GN Vittel : L’heure du choix a sonné pour Thierry Touzaint
dimanche 20 juin 2021

Thomas Carlile et Birmane remportent l'étape du Grand National de Vittel
Thomas Carlile et Birmane remportent l'étape du Grand National de Vittel © FFE/PSV

Au terme d’un hippique délicat, mais qui s’est avéré être une simple formalité pour presque tous les couples les plus affutés de l’équipe de France, ce sont Thomas Carlile et Birmane qui s’imposent dans l'étape vitteloise du Grand National, devant Astier Nicolas et Babylon de Gamma, tandis que Christopher Six et Totem de Brecey complètent le podium. Maintenant que cavaliers et chevaux ont montré tous leurs atouts, c’est à Thierry Touzaint de faire son choix pour les Jeux olympiques de Tokyo.

« On avait mis un parcours qui était d’un très bon niveau », soulignait le sélectionneur national, Thierry Touzaint, à la fin de la journée. Effectivement, ils ont été nombreux à se faire piéger, souvent sur l’oxer n°9, comme Sébastien Cavaillon et Sarah d’Argouges (neuvièmes), ou le triple, placé en fin de tour en n°11. Karim Laghouag et Triton Fontaine s’y font d’ailleurs avoir sur la sortie et terminent onzièmes. Stanislas de Zuchowicz accuse également quatre points sur le parcours, mais récolte quand même les honneurs de Thierry Touzaint, venu féliciter le cavalier en sortie de piste et lui dire que Covadys de Triaval représentait pour lui un « vrai cheval d’avenir ». 
D’autres ont été plus lourdement pénalisés par ces deux obstacles, à l’image de Gireg Le Coz et Aisprit de la Loge, fautifs sur le 9 donc, mais aussi sur l’entrée et le milieu du triple. Thierry Touzaint parle d’ailleurs de « grosse déception » et précise : « Gireg a un cheval qui saute plutôt bien, mais il nous fait trois barres, et c’est étonnant qu’il fasse ce score là. Il va falloir revoir la copie. »

La reine Birmane conquiert de nouvelles terres

Chez les poids lourds de la discipline, « il n’y a quasiment pas eu de surprise, les chevaux ont bien sauté », confiait le sélectionneur. Sur les cinq couples en tête hier à l’issue du cross, tous prétendants à une sélection olympique, seuls Thibaut Vallette et Qing du Briot*IFCE laissent une barre à terre, sur l’oxer n°9. Une faute qui n’enlève en rien tout le bien que Thierry Touzaint pense du couple. « Le cheval a plutôt bien sauté. C’est vrai qu’à l’âge qu’il a (17 ans, ndlr), il est assez étonnant et frais comme un gardon. Il n’est pas à l’abri de faire une petite faute comme ça. Il a une grosse qualité de saut, mais c’est vrai qu’il est moins « concours » que certains chevaux […], il a un style bien à lui. Il fait rarement beaucoup de fautes, voire jamais, mais il n’est pas à l’abri de faire un petit 4 points. Mais il dresse tellement bien que quand on est à 22, 23 ou 24 points (au dressage, ndlr) avec 4 points en plus, ça ne fait que 28 au final, ce n’est pas si mal. Ceci compense cela ! », rassurait-il. Une petite faute qui relègue aujourd’hui le lieutenant-colonel, deuxième à l’issue du cross, au cinquième rang.
Pour les autres, rien à signaler, si ce n’est qu’ils ont tous montré un parcours de qualité. Birmane la première, évidemment. Fidèle à elle-même, la fille de Vargas de Ste Hermelle a confirmé sa fiabilité, malgré une petite touchette dans le triple, heureusement sans conséquence, et s’adjuge une nouvelle victoire. Hormis un problème de santé, difficile de l’imaginer hors de la sélection avec son cavalier, Thomas Carlile, tant leur régularité parle pour eux ces deux dernières saisons. Comme à Saumur dans le CCI4*-L, ils sont suivis par Astier Nicolas et Babylon de Gamma, une fois de plus brillants sur l’hippique. Enfin, la troisième marche du podium revient aux champions de France en titre, Christopher Six et Totem de Brecey, toujours à leur affaire sur les barres. 

« Absolut a le potentiel pour faire tout ce qu’il y a de plus gros »

S’il ne monte pas sur le podium et doit se contenter d’une quatrième place, Nicolas Touzaint n’a pas à rougir de sa performance avec Absolut Gold*HDC, qui conserve les 29,8 points qu’il avait acquis au dressage. « C’est un crack cheval. Je le dis depuis longtemps. C’est vrai qu’on ne s’est pas croisé très tôt et je sais par expérience que les couples sont longs à se faire. La progression du cheval est constante depuis deux ans. À chaque concours, je sens que c’est de mieux en mieux. Le cross et hippique sont de plus en plus sûr, tandis que le dressage progresse à chaque sortie. Les entraîneurs me disent la même chose. » L’Angevin ne tarit pas d’éloges sur son hongre et pense qu’il « a le potentiel pour faire tout ce qu’il y a de plus gros et de plus difficile. Il n’a que 11 ans, ce qui est jeune dans notre discipline. J’ai de gros, gros espoirs sur ce cheval pour les trois ou quatre années qui viennent. » Pour ce qui est de l’année en cours, Nicolas Touzaint reste plus évasif car il souhaite avant tout construire son cheval : « Ça peut être le Japon, ça peut être la Suisse… Mais Paris est vraiment son objectif. Avant ça, c’est vraiment un cheval de 5*, il a tout pour. On n’en croise pas beaucoup des comme ça et je suis ravi aujourd’hui de l’avoir en pleine forme. Je suis très serein, j’ai d’énormes espoirs à plus ou moins long terme mais je crois que le cheval est sur la montante à chaque sortie, ça s’affine et je pense que ça va vraiment être un vrai pilier pour les années qui viennent. » 

Jean-Lou Bigot ou la seconde jeunesse 

Enfin, il en est un qui mérite une mention spéciale : Jean-Lou Bigot. Déjà auteur d’une très belle cinquième place dans le CCI4*-L de Saumur avec Utrillo du Halage, il marque une nouvelle fois le coup en classant ses deux chevaux aux six et septième places, Utrillo du Halage devançant Aktion de Belhème*Concept PGO de seulement 1,6 point. Une performance qui n’a pas échappé au regard affuté de Thierry Touzaint, très satisfait du regain d’énergie du cavalier de 55 ans. « Depuis que je l’ai remis en sélection aux Europes (en individuel en 2019 à Luhmühlen, ndlr) il crève l’écran ! Il a rajeuni, il fait des maxis, il finit avec ses points de dressage… Il a deux chevaux qui sautent très bien, ça lui a redonné un coup de booster. C’est assez agréable de voir un ancien qui revient sur le devant de la scène. C’est vrai qu’il pêche toujours un petit peu sur le plat, il est encore un peu juste, mais il travaille beaucoup. Sur le reste, il a fait deux saisons vraiment magnifiques. » S’il continue sur cette très bonne dynamique, il ne serait pas impossible que le Saumurois soit appelé pour un petit voyage en Suisse fin septembre. 
Avant les championnats d'Europe, évidemment, le sélectionneur va devoir faire ses choix pour les Jeux olympiques de Tokyo. Cette étape de Vittel était la dernière occasion pour lui de voir tout le monde à l'oeuvre avant d'aligner les noms sur le papier. Si quelques couples se distinguent des autres, rien ne dit que tout est gagné pour eux. Retrouvez une interview de Thierry Touzaint qui s'exprime sur le sujet à venir dans les prochaines heures.

Les résultats sont à retrouver en détails en cliquant ici.