Gireg Le Coz : "Aisprit courra le CCI 4*L de Pratoni"
jeudi 10 octobre 2019

Gireg Le Coz Aisprit de La Loge ERM Jardy 2019
A Jardy, Gireg Le Coz a signé la plus belle victoire de sa carrière en s'imposant dans l'ERM avec Aisprit de la Loge © Claude Bigeon

A Arville en juin, Gireg Le Coz et Aisprit de la Loge prenaient pour la première fois de leur carrière le départ d'une étape de l'Event Rider Masters. Cinq mois plus tard, et trois étapes de plus dans les pattes, les voilà sur la deuxième marche du podium du classement final du circuit international de complet. Le dénouement s'est joué en France, à Lignières, le week-end dernier. À domicile, le cavalier a su garder la tête froide face aux meilleurs mondiaux.

En décidant de prendre le départ de l'étape ERM d'Arville en juin, Gireg Le Coz ne se doutait pas que ses performances les mois suivants sur le circuit le propulseraient sur le devant de la scène internationale avec son tout bon Aisprit de la Loge, qu'il forme depuis son plus jeune âge. Pourtant, après une excellente 6e place en Belgique, le cavalier se payait le luxe de s'imposer à Jardy, avant de terminer 10e à Millstreet et de figurer sur le podium provisoire du circuit avant d'aborder la finale à Lignières il y a quelques jours. 

De la tête et du tact

L'ultime rendez-vous de l'ERM rassemblait quelques uns des meilleurs cavaliers du monde associés à des montures expérimentées. La pression est montée d'un cran dès le dressage, test dans lequel Gireg et Aisprit, 9 ans seulement, se sont élancés dans les premiers, ce qui n'est jamais un avantage. "Sur l'ERM, les partants du dressage sont divisés en deux groupes, décidés en fonction des performances précédentes des couples. A cause de mon score à Arville (36,9 pts de pénalité, ndlr), ma moyenne fait que je suis parti dans les premiers, ce qui n'est jamais avantageux, encore moins quand des têtes d'affiche comme celles présentes à Lignières passent derrière vous. Ceci étant, le score aurait pu être amélioré avec un cheval moins tendu. Il a montré du brillant et a bien effectué les mouvements mais je manquais un peu de relâchement. Nous terminons avec plus de 70%, ce qui reste un bon score. Tous les résultats étaient tellement serrés que je me suis vite concentré sur l'hippique, sachant qu'un sans-faute était indispensable pour espérer rester sur le podium du circuit", retrace le cavalier, installé en Pays-de-la-Loire

Et Gireg ne croyait pas si bien dire. Des sans-faute dans le temps, il n'y en a eu aucun sur le parcours de saut d'obstacles de Lignières. Le couple tricolore, avec 1,2 petits points de temps dépassé, signe même la meilleure performance de l'épreuve. "Non seulement le temps était très serré, mais c'était aussi plus gros et plus massif que d'habitude. Les obstacles étaient plus côtés à 130/135cm, contrairement au reste de la saison où on se retrouve plus avec 125/130cm" explique Gireg, qui a ainsi pris le parti de monter son parcours dans le galop et de serrer ses courbes, n'hésitant pas à tourner franchement court à certains moments. "Un peu comme sur un barrage ! Avec la maturité, Aisprit devient vraiment fiable et constant sur cette épreuve, je suis ravi."

Le couple passe ainsi de la 13e place après le dressage, au 5e rang avant le cross. "L'objectif numéro un était d'assurer le podium de l'ERM. J'ai donc assuré le sans-faute, je n'avais pas grand chose à perdre à prendre un peu de temps." Une tactique payante puisque le couple rentre sans incident et, avec 2,8 points de temps, s'assure la deuxième place du circuit derrière Christopher Burton - "qui aime beaucoup Aisprit!" et devant Sarah Cohen. "Encore une fois, mon cheval s'est montré très à l'aise. Il est vraiment incroyable !"

Faire du format long une formalité

Si il s'est révélé au grand public sur le format court de l'ERM, le couple doit maintenant confirmer en 4*L, notamment si il veut avoir une chance d'entrer dans une sélection nationale à l'avenir. "Nous devions initialement courir le CCI 4*L de Boekelo, mais il tombait une semaine après la finale de Lignières. Nous avons donc décidé de courir le long format à Pratoni du 11 au 14 novembre." Dans quel état d'esprit se trouve le Breton d'origine à l'idée de franchir cette marche ? "Il est vrai que le cheval n'a pas couru de format long depuis le Mondial du Lion en 2017 mais je suis très confiant. Courir le cross avant l'hippique ne dégrade pas sa qualité de saut. Je vais le préparer en galopant un peu plus mais sinon je ne vais rien changer", explique Gireg, pour qui la saison prendra fin après ce dernier concours en Italie. Il mettra notamment la saison hivernal à profit pour dispenser des stages. Le message qu'il cherche à faire passer à ses élèves ? "Avoir un cheval bien dans son corps et un cavalier en place. Quand on a ça, on a déjà fait une bonne partie du boulot (rires)!".