s’impose avec Birmane malgré onze secondes de plus que le temps idéal, soit 4,4 points. Le cavalier désormais installé en Sarthe n’était pas venu pour « secouer le tapis à tout prix, ni mettre les chevaux dans le rouge, comme il nous l’expliquait en faisant marcher sa jument. C’est la rentrée, on veut montrer que les chevaux sont en forme mais leur carrière ne tient pas à cette course là. C’est une entrée en matière pour préparer la suite. » Plus préoccupé par le fait d’offrir un cross « dans le confort » à ses chevaux que par un classement (même si une victoire fait toujours plaisir !), Thomas Carlile ne pouvait cacher sa satisfaction vis-à-vis de sa jument de 10 ans. « On forme vraiment un couple, on se fait confiance mutuellement : elle connait mes défauts et mes atouts, je connais les siens. C’est une jument qui peut me permettre d’être régulier à haut niveau aujourd’hui. » 

Notons également la très belle performance d’Arnaud Boiteau et Quoriano*IFCE, désormais âgé de 17 ans. Déjà sans-faute hier sur l’hippique, le duo ne bouclait son cross qu’avec deux secondes de retard sur le temps idéal, s’offrant une belle quatrième place. Très régulier l’année dernière déjà, Absolut Gold*HDC effectue également une rentrée réussie avec Nicolas Touzaint en se classant cinquième, après une barre sur l’hippique et 1,2 point de temps sur le cross.

Un Brin Chic Dubanier, la révélation ?

Finalement, sur la petite trentaine de couples au départ, seuls deux ont franchi la ligne avec un score vierge : Régis Prud’hon, sixième de l’épreuve sur Tarastro, mais aussi Alexis Goury, associé à Un Brin Chic Dubanier. Inexpérimenté à ce niveau puisqu’il effectuait sa première sortie en Pro Elite ce week-end, l’alezan a su faire valoir toutes ses qualités sur le terrain de Verrie et accrocher le septième rang. Une belle revanche pour son cavalier, que certains ont tenté de décourager l’année dernière, lorsque le hongre est arrivé dans ses écuries. « Tout le monde m’avait dit ‘Ne le prends pas, ce cheval-là, il est dangereux, sur le dressage il est fou’, nous racontait-il pendant que le principal concerné recevait ses soins par Solenn, sa groom. Ce week-end, il a bien dressé, il va falloir répéter pour confirmer que ce n’était pas qu’un coup de chance. Sur les barres, je fais deux fautes hier mais c’est ma faute… j’ai changé un réglage et je n’aurais pas dû. Ça me servira de leçon pour la suite. » 
Sur le cross, sa galopade et sa maniabilité impressionnent. « Il a des origines d’anglo-arabe de course, il est vraiment rapide. Au début, j’avais des problèmes pour le gérer tellement il était excité et énervé par le cross… il n’avait pas l’esprit clair. Maintenant il m’écoute parfaitement. » Après seulement un an dans les écuries d’Alexis Goury, les progrès de l’alezan sont fulgurants. « L’année dernière, il faisait tout le temps l’andouille sur le dressage et sortait en 38 (points de pénalité, ndlr). Là, il est à presque 70% (environ 30 points de pénalité, ndlr) face à un lot de chevaux de qualité. Tout dans l’ensemble s’améliore. Il se pose, devient plus serein, m’écoute », affirme son cavalier, le sourire aux lèvres.  

Alors que son cheval de tête, Trompe l’Oeil d’Emery, est actuellement en convalescence suite à une blessure, Alexis Goury pourrait peut-être bientôt compter sur un deuxième cheval pour épauler son indissociable comparse, avec qui il terminait septième du CCI5*-L de Pau en octobre dernier. Rendez-vous est d’ores et déjà pris - pour Alexis Goury comme pour ses camarades - pour le Grand National de Pompadour, dans un peu plus d’un mois. 

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