Gireg Le Coz : "Réorganiser la saison et se mobiliser pour de nouveaux objectifs"
jeudi 18 juin 2020

Gireg Le Coz
Agé de 8 ans, Caramel d'Orchis a débuté les internationaux en 2019 et s'annonce comme un cheval prometteur © Eric Knoll

Véritable révélation de la dernière saison de concours complet international grâce à ses performances avec Aisprit de la Loge, Gireg Le Coz a, comme de nombreux cavaliers, repris le chemin des épreuves jeunes chevaux de CCE depuis quelques semaines. Il attend avec impatience de pouvoir sortir également avec ses chevaux d'âge. Chevaux avec lesquels il a forcément revu son planning. Prochain objectif : le 5* de Pau !

"Je pense que le confinement a été plus difficile pour les cavaliers que pour les chevaux !". Conscient du privilège qu'il avait de pouvoir poursuivre son activité en montant à cheval et de pouvoir profiter d'une activité en extérieur, Gireg Le Coz admet tout de même que le confinement, si il s'est bien passé, a été ennuyant. "C'était difficile de travailler les chevaux sans objectif précis, ni date de reprise concrète. Les chevaux ont peut-être pâti un peu du manque de variété dans le travail, les sorties en extérieur étant proscrites. En revanche, je pense que ça a été une période très bénéfique pour les jeunes chevaux arrivés dans mon écurie en début d'hiver. Nous avons pu prendre le temps de nous connaitre et d'inculquer des bases de travail saines. Nous sommes arrivés prêts pour la reprise des épreuves jeunes chevaux", analyse-t-il. Pour le cavalier, qui ne visait pas un titre de champion de France SHF cette année, la modification du programme et le remplacement du Championnat par un Critérium pour la finale n'est pas un problème : "J'utilise les épreuves jeunes chevaux comme un circuit de formation, je ne cours après aucune performance en particulier, je ne suis donc pas concerné par ces changements". 

Le confinement a également été l'occasion de mettre en pratique les savoirs acquis auprès de Philippe Le Strat, cavalier éducateur équin dont la méthode se base sur l'éthologie. "Le confinement a été l'occasion de travailler beaucoup à pieds. J'envoie régulièrement des chevaux chez Philippe, mais confinement oblige, nous avons fonctionné par video", détaille le cavalier basé près de Saumur. "Avec cette méthode, nous recherchons l'adhésion des chevaux. Cela facilite ensuite la communication avec le cheval. Je trouve mes chevaux plus sereins et plus à l'écoute. C’est très loin de ce qu’on nous apprend dans les formations équestres classiques, ça oblige à se remettre en question et à sortir de notre zone de confort. C’est beaucoup moins naturel qu’il n’y parait mais je pense que c’est très complémentaire d’une approche de performance sportive. Nous avions d’ailleurs organisé un stage conjoint avec Philippe cet hiver et nous pensons réitérer cette formule", détaille celui qui garde l'esprit toujours ouvert pour avancer, et qui court déjà les hippiques avec Aisprit sans mors. 

Le report des Jeux Olympiques à l'été 2021, en revanche, a été un véritable coup de massue. Après des résultats constants sur le circuit de l'Event Rider Masters en 2019 avec son cheval de tête Aisprit de la Loge (qui lui ont permis de terminer 2e du classement général), le couple confirmait tout le bien que le public et staff pensaient de lui en s'octroyant la 3e place du CCI 4*-L de Vivaro Del Pratoni en novembre et s'ouvrait ainsi les portes de la qualification olympique. "Sur le coup, ca a été très dur à encaisser. Nous étions prêts pour 2020, et personne ne peut prédire ce qui va se passer d'ici les JO 2021. L'occasion ne se représentera peut-être pas", livre le cavalier pragmatique. "A l"heure actuelle, l'objectif des Jeux Olympiques, qui est celui de toute une vie, devient presque secondaire tellement ils sont loins dans le temps. Ceci étant, Aisprit manquait un peu d'expérience et l'année à venir lui permettra d'en engranger un peu plus." Le cavalier se mobilise ainsi pour un nouvel objectif à moyen terme : le CCI 5* de Pau. "Nous allons reprendre sur des épreuves nationales à Saumur la semaine prochaine, puis nous enchainerons avec l'international de Jardy (9 au 12 juillet) et celui du Pin (du 13 au 16 août). Il s'agira évidemment de remettre les chevaux dans le coup, mais il va aussi falloir être présent côté résultats : beaucoup de cavaliers vont vouloir courir Pau, et le nombre de places n'est pas illimité. Mais tout reprend désormais, et j'ai hâte ! "