Le concours complet, une espèce en voie de disparition ?
jeudi 17 novembre 2022

Illustration concours complet
Illustration concours complet © Eric Knoll

Si la France est, de par ses résultats sur la scène internationale et son nombre d’événements annuels, une nation de concours complet, depuis quelques mois, elle voit pourtant quelques-uns de ses rendez-vous majeurs s’annuler ou s’effriter, à l’image des CCI de Châteaubriant et de Saumur. Alors qu’il est toujours aussi difficile pour les organisateurs de concours complet de maintenir leur navire à flots et que certaines régions sont, aujourd’hui, quasiment dépourvues de compétitions dans la discipline, comment continuer à faire vivre le complet ?

En cette mi-novembre, pour de nombreux organisateurs et cavaliers de concours complet, la saison touche à sa fin. Si l’heure est donc désormais au travail hivernal, elle est également au bilan. En 2022, en France, ce dernier est, de prime abord, plutôt bon. Sur l’ensemble du territoire, le nombre de concours, d’épreuves (1266) et d’engagements (19639) est en hausse et presque de nouveau le même qu’en 2019, année record sur de nombreux points selon les statistiques publiées par la Fédération française d’équitation. Preuve que la discipline attire et fait toujours vibrer de nombreux cavaliers et organisateurs.

Mais, d’un autre côté, quelques grands rendez-vous internationaux majeurs du calendrier, qui font indéniablement vivre la discipline depuis plusieurs années, ont été annulés. À commencer par le CCI3* de Châteaubriant qui, comme tous les ans depuis 1996, devait avoir lieu au mois d’octobre. « On nous dit toujours que toutes les bonnes choses ont une fin, en espérant qu'elle soit temporaire. Aujourd’hui, l’association Castel Compétitions Équestres de Châteaubriant a le regret de vous annoncer qu’elle annule l'édition 2022 de son concours complet international et amateur », annonçait l’équipe organisatrice le 10 juin dernier. Si cette annulation a attristé et surpris certains, les causes ne sont en rien étonnantes lorsque l’on connaît un peu les rouages de l’organisation de compétitions dans la discipline. « Outre la partie féerique du concours et des performances sportives des cavaliers et de leur monture, c’est aussi du temps, des bénévoles, des partenaires, des matériaux, des moyens financiers, de la construction, des réunions et de nombreuses démarches administratives […] Ce moment est arrivé où nous manquons d’encre dans le plumier pour continuer d’écrire de nouvelles belles pages de notre histoire », expliquait d’une bien belle manière l’association Castel Compétitions Équestres de Châteaubriant.

Après Châteaubriant, Saumur

Quelques semaines plus tard, un autre coup de massue venait frapper le monde du concours complet français. Le 27 septembre dernier, le Comité équestre de Saumur annonçait la déprogrammation, pour 2023, de son traditionnel CCI4*-L. Si les épreuves de niveau inférieur ont été maintenues, ce sont de nouveau des raisons socio-économiques qui ont poussé les organisateurs à annuler leur épreuve phare. « Cette décision, bien que regrettable, résulte de différents constats : le coût de l'épreuve extrêmement onéreux pour un nombre de cavaliers de moins en moins élevé », expliquait le Comité par voie de communiqué. Une baisse du nombre d'engagements notamment dûe au Brexit, qui a fait exploser les frais de déplacement pour les cavaliers installés en Grande-Bretagne et les contraint à réduire leur nombre de traversées de la Manche. Plus encore, comme le mentionnait l'association, l'hippodrome de Verrie - sur lequel se déroulent les épreuves - est « de plus en plus vétuste » et impose « des charges très importantes pour accueillir un tel événement ». Certes, l'association ne compte pas définitivement baisser les bras et espère « pouvoir organiser le CCI4*-L, qualificatif pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024 ». Mais, bien que les sites accueillant des épreuves de concours complet soient encore nombreux à l’image de Jardy, du Mans ou encore du Haras du Pin, cette seconde annonce n’a pas été sans susciter quelques interrogations quant à la difficulté de faire vivre le concours complet en France, y compris pour les institutions devenues emblématiques…

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 444 de L'Eperon Hebdo (paru le 16 novembre 2022), disponible sur notre boutique en ligne.